Vita^ ligne 3o sq
2. Cf. P. Girard, La trilogie chez Euripide {Revue des Études grecques, n" 76, p. 149 sqq.).
3. Argument d’Aristophane : t'o Spa[j(,a inoiribri . — Peut-être est-on arrivé à ce chiffre, en supposant que de 455, date de ses débuts, jusqu’en 438,1e poète composait une pièce par an (455-438 = 17). Donc, ce renseignement n’est pas absolument certain. Cf. Teulfel, Studien und Charakteristiken zur griech. und rom. Litteraturgeschichte, p. 175.
LA VIE ET LE CARACTERE DE l’ÉCRIVAIN
Son succès fut tardif et toujours disputé. Comme tous les novateurs, Euripide n’a pleinement réussi qu’après sa mort. A ses débuts, en 455, parmi les tragédies qu’il fit représenter se trouvaient les Péliades dont il nous reste quelques vers.
L’issue du concours ne fut pas très encourageante pour le jeune poète, puisqu’il n’obtint que la troisième place, c’est-à-dire qu’il fut classé le dernier i .
Il n’eut la première couronne que treize ans plus tard, en 442, sous l’archontat de Diphilosa. Quels étaient les drames avec lesquels il eut la chance de plaire aux Athéniens? On ne le dit pas, et ce silence est regrettable. Le père d’Euripide était mort à cette époque 3. Il n’eut pas la joie d’assister au triomphe de son fils et de voir se réaliser la prédiction de l’oracle qu’il avait d’abord si mal interprétée.
En 438, Euripide eut la seconde place avec VAlcestey qui est la première pièce que nous ayons de lui. Les drames qu’il donna conjointement étaient les Crétoises, VAlcmaeon à Psophis et le Télèphe dont Aristophane s’est tant amusé 5. Sophocle fut le premier cette fois-là.
Sept ans après, en 43 1, c’est-à-dire au commencement de l’année mémorable pendant laquelle éclata la guerre du Péloponnèse, notre poète fit jouer sa Médée, avec le Philoctète, le Dictys et le drame satyrique des Moissonneurs, qui n’existait déjà plus à l’époque alexandrine. Le fils d’Eschyle, Euphorion, fut le premier, Sophocle le second, Euripide le troisième 6. Vraiment, il semble que la Médée seule, qui est une des belles œuvres du théâtre antique, aurait dû préserver son auteur d’un échec aussi complet. Mais ses concurrents étaient redoutables, surtout si Euphorion avait fait représenter des drames de son père, comme un décret connu lui en donnait le droit 7.
Euripide ne se découragea point. Il eut raison. Reprenant en 428 un sujet qu’il avait abordé auparavant, et qui avait déplu, parce qu’il était traité, semble -t-il, avec une audace excessive, il obtint une