‹ Euripide et ses idéesChapitre 114 sur 388 · Ibid., V. 170 sq · texte numérisé non relu

Ibid., V. 170 sq

3. Ibid,. V. 339 sqq. Au vers 347, je lis Tj otxatoç oùx. ecpuç avec les manuscrits et Wilamowitz. — Dans les Héraclides, v. 869 sq., le remerciement d'Alcmène à Zeus, où le mot xp6v(o est mis en tête, prend ainsi une allure d’épigramme.

Zeus, d’une voix cassée, non pas de lui avoir pris sa femme, — que pouvait-il là contre, le pauvre homme? — mais en échange de cette femme, de ne pas venir à son secours, quand il va être écrasé. Le dieu des dieux, le maître de l’Olympe, le tout-puissant, qui n’a qu’un geste à faire pour le sauver, n’était donc pas son ami, autant qu’il avait le droit de s’y attendre ! Il y a dans le ton piteux sur lequel le misérable gémit sa plainte, une ironie perçante, qui aurait pu faire lapider l’acteur au théâtre, s’il n’avait été rempli que de croyants.

Qu’on ne dise pas que puisqu’au dernier moment Amphitryon se tire du péril, la venue soudaine d’Héraclès sauve tout et absout l’amant d’Alcmène. Certains reproches imprudents, qui échappent au désespoir, ne s’oublient point. Ils laissent leur aiguillon dans la plaie vive. Pour que l’on pût lancer sans crainte contre le dieu des traits aussi pénétrants, il fallait déjà que son indolence ressemblât, du moins au jugement de quelques-uns, à l’engourdissement qui précède la mort.

Ici, l’invective est directe, hardie. Le poète parle à visage découvert. En certains cas, son art est si enveloppant qu’il s’empare d’abord de notre esprit, et que nous ne découvrons pas tout de suite la critique pourtant acerbe qu’il fait de la divinité.

Qu’il est étrange le sort de cette jeune fille, transportée des bords souriants de l’Euripe aux rivages du Pont-Euxin! Sa miraculeuse aventure nous enchante, parce qu’elle nous a été contée par un grand poète. Il a su s’emparer de notre imagination par des images que d’autres ont grandies jusqu’au symbole. L’Iphigénie grecque est devenue peu à peu le type de l’exilée douloureuse. Elle a la mélancolie de ceux qui pensent aux absents. Son esprit est toujours dirigé vers eux. La nuit, elle les aperçoit dans son sommeil i. Ses yeux les cherchent, les pleurent. Ses bras tendus les appellent. Et comme la légende a pris soin de placer son exil aux confins du monde antique, dans une contrée obscure, sa beauté nous paraît comme illuminée par l’éclat du pays ensoleillé vers lequel elle tourne désespérément son visage. C’est ainsi sans doute que l’entrevoyait Racine, et c’est ainsi qu’elle a séduit Goethe.

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