‹ Euripide et ses idéesChapitre 329 sur 388 · Busiris, fragm. 3i · texte numérisé non relu

Busiris, fragm. 3i

9. Phéniciennes, v. 392; Iphig. à Aulis, v. 3i3; Ion, v. 67/1; Andromaque, v. 186 sqq.

10. Antiope, fragm. 216; Archélaos, fragm. 201 ; Alexandre, fragm. 48 et 5i.

tout homme doit être intelligent, ou le paraître. Si Tesclave est sur ce point plus favorisé que le maître, il lui fait une injure grave.

Il doit donc se résigner à vivre la bouche close. S’il l’ouvre, et surtout s’il prouve qu’il pas tort de l’ouvrir, il paiera pour son audace. L’orgueil des grands ne pardonne pas aux humbles d’avoir raison i . Car l’esclavage est la pire des conditions 2, et il vaut mieux mourir que d’y être soumis 3.

On jugera la conclusion excessive. Tout ce que dit Euripide des esclaves et la vie même qu’il leur prête dans ses pièces, ne nous donnent pas sur eux une idée aussi attristante. Et pourtant il nous affirme, à maintes reprises, qu’ils sont les plus malheureux des hommes.

Voici comment il faut sans doute expliquer ce fait. La condition des esclaves de l’Attique était, ne l’oublions pas, plus inégale que celle de leurs maîtres. Si ceux qui travaillaient aux champs, dans les ateliers, et surtout dans les galeries étroites des mines du Laurium paraissent avoir beaucoup souffert^, on peut affirmer qu’au contraire les esclaves occupés dans la ville aux soins domestiques n’étaient pas bien à plaindre. C’est un texte fort remarquable que celui de la République des Athéniens, où Ton nous apprend que, chez ce peuple, il n’était pas d’usage de battre les esclaves, que dans la rue ils ne cédaient point toujours le pas aux hommes libres, qu’ils étaient vêtus comme les gens du commun avec lesquels on risquait à chaque instant de les confondre 5, que leur vie, en général, était douce, que quelques-uns même connaissaient le luxe^. Si ces affirmations semblent d’abord suspectes, à cause du caractère de celui qui les fait et de sa dure ironie d’aristocrate, les esclaves qu’Aristophane nous montre dans ses comédies, à peu près au temps où vivait l’auteur

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