Troyennes, v
G. Troyennes, v. 820-869.
7. Médée,v. 1 loçj sqq.-, Andromaque, v. 899 sqq.; Hécube, v. 197 sqq., v. 721 sq.; Phéniciennes, v. io3i sq.; Troyennes, v. 1042; Iphig. à Aiilis, v. 4ii ; Augé, fragm. 278; Phaéthon, iVAgm. 781, v. ii sqq., avec le jeu de mots bien connu de VAgaineinnon. V. 1080 sqq.
8. Alceste, v. ii35; Suppliantes, v. 348; Iphig. à Aulis, v. 1097; Oreste, v. 971 sqq.
sance ne nous protègent contre leur haine i. Ils se plaisent à nous jeter dans des situations inextricables 2, sans doute pour regarder comment nous nous en tirerons. Sous le prétexte le plus futile, ils bouleversent notre vie 3. Ils profitent de notre ignorance pour se faire adorer^. La justice n’existe pas. Elle a les yeux clos et ne punit jamais personne 5.
La conclusion qu’il faut tirer de ce désordre est aussi subversive qu’impérieuse. Puisque les dieux font le mal, l’homme a bien le droit de le faire aussi. S’ils ne sont pas les auteurs directs de tous nos égarements, nous pouvons dans nos pires erreurs nous autoriser de leur exemple^. Mais nous ne le faisons pas toujours. Nous sommes donc quelquefois meilleurs que les dieux. Iphigénie qui, pour le salut de l’Hellade, verse librement son sang est plus noble qu’Artémis ou que le prêtre qui le demande 7. Et, plus tard, quand la jeune fille veut sauver un des deux adolescents qui ont abordé en Tauride, elle est plus humaine que la déesse qui réclame leur double mort.
Voici une autre conséquence des méfaits divins. L’homme juste qui succombe pour satisfaire aux caprices de maîtres aussi cruels, a le droit en mourant de les maudire. Personne ne peut l’en blâmer. Est-ce un blasphème que celui d’Hippolyte, qui souhaite, quand il expire, que les dieux subissent à leur tour les maux dont ils l’accablent 8 ? Mais Hippolyte n’a- 1- il pas raison de parler ainsi, puisqu’ils avouent eux-mêmes être les auteurs de la passion de Phèdre 9, qu’ils se traitent entre eux de criminels i®, et qu’enfin Thésée vient à l’instant de proclamer qu’ils lui avaient troublé l’esprit, quand il a fait à Poséidon l’imprudente prière qui a causé la perte I» du malheureux.