‹ Euripide et ses idées [microform]Chapitre 90 sur 362 · I. Héraclides, v. 5oo sqq · texte numérisé non relu

I. Héraclides, v. 5oo sqq

nn.L^i!"}^' *^ ^f ^?^ °^ Ménoecée (Phéniciennes, v. 99, sqq.) explique au chœur pourquoi 11 va, maigre son père, se sacriQer pour le salut de Thèbes 3. Hecube, v. 349 sqq.

LE PATHÉTIQUE. SES DIFFÉRENTES SORTES |o3

Vie unique pour sauver celle de tous les Athéniens, « car, si l'on sait compter et faire la différence du plus ou du moins, la ruine d'une maison n'est pas un aussi grand malheur que la ruine de toute une cité.. .. Évidemment, Praxithéa a raison, toujours raison. Mais de qui parle-t-elle? S'agit-il pour eUe du sacrifice de quelque inconnu? Sans doute, à la fin de sa longue tirade, elle se rappelle qu'elle est mère, et elle a un beau cri qui le fait sentir. Mais elle l'a longtemps oublié si complètement, qu'elle ne prononce pas une seule fois le nom de sa mie, et que celle-ci meurt sans que nous sachions comment elle s'appelle. S'il plaît à Euripide de décomposer, pour ainsi dire, l'âme de ses personnages, et d'exprimer d'eux tantôt des raisonnements, tantôt de vraies plaintes douloureuses et tendres, on doit lui rappeler que l'être humain ne se laisse pas ainsi désarticuler, tant qu'il vit, et qu'une mère est toujours mère. Lycurgue a sans doute raison de louer ce fragment de Y Érechthée, parce que le ton sentencieux de ces vers s'harmonise bien avec celui de son discours». Cependant une femme peut-elle parler avec la gravité d'un orateur, surtout quand cUe décide de la mort ou de la vie d'un être qu'eUe a enfanté?

Mais Euripide ne raisonnait pas toujours. II négligeait quelquefois la réalité et se vengeait d'elle, en s'abandonnant sans réserve à son penchant vers les affections douces. Il imaginait des êtres pleins de cette pure tendresse dont il était lui-même épris. Il créait le pathétique romanesque, celui qui donne à VAlcesU une conclusion si 1 beUe et si peu vraisemblables. Toutes les lois qui animent le théâtre ' de sa vie chétive et conventionnelle étaient en effet violées : on était transporté au pays de la fantaisie, où l'on oubliait ce qui se passe chez les hommes.

Rappelons en quelques mots cette scène délicieuse. Héraclès, après avoir mangé, bu, mugi des chansons bruyantes dans la maison où Alceste vient de mourir, apprend d'un serviteur que sa joie grossière

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