‹ Euripide et ses idéesChapitre 10 sur 388 · Iphig. en Tauride, v · texte numérisé non relu

Iphig. en Tauride, v

7. Cette influence a été discutée. Decharme, peut-être sur la foi de Bergk, op. cil., 111, p. 469 sqq., l’avait d’abord niée, ou à peu près. Plus tard, dans son Euripide, p. 28

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défauts de ses drames que dans la transparence fluide de leurs vers il s’en trouve d’autres, dont la pensée nous paraît obscure au premier coup d’œil, parce qu’ils proviennent d’une source étrangère à la tragédie. Quant à la sophistique, il en est pénétré jusqu’aux moelles. Protagoras disait que sur chaque sujet on pouvait toujours soutenir deux thèses opposées i : c’est presque la formule de la tragédie euripidéennea. Elle fait donc quelquefois écho aux théories des philosophes, de même qu’elle use fréquemment des procédés des sophistes. C’est à peu près tout ce que nous pouvons en dire. Car lorsque nous voulons préciser l’origine de ces emprunts et de ces influences ou citer des noms, nous nous heurtons presque toujours à de grosses difficultés. C’est qu’il ne reste plus que d’informes débris, ou des citations plus ou moins exactes de ceux dont le poète s’est inspiré, et que, tout en les imitant, il est resté poète. Ainsi, des deux objets qu’il faut rapprocher l’un de l’autre, le premier est détruit presque en entier, le second n’est qu’une très libre copie de celui que nous n’avons plus : cela ne facilite pas les comparaisons.

Il y a autre chose encore. Sur aucun point, Euripide n’a jamais eu de théorie arrêtée. Il prend son bien où il le trouve et ne jure sur la parole d’aucun maître. S’il s’était fait le fervent adepte d’un seul système philosophique, nous aurions quelque chance d’en retrouver les linéaments principaux dans la multitude de ses vers, et, d’autre part, puisque nous serions certains de l’unité de sa pensée, le champ de nos investigations serait singulièrement rétréci. Mais il ne s’est pas attaché à un seul homme. Au contraire, dans sa poursuite inquiète de la vérité, il a suivi tantôt l’un tantôt l’autre, et jusque dans les directions les plus opposées. Aussi a-t-il recueilli de leur bouche, quand ils étaient ses contemporains, dans ses lectures 3, quand ils l’avaient précédé, des

sqq., il a reconnu, après quelques observations de Weil, que cette influence était réelle. — J'étudierai moi-même, surtout dans le chapitre IV de ce livre, quels emprunts Euripide a pu faire à la pensée d'autrui. D’avance, je déclare que cette question des sources, fort difficile à traiter quand on étudie un historien ou un compilateur, est à peu près insoluble quand il s’agit d’un poète aussi capricieux que l’est Euripide.

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