‹ Euripide et ses idéesChapitre 300 sur 388 · LA CRITIQUE DES FKMMES · texte numérisé non relu

LA CRITIQUE DES FKMMES

des consolations ailleurs. Hermione se fait enlever par Orestei, Phèdre s’éprend d’un douloureux amour pour Hippolyte, Glytemnestre se donne à Égisthea. Dans les pièces perdues, il semble aussi qu’il y avait des femmes coupables d’adultère, dans Pélée, Sthénébée et Thyeste. Car l’amour rend folles les femmes. Il est pour elles une maladie irrésistible. Quand il s’est emparé de leur âme, il la possède entière 3. On sait l’importance qu’Euripide a donnée à l’amour dans son théâtre. Il a quelquefois cherché l’intérêt de ses drames dans l’étude seule d’une âme qui en souffre^. Mais n’est-il pas remarquable que cette passion, il la place toujours dans le cœur de la femme, jamais dans celui de l’homme? Sans qu’il y ait songé,, il nous fournit par cette singularité une excuse très forte de l’inconduite de ses contemporaines. Les hommes, chez lui, sont inaccessibles à l’amour; ils n’y font aucune attention. Leur inconstance ne s’y arrête pas : ils ont trop de distractions pour se laisser prendre. Gela est si vrai que toute l’adresse de Racine n’a pu faire accepter à ceux qui ont quelque notion des mœurs antiques sa conception d’un Achille amoureux. Les deux mots jurent d’être accouplés.

Au contraire, les héroïnes d’Euripide sont souvent torturées par la passion. G’est qu’au v® siècle, les Athéniennes vivaient dans une solitude dangereuse. Il n’est pas bon d’isoler les femmes. Aucune barrière n’arrête leurs pensées 5. Ge sont même les entraves qui leur donnent le désir de s’affranchir. Et ce désir devient irrésistible, toutes les fois que celui auquel elles appartiennent ne les aime pas et les abandonne. Gar si le mari oublie le lit conjugal, elles veulent suivre son exemple, et cherchent ailleurs un amant. Pour Hermione, Phèdre et Glytemnestre, les choses se sont ainsi passées. Toutes trois ont des époux si négligents qu’ils semblent s’attirer volontairement leur infortune. L’infidélité, dont on s’indigne tant, quand il s’agit de la femme, n’a jamais cependant été très rare, peut-être parce que la monogamie, que les hommes ne trouvent guère naturelle pour eux-

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