I. Odyssée, IV, v. i45 sq
■2. Iliade, 111, v. sq.
O. 'riiucydidc, I, ix scjq.
/i. Agaiiieinnon, v. 743.
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pensée. Groit-il, ne croit-il pas à son existence? Il semble vouloir nous le laisser deviner et s’amuser de notre hésitation.
Qu’il ait rejeté comme une absurdité la légende de sa naissance, cela est naturel i. Il fallait une rare simplicité d’esprit pour croire aux amours de Léda avec l’oiseau divin. Sans doute, la blancheur délicate du cou féminin, sa grâce flexihle et molle peuvent évoquer à l’esprit les souples ondulations et l’éclat neigeux d’un col de cygne. Mais c’était seulement à une époque très jeune qu’une semblable analogie pouvait faire conclure à une parenté aussi déraisonnable. On mélangeait alors aisément les images. La fantaisie, la grâce, la beauté unissaient des êtres que la nature, pourtant si ingénieuse, n’a jamais accouplés. Avec Euripide, le temps de ces confusions charmantes était passé.
Son scepticisme va plus loin. En 4i3, il annonçait 2 et il tint sa promesse l’année suivante, qu’il mettrait sur la scène le drame le plus paradoxal qu’un tragique grec pût imaginer. Il ne choisit donc pas son sujet au hasard. Mais, comme il pouvait dérouter les spectateurs, il sentit le besoin de le leur annoncer d’avance, pour les disposer à le bien recevoir.
On connaît son Hélène et il est inutile de la raconter. Rappelons seulement que dans ce drame, dont il n’a pas inventé le sujets, Euripide prétend que la femme de Ménélas n’est jamais allée à Troie, que Pâris ne l’y a jamais conduite et qu’il n’a jamais eu dans les bras qu’un fantôme^. C’est pour ce fantôme que les Achéens et les gens d’Ilion ont fait la guerre. Cependant, Hélène, la véritable, transportée par Hermès en Égypte, dans l’île de Pharos, où régnait Protée, attendait patiemment qu’il plût aux dieux de mettre fin à son exil. Après la
1. Hélène, v. 17-21, v. 267 sqq., qui ne sont pas à leur place. Cf. Iphig. à Aulis, V. 794 sqq.