‹ Euripide et ses idéesChapitre 344 sur 388 · Hippolyte, v. ioi6 sq · texte numérisé non relu

Hippolyte, v. ioi6 sq

LES BATARDS

enclin à l’en dédommager et à le grandir. Quand le jeune homme, maudit par son père, est sur le point de quitter Trézène, il ne se félicite pas de sa naissance qui indispose les esprits contre luii. Mais il affirme que ses pareils peuvent avoir les vertus les plus rares 3, et quand il meurt, il conseille à Thésée, auquel il a pardonné, de demander aux dieux des fils légitimes qui lui ressemblent 3. C’est presque sa dernière parole.

Elle est intentionnelle. Sans déclamer, Euripide exprime une pensée à laquelle il tient : la nature ne fait pas de différence entre les êtres Souvent même un sol desséché donne une moisson plus abondante qu’une terre profonde 5. Ce n’est pas qu’il faille multiplier le nombre des enfants illégitimes : la loi est trop dure pour eux^. Mais s’ils naissent avec d’excellentes qualités, le nom qu’on leur donne ne les leur fera pas perdre^. Ion, qui, pour ne pas suivre Xouthos à Athènes, allègue qu’il est un bâtards, le prouve bien par sa réserve et son intelligence prudente de la vie : il est vrai que tous les enfants naturels n’avaient pas Apollon pour père.

1. Hippolyte, v. 1082 sq. Sur les avantages d’une bonne naissance, cf. Andromaque, V. 766 sqq.

Page 1