I. Philoclete, v. 908: où yàp aXXov olô’ orco Xéya
a. Hélène, v. 1/178 sqtj. Traduction de M. Croiset.
savent. C’est ce qui donne au vœu des jeunes captives, suivant douloureusement des yeux ce vol d’oiseaux qui s’en vont en Grèce, une justesse si inattendue et si émouvante.
Ici, la sensation se continue et se prolonge avec les vers souples de la strophe. Le plus souvent, Euripide se contente d’évoquer un aspect de la nature par un trait précis. Comme son esprit est naturellement agité, c’est au repos des champs qu’il pense, à leur quiétude.
U Le sol est duveté d'une herbe fleurie i , » remarque Polyphème qui regarde les prés de son île, et il se dit qu’il sera doux de s’y coucher pour boire à l’aise, tandis que le soleil lui chauffera les membres.
De même, si Phèdre souhaite d’apaiser à l’eau fraîche des sources l’ardeur qui la brûle, elle ajoute : « Que ne puis-je me reposer à l’ombre des peupliers sur le gazon des prairies 2 ! » et cette évocation passionnée, au milieu du trouble de sa fièvre, de ce paysage dont elle voit en imagination les lignes sereines se profiler dans le ciel calme, a déjà quelque chose de l’art des modernes.
Voici maintenant la description d’un matin, au pays grec, où les montagnes avancent leur pied jusque dans la mer. Le jour se lève. Le rossignol soupire encore sa faible plainte dans les feuilles. Les bergers poussent devant eux, au son des flûtes, leurs troupeaux dans la vallée. Les attelages de chevaux roux s’acheminent vers les labours. Les chasseurs commencent à quêter le gibier avec leurs chiens. Au loin, sur la mer, on entend crier des cygnes, et, comme la vue du poète s’élargit de plus en plus, il nous montre pour finir les barques qui doucement s’éloignent du rivage, à la rame, à la voile, sous une faible brises. Le tableau n’est-il pas parfait? Si les cygnes nous semblent déplacés, substituons-y un vol de mouettes blanches, quel artiste refuserait de le signer?
Ce matin, où se développe l’activité de l’homme à mesure que grandit la lumière, évoque à l’esprit un autre matin, plus gracieux encore, du théâtre d’Euripide. Nous sommes à Delphes. Déjà les rayons du soleil qui commencent à dorer les sommets du Parnasse ont fait fuir les étoiles au sein de la nuit sacrée. L’encens monte vers les lambris du temple d’Apollon en flexibles colonnes.