‹ Euripide et ses idéesChapitre 211 sur 388 · Ibid., V. 30o sqq · texte numérisé non relu

Ibid., V. 30o sqq

G. Éleclrc, v. 11 sqq., v. 198 sc^q. (ju lis èx TraXauov), v. 280 sqq., v. 54i sqc^.

Cherchons le motif de cette modification. Euripide Ta -t-il imaginée pour que, le châtiment de Glytemnestre suivant de près son crime, le parricide d’Oreste nous paraisse moins sacrilège ? Mais il ne tient pas du tout à innocenter le meurtrier, au contraire, puisqu’il innocenterait aussi le dieu qui arma son bras. Or, il n’a écrit son drame que pour montrer quel rôle détestable joue Apollon dans la légende. Il faut chercher l’explication ailleurs.

Nous la trouverons dans la manière dont le poète a compris le caractère de Ménélas. Celui-ci est, pour ainsi dire, le type de l’égoïsme. Loin de se souvenir des services que lui a rendus Agamemnon dans l’expédition contre Troie, où celui-ci l’a aidé en dépit de toute justice i à reprendre Hélène, Ménélas oublie, au contraire, la guerre et l’appui du roi d’Argosa. Et, en nous laissant croire que cette guerre venait à peine d’être terminée, Euripide rendait plus haïssable Tingratitude de son personnage. Oublier un bienfait plusieurs années après qu’on Ta reçu, cela est compréhensible; l’oublier le lendemain même, cela est révoltant.

Il suppose donc que Ménélas arrive de la Troade, que le siège est fini depuis quelques jours, ou plutôt il s’arrange de façon que nous comprenions ainsi ce qu’il fait dire au fils d’Atrée. Quand celui-ci salue le palais de ses pères et nous annonce qu’il vient d’Ilion^, nous ne pouvons pas soupçonner qu’il a voyagé à la façon d’Ulysse, et que bien des années se sont écoulées entre son départ d’Asie et son arrivée en Argolide. Nous sommes dupes des expressions dont il se sert.

Et il se garde bien de nous détromper. Car s’il venait de Troie, Ménélas avait passé par l’Égypte, ce qui n’était pas le chemin le plus court pour aller à Sparte. Il avait même séjourné sept ans au pays du NiU. Si nous ne le savions pas indirectement, Tâge d’Oreste nous instruirait de tous ces retards. Car, au moment où son oncle le retrouve, il faut que le jeune homme ait une vingtaine d’années. Or, quand eut lieu le départ de la flotte, le jour où Ton sacrifia sa sœur Iphigénie, Oreste ne marchait pas encore. C’était un enfant que Glytemnestre portait sur les bras 5.

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