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Au temps des poèmes homériques, on ne devait guère, j’imagine, demander à l’amour que cela. Depuis nous avons assez compliqué les choses pour revenir avec Chamfort, à la fin du xviii' siècle, presque au point de départ. Ne pas oublier cependant qu’ici le conseil est donné par une mère à son fils : ce qui nous choque.
5. Les mêmes idées ont été rapidement indiquées par Gomperz, dans ses Griechische Denker, trad. française, vol. Il (Lausanne, 1906), p. i5. Je suis très heureux de me rencontrer avec l’illustre historien de la philosophie grecque.
ment. Et ces considérations, si elles expliquent le rôle que joue cette déesse en son drame, excusent Artémis, qui est femme, d’être aussi vindicative que sa rivale.
Cependant les dieux doivent être plus raisonnables que les mortels. A cette objection il n’est pas de réponse. Mais elle est isolée dans la pièce, et Euripide ne paraît pas avoir voulu qu’on s’y arrêtât beaucoup. Notons -la donc et passons.
Ailleurs, il est plus franc avec nous. Sans dévoiler tout à fait son jeu, il nous y laisse jeter un regard. Ainsi, dans Vloriy leè dieux ou les oracles ne disent pas la vérité. Sans doute, le poète ne l’affirme pas expressément, mais il arrange si bien les choses, qu’il laisse à notre malignité le soin de le conclure. Car, d’une part, Hermès nous assure dans le prologue du drame, que le jeune homme qui va bientôt recevoir le nom d’ion, est fils d’Apollon et de Gréusei. Ce qu’il dit est confirmé par Pallas elle -même 2. Ion a donc bien le dieu pour père. Mais d’autre part, l’honnête Xouthos ne proclame -t- il pas que le jeune homme est son fils, et, pour l’affirmer, n’a -t- il pas le témoignage de l’oracle de Delphes 3 ? D’Hermès ou d’Apollon, qui est le menteur, car il faut bien qu’il y en ait un ?
Ce dernier joue dans la pièce un rôle qui ne lui fait guère honneur. Il veut trouver à son bâtard une famille honorable, et il la trouve. Mais il a si bien conscience de la louche duplicité de ses intrigues, que tout en étant le protagoniste d’une action, qu’il dirige entière, il ne s’y montre pas. Il craint sans doute que les spectateurs ne lui adressent, comme au traître de nos mélodrames, des invectives et des injures. Il reste prudemment dans la coulisse et il n’a pas tort. Car si le public le laissait paraître sans protester, ce qui n’est pas certain, Créuse, la victime de sa brutalité, la lui reprocherait à grands cris. Elle n’a conservé du dieu, de sa chevelure d’or, de son insolente beauté, qu’un souvenir qui lui fait horreur. Après quinze ou vingt ans, elle frémit encore, quand elle songe à la scène atroce^. Car elle n’est pas femme