‹ Euripide et ses idéesChapitre 289 sur 388 · Ibid., V. 345 sq. : ’ü cptXraT’, elç ouo-nrTa èfJ'-O · texte numérisé non relu

Ibid., V. 345 sq. : ’ü cptXraT’, elç ouo-nrTa èfJ'-O

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RÔLE EFFACÉ DE LA FEMME DAIVS LA SOCIÉTÉ ATTIQUE 3o5

antre chose. Le sentiment qui leur est le plus étranger est celui de la pitié. Leurs mains ne sont pas faites pour essuyer les larmes. Elles n’ont jamais été des consolatrices, et on ne les a jamais invoquées comme telles.

Indifférentes aux dieux, et le plus souvent à leur époux i, les Athéniennes vaquaient aux soins du ménage, lavant, tissant, filant, brodant, se livrant à ces mille besognes du gynécée qui fatiguent le corps, sans occuper beaucoup l’esprit. A ces soins s’ajoutaient ceux qu’elles donnaient à leurs enfants. Ils étaient soumis à leur surveillance. Elles les réprimandaient et les punissaient, s’ils faisaient mais. Mais on ne les leur confiait que pendant les premières années. Dès qu’ils commençaient à grandir, on les leur retirait pour les donner aux maîtres, car elles manquaient de savoir, de culture, d’autorité pour les élever 3. Là encore, leur rôle était presque celui d’une servante, et il leur causait, au fond, plus de tristesse intime que de contentement vrai. Car, si elles s’habituaient aux caresses de leurs enfants pendant un temps qui devait leur paraître court, dès qu’ils prenaient de la force, elles les sentaient s’éloigner d’elles. Le fds d’Admète, Eumélos, ne regrette si passionnément sa mère, que parce qu’il a encore besoin de se blottir dans sa poitrine et, comme le petit d’un oiseau, de se réchauffer sous son aile 4. Puisque Alceste est maintenant revenue à la lumière, il fera sans doute, dans quelques années, comme les autres. Il lui commandera de s’occuper des travaux réservés à son sexe. Il la renverra à son fuseau, à sa toile, à ses esclaves. Brutalement, il réclamera l’autorité pour lui seul. Et celle-ci restera un instant interdite, mais, habituée à courber la tête, elle obéira sans mot dire. Comme Pénélope, son antique aïeule, il ne lui restera qu’à aller cacher sa blessure et ses larmes dans quelque endroit retiré de sa demeure 5.

Ainsi, la véritable raison de la condition humiliée de la femme dans la société athénienne, c’est son infériorité intellectuelle. On ne prêtait pas d’attention à celle qui en méritait si peu. Dans une cité où l’esprit

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