Alceste, v. iii
2. Comparez la scène de reconnaissance entre^ Ménélas et Hélène, où le mari commence par tourner le dos à sa femme, Hélene^ v. 689 sqq. Voir le chapitre VH, § i.
3. Euripide, dans cette tragédie particulière, ne disposait, croit-on, que de deux acteurs : l’un jouant dans cette scène le rôle d’Héraclès, l’autre celui d’Admète, il en résultait qu’Alceste était figurée par un comparse. — Mais combien dans le drame satyrique, dont V Alceste tient lieu, employait-on d’acteurs ? Deux a dit Bernhardy. {Griech. Lût., H, 2'partie, p. ikS.) Le chiffre a été contesté par A. Müller (Lehrbiich d. griech. Bühnenalt., p. 173) et par M. Croiset (Hist. de la Lût. gr., 111, p. 4 10, et Revue Crituiue, 1897, vol. XLlll, p. i65 sqq., article sur Haigh). Et, en effet, dans le Cyclope, V. 197 sqq., la présence simultanée de Silène, de Polyphénie et d’Ulysse prouve que ce chiffre de deux était quelquefois dépassé.
4. Alceste, v. ii43 sqq. — N’oublions pas qu’Eschyle, dans les moments pathétiques, laissait souvent ses héros silencieux. Ou le voit bien dans le Proinéthée. Mais
io6
qui revient du séjour des ombres, reste entourée d’une sorte de mystère. Gela lui donne un air un peu lointain qui, sans la rendre moins touchante, la dispense de nous exprimer ce que nous pouvons attendre d’elle. Son silence ne durera pas longtemps : après un sacrifice purificatoire, il prendra fin. Mais nous n’entendrons jamais ce que se diront Alceste et Admète. Les Grecs étaient des gens adroits.
ce silence pouvait paraître trop commode à certaines gens. Cf. Grenouilles, v. 91 1 sqq. [I y a donc peut-être ici un souvenir de cet art déjà un peu vieilli en 4^8. Euripide conserve cet art, mais il l’accommode, puisqu’il donne une raison du silence de son personnage, ce qu’Eschyle ne faisait pas.