Ion, V, 436 sqq
3. Ainsi Hélène, abattue par le malheur, rappelle et envie le sort de la fille de Lycaon, transformée en quadrupède, pour avoir plu à Zeus. Elle la proclame heureuse, sans ironie, parce qu’elle a échappé au sentiment de son infortune, comme, dans une autre métamorphose, la fille de Mérops. Hélene, v. 376 sqq.
4. Héraclès, v. 1263 : Zeùç ô’ ogxiç 0 Zeéç. Sur cette formule dubitative, plusieurs fois employée ailleurs, qui fait songer au début du livre de Protagoras sur les dieux (cf. Diogène Laërce, IX, 5o), voir plus bas, p. 179 sq.
5. On pense à l’‘Hpax>.t(7xoç de Théocrite, qui n’a guère qu’une foi toute littéraire dans le miracle qu’il raconte. Ç’a été celle de tout l’Alexandrinisme, et c’est encore un peu la nôtre. Mais, au v” siècle, on ne pouvait pas encore se détacher ainsi des faits et ne les conserver qu’à cause de leur beauté pittoresque.
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accomplis, sur la terre, dans l’Érèbe, pour arriver au dernier de tous : le massacre de ses enfants ! Héra doit être enfin heureuse.
« Qu’elle danse donc, l’illustre épouse de Zeus, qu’elle batte de sa chaussure le sol divin de l’Olympe ! Elle a obtenu ce qu’elle voulait. J’étais le premier des Grecs : elle m’a abattu, anéanti. Qui voudra désormais adresser des prières à une divinité pareille ? Pour une femme, pour une infidélité de son époux, elle m’a perdu, moi, le bienfaiteur des Grecs. Et je ne lui avais rien faiti. »
Alors, Thésée, avec une infinie pitié : « Pas un homme n’est à l’abri des coups du sort, » dit-il; puis, après un silence : « Pas un dieu non plus, si les poètes ne mentent pas 2. « Et comme ces paroles étaient surprenantes, car c’était Thésée qui les prononçait, il ajoute : « N’ontils pas formé entre eux des unions contre toute loi? Pour régner, n’ont-ils pas chargé leurs pères de liens honteux ? Et pourtant ils habitent l’Olympe, et ils portent légèrement leurs crimes^. » J’imagine que le saint roi d’Athènes, en faisant ces déclarations, baissait un peu la voix, comme la nourrice de Phèdre, mais pour une autre raison. En face de la souffrance injuste du héros, rien dans son âme n’avait pu tenir: tout avait été emporté, optimisme^ et piété. Pour consoler, il blasphémait presque. Mais n’était-il pas surpris du son même de ses paroles, quand il s’entendait dire des choses si graves ?
Ce qui est peut-être plus grave, c’est que ces choses soient inutiles. (( Je n’ai jamais cru, je ne croirai jamais, répond en substance Héraclès, que les dieux se plaisent à faire le mal : ce sont des pauvretés d’aèdes 5. » Qu’est-ce à dire ? Héraclès en parle bien à son aise. Mais qui lui a fait