‹ Euripide et ses idéesChapitre 84 sur 388 · Ouvré, ouvrage cité, p · texte numérisé non relu

Ouvré, ouvrage cité, p

4. Héraclides, v. 48 sq. Cf. Andromaque, v. hiô sqq.; Héraclès, v. 627 sqq. Cf. Hypsipylé, fragm. 766. Si la scholie des Grenouilles, v. i32o, citée par Nauck, est juste, c’était Hypsipylé qui parlait ainsi à Opheltès.

5. Alceste, v. 4o3 ; Andromaque, v. 44i, v. 5o4 sq.; Héraclides, v. 10, v. 4i sqq.; Héraclès, v. 71 sq.; Troyennes, v. 760 sq. Cf. Médée, v. 901 sq. — Le mot vsoorao; devient naturellement un synonyme de Tiatç (Héraclès, v. 982). Il est vrai qu’Eschyle (Choéphores, v. 256) avait déjà employé la même expression.

nousi. Serait-ce que la tragédie n’est pas faile pour leur langage naïf, répanchement de leurs caresses, l’expression de leurs frayeurs? Mais un passage connu des Choéphores prouve qu’il n’en est rien. Si la vieille Gylissa rappelant les soins qu’elle donnait à son nourrisson est attendrissante, c’est à cause du ton humble et si prenant de sa plaintes. Donc, les enfants auraient pu parler comme elle, et nous émouvoir. Ils ne le font jamais.

Euripide, qui connaît dans tout son détail l’art d’attendrir, sait que leur langage pourrait nous toucher, puisqu’il prend soin de nous faire remarquer leur silence, s’il a quelque chose d’émouvant. Ainsi, les jeunes fils de Médée écoutent, sans dire un mot, un dialogue où de vieux serviteurs racontent comment leur père les abandonne. A une interrogation directe de leur nourrice: ((Enfants, entendez-vous comme Jason se conduit envers vous?» ils tournent vers elle, sans mot dire, de grands yeux incertains, pleins de larmes. La nourrice cherche à dissiper leur muette inquiétude : ((Allez, rentrez, dit -elle d’une voix affectueuse, tout s’arrangera 3. » Elle a pitié de leur faiblesse, et pour leur épargner des angoisses inutiles, elle feint une assurance qu’elle n’a guère.

Au moment où ils sont tués, nous entendons leur voix pour la première fois^ mais leurs cris, ils ne les poussent que derrière le théâtre : la règle est connue. Ces cris, disons -le en passant, annoncent déjà les horreurs brutales de nos drames populaires, et nous sommes forcés d’admettre que la tragédie d’Athènes ne dédaignait pas toujours les émotions qui font du mal aux nerfs.

Mais Agamemnon, Égisthe étaient morts autrefois comme ces enfants. Chaque coup reçu leur avait arraché une plainte. On suivait en imagination la scène atroce, comme si elle se fût passée en plein théâtre .

La même chose eut lieu quand des enfants périrent : ils furent tués

1. Jamais Sophocle, on le sait, n^’a fait parler un enfant. Eurysacès dans V Ajax n’a pas d’autre importance qu’Oreste dans V Iphigénie àAulis: ce sont deux nourrissons portés sur les bras, deux infantes.

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