Ibid., V. i384 sq
4. Wilamowitz (Die beiden Elektren, Hermes, i883, XVIII, p. 2i4 sqq.) a soutenu, il est vrai, que VÉlectre d’Euripide avait précédé celle de Sophocle, mais pour qui a lu les quatre pages si décisives d’O. Ribbeck (Zu Sophocles' and Eiiripides' Electra, Leipziger Stadien, VllI, p. 882) le doute n’est plus guère possible, et la thèse contraire semble la vraie. Kaibel, dans son Electra, est pour d’autres raisons de la même opinion que Ribbeck. Cf. Hugo Stciger, Warum schrieb Euripides seine Elektra, dans le Philologus, vol. LVI, 1897, p. 561-600. On trouvera en tête de cet article une liste des noms de ceux qui ont discuté cette question des deux Electre, une de celles sur laquelle on a beaucoup écrit depuis vingt-cinq ans. Pour Stciger, aucun doute n’est possible: Euripide a écrit sa pièce contre Sophocle et surtout contre Apollon. C’est bien mon avis.
1>. MASQUEUVV.
rieures s’étaient accommodées, et dont s’indignent la conscience et le cœur d’Euripide. Aussi s’est -il appliqué à nous montrer comme l’oracle du dieu est criminel. La façon dont il a compris son sujet marque son intention.
Chez lui, Glytemnestre n’est plus la femme inhumaine de VOresiie. Si elle est criminelle, depuis sa faute elle n’est pas heureuse i. Elle sait que le peuple parle mal d’elle et elle en souffre 2. Elle dérobe sa vie et ses actes aux regards malveillants qui lui pèsent 3, Elle est inquiète, presque honteuse. L’amour maternel n’est pas entièrement éteint en son cœur, puisqu’elle ne peut retenir quelques soupirs à la vue du dénuement misérable où languit sa fille, et il n’est pas certain, comme on l’a dit, que ses bons sentiments soient simulés^. Mais le spectacle d’une Glytemnestre, qui a des regrets et presque des remords, est une chose si surprenante dans le théâtre grec, qu’on a eu presque raison de se défier de sa sincérité. Être complexe, douloureux et révolté, qu’a exaspéré la présence au foyer conjugal d’une rivale 5, quand déjà le meurtre de sa fille Iphigénie lui avait percé le cœur 6, Glytemnestre n’a pu tuer son mari que dans l’égarement, sans goûter comme dans Eschyle une joie mauvaise à préparer sa mort, sans jouer avec le malheureux avant de l’assassiner. Est-il certain d’ailleurs qu’elle ait pris une part effective au meurtre? Égisthe n’a-Lil pas pu le commettre seul, comme dans Homère??
Euripide est très indécis sur ce point important. Tantôt Glytemnestre tue son mari elle-même, tantôt elle le fait tuerpar d’autres 8. Pour