IS
10°E.Gp. 15° 20°
FiG. 32. — Mouvements de la population en Allemagne, exprimés par la difïérence positive ou négative entre l'accroissement naturel et l'accroissement réel (immigration, bilan positif ; émigration, bilan négatif).
Bilan positif : 1, Fort ; 2, Faible ; 3, A peu près nul. — Bilan négatif : 4, Faible ; 5, Fort. — Échelle, 1 : 16 500 000.
Géogbapbie universelle. — Europe centrale, L
l'allemagne.
La poussée urbaine. — Peu de pays en Europe ont manifesté une urbanisation aussi rapide que l'Allemagne. Le nombre des villes de plus de 100 000 habitants n'y atteignait pas dix en 1870 ; il s'élevait en 1900 à quarante, dont huit dépassaient 300 000 âmes; on en comptait quarante-cinq en 1925, dont quinze atteignaient 300 000 et sept plus de 500 000. Pour comprendre cette poussée urbaine, il ne suffît pas d'invoquer l'intensité croissante de l'activité industrielle et commerciale ; il faut songer aussi à des traditions spéciales. Tradition coloniale d'abord, dont les Romains ont les premiers donné l'exemple en fondant des villes près de la frontière rhénane. Les Allemands, devenus les représentants de la civilisation, ont appliqué la même politique dans les pays peu à peu reconquis sur les Slaves. Il y a aussi une tradition princière des temps modernes, où l'Allemagne était divisée en nombreux États et où chaque souverain voulait avoir sa capitale, parée de façon à lui faire honneur. Enfm la tradition impériale s'est imposée depuis la formation du Reich sous l'hégémonie de la Prusse, avec son esprit d'organisation, son orgueil national et ce goût pour la grandeur où entre un peu de réclame. On ne saurait s'expliquer autrement le très grand nombre des villes réellement vivantes, qui continuent à exercer une attraction, l'aspect monumental, le plan aéré de capitales provinciales qui ont été des capitales d'État, enfm le cachet de force et de grandeur quelque peu provocante des cités même de dimensions moyennes, si différentes des villes anglaises, françaises ou italiennes où l'histoire, l'art et la richesse apparaissent sans s'étaler.
L'attrait de la vie urbaine sur les masses rurales n'est pas près de faiblir en Allemagne. Il y a là un principe de puissance économique sans doute, mais peut-être aussi un point faible. Les foyers urbains consument les énergies, la natalité y baisse de plus en plus jusqu'à des taux rarement atteints ailleurs. Plus leur flamme monte, plus le péril menace l'ensemble du peuple allemand, un des plus sains, des plus homogènes, des plus laborieux et des plus productifs de toute l'Europe.
Ouvrages généraux sur l'Allemagne. — A. Penck, Deulschland (Coll. Kirchhoff, t. I, Leipzig, 1887), est encore la vue d'ensemble la plus remarquable, surtout pour la géographie physique.- — G.Braun, Deulschland, 1 vol. et Atlas, Berlin, 1914 (2« éd., en 3 vol., achevée en 1929), est au courant des derniers travaux de géographie physique et décrit particulièrement le développement des villes. — N. Krebs, Landeskunde von Deutschland, 3 parties, dont Sûddeulschland était le seul paru en 1923, simple, clair, précis dans la description des petites régions. — On peut encore recommander la lecture du petit livre de Ratzel, Deutschland. Einfûhrung in die Heimatkunde, Leipzig, 1898, — et les pages consacrées à l'Allemagne dans Partsch, Mitteleuropa, Die Lànder und Vôlker von den Westalpen und dem Balkan bis an den Kanal und das Kurische Haff, Gotha, 1904.
Cartes d'Allemagne. — Les différents États ont gardé leurs services topographiques spéciaux (Bavière, Wurtemberg, Bade, Saxe, Prusse), publiant des cartes à 1 : 50 000 et à 1 : 25 000. — Pour toute l'Allemagne, il existe la Karte des Deutschen Reichs, 1 : 100 000, relief en hachures, édition ordinaire en noir, édition avec eaux en bleu et parfois relief en bistre. — On 'a publié un atlas d'extraits de feuilles entières avec texte explicatif : W. Behrmann, 40 Blaetter der Karte des Deutschen Reichs, 1: 100 000, Erlduterungen (Berhn, 1921).
Pour la lecture de cet ouvrage, on conseille vivement l'usage des cartes topographiques et géologiques à 1 : 500 000, publiées en atlas par une maison privée (Perthes, Gotha) : Vogel, Karte des Deutschen Reichs, 27 feuilles, et Lepsius, Geologische Karte des Deutschen Reichs, 27 feuilles. La maison Perthes a également publié des cartes murales à grande échelle, de différentes régions de l'Allemagne, qui sont remarquables.
PÉRIODIQUES SPÉCIALEMENT CONSACRÉS A l' ALLEMAGNE. — ■ Les revues géographiques allemandes sont naturellement une source particulièrement indiquée d'études régionales ou générales. Signalons spécialement : Petermanns Geographische Mitteilungen, de Perthes, Gotha, — Zeitschrift der Gesell-
l'état et le peuple.
schaft fur Erdkunde zu Berlin; — Geographische Zeitschrifl, de Hettner. — Une Commission publie une série de mémoires géographiques qui sont souvent des études régionales très poussées : Forschunqcn ZUT Deutschen Landes- und Volkskunde. — ■ Les thèses de doctorat des diverses universités (parfois publiées dans les Forschiingen) seront citées sous le titre Dissertation.
Le peuple allemand. — Pour les questions démographiques, voir Siatisiisches Jahrbuch, Berlin <annuel), et les Recensements.
Pour les questions anthropologiques et ethnographiques, voir, outre les ouvrages cités dans la bibliographie du chap. VIII de la partie (Gradmann, Eckert, Meitzen) : R. Martiny, Die Grundrissgestaltung der deutschen Siedelungen {Petermanns Mitteil., Ergànzungsheft 197, 1928).
RENSEIGNEMENTS STATISTIQUES États et provinces de l'Allemagne (Deutsches reich) en 1925