V. Le goût du pittoresque, des détails, des petites choses
VI. La subtilité. Les raffinements. L^abus des maximes. Le jeu des idées opposées.
VIL Les thèses contradictoires.
Euripide, poète dramatique, n’a point fait de théorie sur son art. Il s’est contenté de le pratiquer. On nous dit que Sophocle avait écrit un traité sur le chœur tragique i. Rien d’analogue ne nous est attesté au sujet de son rival, et il ne nous a pas expliqué comment il comprenait le théâtre. Il est vrai que la tragédie grecque se prêtait mal aux confidences.
Si donc nous voulons essayer de savoir ce qui distingue son œuvre et lui donne un caractère original, il nous faut examiner cette œuvre, rappeler ce qu’en ont pensé les Grecs et les modernes, discuter leurs opinions. Qu’on ne s’attende pas ici à une étude technique de l’art du poète. Cette étude a déjà été faite par d’autres critiques 2, et elle serait déplacée dans ce livre.
Prenant le texte tel qu’il est, nous essaierons de le juger, comme pourrait le faire un moderne auquel la langue grecque serait familière. Nous éviterons tout préjugé. Nous admettrons que dans l’art ancien