CHAPITRE IX
La cité
I. La vie active et la vie studieuse : Phomme public, l’homme d’étude. Ce qu’Euripide a voulu être,
II. Satire de l’ambition politique et de certaines gens au pouvoir. Défiance à l’égard de la foule. Du danger que les orateurs font courir à l’État.
III. Des différentes sortes de gouvernements : royauté, tyrannie, démocratie. Sen-
timents du poète à l’égard des marins. A-t-il flatté la multitude?
IV. La patrie athénienne. Pourquoi et comment il faut l’aimer. L’exil.
V. La guerre. Ce qu’en pense Euripide. Son amour de la paix. Ses invectives contre Sparte. Ses travestissements de pei'sonnages lacédémoniens. — Pour Euripide, la patrie n’est déjà plus limitée à la cité.
Euripide inclinait par goût naturel vers la réflexion et recherchait la solitude, le silence. Rien ne lui paraissait moins enviable qu’une vie affairée, qu’aiguillonne et tyrannise l’ambition, parce que cette ambition n’est pas toujours aussi féconde qu’on l’imagine.
Gomme il aimait, autant que certains de nos écrivains, à incarner des raisonnements dans ses personnages, — car nous n’avons pas inventé la pièce à thèse, et pour quelques auteurs anciens, passionnés de raisonnement, il suffisait déjà de raisonner sur la scène pour y vivre, — les mérites de la vie studieuse et ceux de la vie active formaient dans YAntiope le sujet d’un débat célèbre i. On a pu le reconstituer en partie avec les citations nombreuses que les anciens en ont faites 2.
Deux frères, deux jumeaux, Zéthos et Amphion, aussi dissemblables de tempérament que de principes, défendaient tour à tour le genre de
1. Voir le Gorgias, 484 E, et dans Horace Épîtres, I, i8, v. Sg sqq.
2. Cf. H, VVeil, UAnliope Euripide, dans ses Études sur le drame antique, p. 2i3 sqq.