Danaé, fragm
3. Euripide l’en blâme. Troyennes, v. 8i5 sqq. Cependant il a écrit le Chrysippe.
4. Selon qu’on lit au vers 24 de VHyinne à Aphrodite èOsXotaav avec les manuscrits ou sOéXoïcja avec Bergk.
EURIPIDE Eï SES IDEES
jamais imaginé de telles, ce n’est pas d’un homme que cette femme étrange est amoureuse. Il est vrai que Sappho était Lesbienne.
Tout cela ne contribuait guère à relever l’état moral des femmes ni à ennoblir leur rôle. Si donc Euripide répète jusqu’ici, dans ses vers, les critiques que la société de son temps formulait contre elles, il les continue encore lorsqu’il leur reproche l’importance qu’elles donnent à l’amour. C’est une des galanteries que les époux de son théâtre adressent quelquefois à leur femme : ils la jugent trop exigeante i. Car leur impertinence n’a pas de limites. Mais n’était-il pas naturel que la femme défendît, peut-être avec plus d’ardeur que d’adresse, la seule chose dont on ne l’eût pas tout à fait dépouillée? Et, d’un autre côté, comme l’homme se détournait de plus en plus de la femme, n’était -il pas porté à trouver toujours trop grosse la part qu’il lui laissait? Il est concevable que des motifs futiles aient été prétexte à récriminations. Or, en ces délicates questions, les reproches jaloux sont toujours une faute. Au lieu de rapprocher, ils éloignent. La femme, guidée par son seul instinct, ne le sentait peut-être pas assez. Elle disait trop haut ce qu’elle aurait dû dissimuler et ne laisser jamais entrevoir. Elle commettait même l’impardonnable sottise d’avouer que Gypris était de toutes les déesses celle qu’elle vénérait le plus. Et cette confession inouïe, elle la faisait non pas à une amie, mais à une rivale 2. Ne savait- elle pas que, dans l’amour, il importe, si l’on veut gagner, de bien cacher son jeu ? C’est Euripide, il est vrai, qui lui attribue cette maladresse énorme, mais on ne peut guère admettre qu’elle l’ait jamais commise. En faisant parler une femme, un homme d’esprit lui prête parfois un langage inconcevable à la plus simple.
Les femmes jouaient donc dans la société attique un rôle à peu près nul. Les hommes prétendaient ne pas s’occuper d’elles 3. Leurs maris les négligeaient. Ainsi délaissée, l’Athénienne cherchait quelquefois