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CHAPITRE XVIII

LA GRANDE PLAINE DU NORD

La monotonie de la grande plaine du Nord n'a pas découragé les géographes allemands. La tristesse de ses horizons, si sensible au Méditerranéen et même au Rhénan du Sud, ne compte plus à côté des mirages du passé, qui font voir ici le berceau de la race germanique, et des réalités du présent, qui y montrent, avec la Prusse, le point de départ de l'unité politique, avec les ports de Hambourg et Brème, le signe de la puissance économique rayonnant au delà des océans. Les géologues ont minutieusement étudié chaque ride de moraine, multiplié les sondages et analysé les sols superficiels ; les monographies géographiques ont révélé des contrastes que ne permettent pas de soupçonner l'examen de la carte ou le voyage en chemin de fer.

Nous avons déjà noté (chap. V) ceux qui s'imposent en considérant l'ensemble des basses terres du Nord de l'Europe centrale : au Nord et surtout au bord de la Baltique, les terres mal égouttées, encore criblées de lacs, gardent l'empreinte de la dernière glaciation ; au Sud, la zone restée libre de glaces lors de la dernière poussée de l'inlandsis Scandinave, où l'érosion normale a effacé les anomalies de l'hydrographie et du modelé. A l'Ouest, la plaine est réduite par l'avancée des plis subhercyniens à une étroite bande de terres basses et humides bordant la mer du Nord. A l'Est, elle s'étale de plus en plus et se différencie, en même temps que se modifie le climat, de plus en plus continental et de plus en plus sévère. Dans le partage avec la Pologne reconstituée, l'Allemagne a gardé la plus grande partie de la zone méridionale, qui touche aux massifs hercyniens, et les sols les plus fertiles. De la zone à empreinte glaciaire, elle possède toutes les parties océaniques, et, si la moitié de la région baltique lui échappe, elle en connaît tous les aspects, même ceux, si lointains, de la Prusse Orientale, avec le dédale des lacs masures perdus dans les pinèdes infinies.

Dans la description de la plaine allemande, on peut grouper à part les régions à l'Ouest de l'Elbe, qui ont échappé à la dernière glaciation, mais qui sont restées des terres basses mal drainées ; on doit distinguer ensuite les croupes baltiques, du Mecklembourg à la Prusse Orientale, et la zone des grandes vallées, où l'Allemagne n'a gardé que le Brandebourg ; quant à la zone restée en dehors de la dernière glaciation, elle a été déjà décrite comme zone subhercynienne avec les confins du Massif Bohémien en Saxe et en Silésie (chap. NVI).

LA GRANDE PLAINE DU NORD

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