XÉNOPHANE ET LA MTTHOLOGIE
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vente sur 1 s dieux, n. sur ce que je dis de toute chose. Quand bien
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n en saurait rien : en tout règne l'apparence .. » Ainsi, Xénophane, qui se défend de vouloir définir l'inconnaissable
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qu e e agisse tantôt bien, Un.ôt mal. Au nom de la morale il se
^olte contre elle. Car il est remarquable que, che. ce peuple rli o !
neur la raison n ait pas d'abord ébranlé la cn>yance aux dieux
P0P"'a-s. et que, malgré la nonchalance de ses mœurs, ce s^au
contraire la morale qui ait la première protesté contre eux
Cette protestation a eu un profond retentissement dans la conscience
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part . ,. S les dieux font le mal, ils ne sont pas dieux.. >, Et il a ai^si condamné, sans appel, le paganisme.
En regard de cette tranchante maxime, plaçons-en une autre de Sophocle. I .st. lui aussi, convaincu que l'idée du mal est incompa Uble avec l'Idée divine, mais cette conviction, au lieu de le pousTer à mer les dieux de la légende, le conduit au contraire à les réLbililr
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Car 1 s fautes que les dieux semblent commettre, i, les en absout pour les imputer aux hommes qui les leur attribuent
Ce rapprochement est significatif. Il nous met devant les yeux en un .«.urc. saisissant, les deux faces de la pensée grecque : /une qu reste fidèle a la tradition. ™ais qui l'épure; l'autre qui la prend en
I. Fragm. 14. Diels, fragm. 34 Th,esU. ont été ju^ù^oZ^J'- ^^J^^ ÎTp "o"''"' ^" '""'™^^" "' '^'"' ""
bloc, mais qui la rejette. Peut-être pouvait-ori, entre les deux chemms, sen frayer un troisième, n'incliner ni à droite ni à gauche, rester md.fîérent. C'est le parti que devait adopter la masse des Athémens, et c'est celui auquel il semble bien qu'Aristophane se soit tenu. Car, s .In est pas insensible à la grâce des légendes, son ardeur à mjuner Eur.p.de, à cause de ses doutes, n'est pas une preuve de sa propre convction. Lui aussi critique les dieux à ses heures. Pourquoi veut-.l nous persuader qu'il s'indigne de les voir critiquer par d autres? Au fond, il prétait une attention trop superficielle aux choses religieuses, pour comprendre la sincérité de ceux qui ne pouvaient s accommoder de leur imperfection.
Sa quiétude ne doit pas nous faire illusion sur la valeur morale des dieux de son pays. En somme, ils étaient plutôt médiocres. L'Olympe
t^mph de criailleries, de querelles, de violences, d'incestes. NoL soupçonnons b.en aujourd'hui qu'à l'origine, quand l'univers était
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equihbre, le souvenir confus de leurs discordes a été le germe des
divisons divines. L'homme, perdu au milieu des forces entrechoquées
du monde, n a pu imaginer ces forces que comme des êtres Jgan-
tesques qui se combattaient. Ainsi sont nés les étranges rLts
d Hes.ode ses dieux qui se détrônent et se dévorent. cL lui, 1
n^ythe est encore transparent. Les divinités monstrueuses de son
poème sortent à peine du chaos. Elles en ont l'impersonna.ité gran-
e timd' T" •""'"' '^ '^"""'^"''^ « ''^' ^«'' '>^»- - elles une tim.de lueur-, en même temps que dans leur masse informe
se dessinent les premiers linéaments du visage humain.
alol" It?'/" '"""^ "''^"' «'"^^^'^- ^^ ^*éniens concevaient
drrsaient .rl^ '^"""" '^ *=" ''^" tout-puissants, dont ils
iir ' ;T" "' '^"^ '"---- A-Po'e- L-une et l'autre
mage, celle de leur esprit, ceUe qu'ils avaient sous les yeux se
fques. Car, si les sculpteurs s'efforçaient, comme les poètes et en
WCONVÉWE«TS, AVANTAGES DE l'aNTHROPOMORPH.SME ,,5
particulier le religieux Pindare-, de donner à leurs œuvres une immortelle beauté, il se mêlait à l'idée qu'on se faisait de la d^rnité un alliage impur, qu'elle devait à ses origines. Les traditions cosmogoniques avaient fait naître des idées de luttes, de haines, de mutilations». Ces traditions furent oubliées, mais les idées ur vécurent. On ne savait d'où elles venaient. On ne le chercha même' pas On crut naïvement que les dieux se querellaient, se jalousaient, c faisaient la guerre. Et ces rivalités donnèrent à l'Olympe helléniqu une vie que d autres religions n'ont pas toujours connue.
C était un mérite sans doute. Pour les poètes il était incomparable On le sent a chaque page des chants homériques. L'existence des Immortels y est aussi passionnée que celle des hommes chétifs qui se battent à leurs pieds. Comme eux, ils sont divisés en deux armées ennemies. C'est tantôt l'une, tantôt l'autre qui l'emporte. La lutte circonscrite autour de Troie en fait naître une seconde plus vaste et presque infinie. Celle que nous contemplons en détail sur la terre nest nen auprès de celle qu'on nous laisse entrevoir dans le mystère des nuages. Car le peuple grec, dont la turbulence a été le moindre défaut, ne pouvait pas. surtout quand ses forces étaient encore intactes, concevoir les Olympiens dans une quiétude éternelle. 11 était agressif, pétulant, querelleur. Il fallait bien que ses dieux lui ressemblassent.
On voit aussitôt les conséquences, bonnes et mauvaises, de cette ressemblance. Quand Ulysse, perdu dans la solitude lumineuse de la mer, se confond presque avec elle, il est utile qu'un regard divin plus aigu que le nôtre distingue son radeau dans l'aveuglante immensités. Car la lutte entre l'homme et la nature, entre l'intelligence et la matière, aurait pris fin trop tôt au gré de nos désirs. U nous faut encore des récits, des aventures, des dangers, des émotions, des
Ceux qui ont que.ruetXdTUrûLa t'u 'rX^n'"''"'*'" "' "^"^"'™«p^.T«tr ""^ ,UA. Croi.. a écrite. su'rTe t>L\ ^1^.^^.^^.^ n!
a. Théogonie, v. 176 sqq.