LES CONFINS BAVAROIS : BOHMERWALD ET HAUT-PALATINAT
Du côté du Sud-Ouest, la Bavière partage avec la Bohême le plus épais des bourrelets montagneux qui accidentent les bords du vieux massif hercynien, solitude forestière qui mérite encore son nom de Bôhmerwald.
Il faut distinguer pourtant entre la partie Sud, plus élevée, où les faîtes dépassent 1 400 mètres, et la partie Nord, où ils atteignent rarement 1 000 mètres. La trouée de Cham, porte d'entrée naturelle de la Bohême, gardée par la vieille ville de Furth, marque nettement la séparation. Au Sud, c'est le Bôhmerwald proprement dit, sombre bloc de gneiss et de granité, vêtu d'un manteau continu de sapinaies. Au Nord, c'est le Haut-Palatinat (Oberpfalz), où le socle cristallin disparaît encore sous la couverture secondaire, avec des paysages plus variés et de petits foyers de concentration humaine.
Bôhmerwald et Bayrischerwald. — Le Bôhmerwald paraît un bourrelet dissymétrique tournant son bord abrupt vers le plateau subalpin bavarois (fig. 57, A). Le tracé du réseau hydrographique indique l'inclinaison régulière du socle cristallin vers la Bohême intérieure ; de l'autre côté, il semble trahir des dislocations orientées du Nord-Ouest au Sud-Est. La Bavière est cantonnée sur le versant abrupt et disloqué. Depuis longtemps, les géologues ont reconnu la cicatrice d'une cassure ancienne étonnamment rectiligne : c'est la fameuse Pfahl, que la carte indique sur 100 kilomètres et qu'on suit sur le terrain, jalonnée par un filon de quartz où s'encaissent les cours d'eau, jusqu'à la grande faille du Haut-Palatinat. Dans la confusion des croupes arrondies qui forment les hau-
LES CONFINS DU MASSIF BOHÉMIEN
teurs et du chevelu des petites vallées- qui s'y insinuent, on distingue deux alignements parallèles de faîtes culminants, qui semblent représenter le bord de deux blocs basculés vers le Nord-Est. Le plus haut forme la frontière depuis le Dreisessel (1 312 mètres) jusqu'à l'Ossa (1 293 m.) et au col de Furth. L'autre, qui dépasse rarement 1 000 mètres, est le Bayrischerwald, dont les sombres croupes dominent le Danube drpuis Straubing jusqu'à Passau. Sur les hauteurs, on retrouve partout le cachet des vieilles surfaces granitiques, avec leurs arènes épaisses, gorgées d'eau dans les larges vallonnements où la forêt cède la place