Bacchantes, V. iiGSsqq
Suppliantes, v. 990 sqq.
perdait pas le fil de ses idées et il aimait à les bien ordonner i . Il est donc permis de faire à son égard ce qu’il a presque constamment fait pour lui -même.
De quels êtres se sert-il pour eKciter notre pitié? Presque toujours d’enfants, de jeunes filles, de femmes. Il sait que leur souffrance est plus émouvante que celle de l’être viril et forts. Celui-ci est capable de supporter la douleur, d’y résister, de s’en défendre. Les autres en sont accablés. Car ce n’est pas parce qu’ils sont innocents que nous souffrons de leurs épreuves, c’est surtout parce qu’ils sont faibles. La secousse est d’autant plus forte chez le spectateur, qu’elle est plus violente chez le sujets.
Il multi'pliera donc les enfants dans ses pièces, surtout pour menacer leur vie fragile et accumuler les périls sur leurs têtes craintives. Aussi comment nous les dépeint-il? Presque toujours attachés, suspendus aux vêtements de ceux qui s’efforcent de les protéger^. Sa vision ne varie guère. Elle est toujours pleine de pitié, de grâce émue. L’oiseau se réfugie sous l’aile maternelle; Penfant, dans Euripide, se blottit dans le sein de sa mère 5. Il y cherche protection, asile, réconfort. Et ces groupes peureux, délicats et faibles sont si fréquents dans ses drames, qu’on est presque sûr de les trouver toutes les fois qu’on y rencontre des enfants.
Là, ils pourraient causer doucement sur les genoux qui les bercent. Remarquons, au contraire, car la convention est très forte dans la vie scénique, que oes enfants restent le plus souvent silencieux devant
1. Se rappeler le discours de Jason comptant, pour ainsi dire, sur ses doigts les arguments dont il se sert pour se défendre: Tupdixa... euetra... stta. {Médée, V. 547 sqq.).