Philochoros, dans Suidas
3. Cette bibliothèque était célèbre. Cf. Athénée, I, p. SA. — Aristophane y fait allusion dans les Grenouilles^ v. 948 et probablement aussi v. 1409. — Euripide parle souvent de ses lectures, Alceste, v. 962 sqq.; Hippolyte, v. 45i sq., v. 953 sq.; Iphigénie, à Aulis, V. 798 sqq. ; Plisthene, fragm. 627 ; Érechthée, fragm. 869, v. 6 sq.
4. Je laisse de côté l’Antidosis que lui intenta, selon Aristote (Rhet., III, i5, i4i6 a, 28 sqq.), l’un de ses compatriotes, tout en remarquant que si cet armateur récalcitrant voulait échanger sa fortune contre celle du poète, c’est qu’apparemment Euripide en possédait une.
5. Si le bien que possédait Euripide à Salamine {Vita, 61 sqq.) lui venait de ses parents, le fait serait indiscutable. Malheureusement, bien que ce fait soit souvent admis, nous ne le savons pas d’une façon certaine.
LA. VIE ET LE CARACTERE DE l’ÉCRIVAIIN
mal d’Euripide, ce qui lui arrive souvent. Est-ce dans les médisances de la comédie que d’autres i ont trouvé qu’il était né d’un béotien, que son père était un banqueroutier, et que celui-ci fut châtié comme tel? Nous ne le savons pas, mais cette tradition n’a pas la moindre vraisemblance. Comment en effet la concilier avec les fonctions religieuses dont il est certain qu’Euripide fut plusieurs fois honoré pendant son adolescence ? Il porte le feu dans une fête d’Apollon Zostérios 2 sur un promontoire de l’Attique où s’élevait le temple du dieu, à côté de ceux d’Artémis et de Léto^. Une autre fois, il danse dans une cérémonie que l’on célèbre dans Athènes, pour honorer Apollon Délien, et le fait est attesté par une inscription que Théophraste avait vue au siècle suivante De tels témoignages sont infiniment plus probants que toutes les insinuations de la comédie. Ils prouvent, à n’en pas douter, qu’Euripide sortait de quelque famille honorable d’Athènes, sur laquelle la malignité publique n’avait aucune prise justifiée.
Sa jeunesse est fort obscure. Hésita-t-il quelque temps entre divers chemins, avant de prendre celui qui devait le mener où il est arrivé? A voir le caractère un peu mélangé de sa poésie, son esprit ondoyant, ses idées dispersées 5 et les regards qu’il a jetés de tous côtés autour de lui, on est tenté de le croire. On nous conte d’ailleurs qu’un oracle avait annoncé qu’il deviendrait célèbre et remporterait des couronnes Le père, se méprenant sur le vrai sens de la prédiction, aurait voulu faire de son fils un athlète. Euripide, un athlète! La chose est plaisante. Il est justement un des premiers qui aient blâmé (on verra plus loin 7 avec quelle verve) l’abus des exercices physiques, et reproché à ses concitoyens de vénérer presque comme des dieux les êtres brutaux qui y réussissaient 8. Mais n’y a-t-il pas dans ces attaques quelque