‹ Euripide et ses idéesChapitre 238 sur 388 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

La condition humaine.

I. L’enfance. Les enfants dans Euripide. Sympathie qu’il leur porte.

IL L’àge mûr. Idées du poète sur la vie humaine.

III. La vieillesse. Les vieillards chevrotants d’Euripide. Ses regrets quand il se sent

vieillir.

IV. La mort. Idées homériques, traditionnelles. Idées philosophiques. — Un mot

sur le suicide.

Si l’on essayait de rassembler, en lisant/les tragédies de Racine, les idées qu’il a eues sur la vie, on risquerait de n’arriver qu’à un résultat médiocre, tant la convention classique a mis d’obstacle à sa franchise. Il n’en est pas de même pour Euripide. Il est très facile, en sachant s’y prendre, de découvrir ce qu’il pensait de l’existence humaine, de ses incertitudes, de ses mécomptes, de ses joies. Gela tient à ce qu’il conçoit la tragédie comme une œuvre personnelle, qu’il se soucie peu de la convenance dramatique et qu’il soulève souvent le masque de ses personnages, pour nous adresser lui -même la parole: défaut véritable pour qui n’étudie que le dramaturge, et qualité précieuse pour qui veut connaître son âme.

La vision du poète est morose, non parce qu’il fait des tragédies, où les catastrophes sont obligatoires, mais parce que, dans son examen pensif des choses, il est surtout frappé de leur instabilité et de leur désordre. Bonheur, malheur, rien ne dure. La vie est un songe qu’il est difficile de comprendre. A-t-elle un sens ? Sommes-nous le jouet d’une puissance perverse, qui nous ait donné le goût de la règle pour se moquer, au milieu des heurts incessants qui nous assaillent, de notre désarroi et de notre plainte? Mais nous souffrons. Vivre, c’est souffrir. Gela dure un temps incertain. La mort arrive. Nous allons tous nous y perdre, inconscients.

Telle est, très brièvement résumée, l’opinion d’Euripide. Son œuvre

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