Cl'. Jlippolyle qui se voile, l'ragiii
liUIUPlDE ET SES loÉt:S
esprit une existence plus durable. On l’aperçoit souvent dans son œuvre, où sont épars les traits avec lesquels il l’a dessinée. Réunissonsles. Nous donneront-ils une Hélène homérique? Assurément non. Les êtres imaginaires ont une vie véritable. Ils se transforment avec les idées de ceux qui les créent. Hélène sera donc rajeunie; ce sera la femme pernicieuse, telle qu’on la conçoit d’après la réalité contemporaine. Voyons ce qu’était au v® siècle cet être malfaisant.
Hélène fut séduite par Pâris. Cette séduction, Euripide nous a-t-il expliqué comment elle eut lieu ? La femme qui a donné sa foi à un mari et vit avec lui jusqu’au jour où elle le quitte brusquement parce qu’un autre amour s’est emparé de son cœur, ou plus souvent parce que, n’aimant pas celui auquel on l’a unie, la vie qu’elle mène la désespère et finit par l’affoler, voilà un thème dont les variations sont si multiples, que le nombre presque infini de ceux qui l’ont traité ne l’a pas encore épuisé. Euripide, qui nous a fait de Phèdre une peinture si douloureuse, l’a-t-il au moins soupçonné? Gela est possible. Mais, comme il n’a pas l’esprit d’un moderne, l’adultère d’Hélène et les causes qui le lui ont fait commettre, ne lui ont pas paru dignes de son attention ni de la nôtre.
H dit seulement que lorsqu’elle aperçut le fils de Priam, tout resplendissant d’or, elle perdit la tête. Le palais de son mari ne satisfaisait pas ses besoins effrénés de luxe. Pour elle, la ville de Lacédémone n’était pas assez vaste, et les roseaux de l’Eurotas ne suffisaient pas à l’embellir. Elle espérait vivre en Phrygie dans l’opulence et dans les délices i. Elle profita d’une absence de Ménélass. Elle se laissa enlever par Pâris.
C’est donc la richesse qui l’a séduite, et le mythe de Danaé se réalisa une fois encore. Sans doute, l’amant était beau 3, puisque tous les amants sont tels. Mais, dans Pœuvre de séduction, cette beauté n’apporta point de raison décisive. L’argent seul fit effet. Il fut plus fort que la vertu d’Hélène : elle céda devant lui. Et, chose curieuse,