CHAPITRE PREMIER
EMPIRE DE RUSSIE l'état ASIATICO-EUROPÉEN DE l'EST ET DU NORD
Sommaire. — Superficie de la Russie d'Europe (5390 000 ki!. carr.) : possessions russes en Asie (16 87GUOO kil. carr.).
FoRM,\TiON DU SOI,: un massif granitique, la Finlande; une chaîne primitive, rOural, et quelques fragments analogues au sud de l'Ukraine. Les sédiments de la plaine russe {permien, carbonifère, jurassique et crétacé) sont recouverts de dépôts glaciaires peu fertiles au nord, et au contraire d'un terreau très riche au centre, le tchernoziom (.terre noire).
RiîLiEF. — La Russie est le type des pays de plaines; les systèmes de montagnes lui sont extérieurs : le Caucase, contemporain des Alpes, les dépasse en altitude [Elbrouz, 5 G46 m., Kasbek, ô04ô m.). Principal passage : passe de Dariel (2 430 m.). Le Caucase est remarquable par ses roches éruptives et par les gisements de pétrole de la presqu'île d'Apchéron. — La Crimée est dominée au sud par le Tchalir Dagli (i ôGO m.;.
Monts Ourals : longueur "2.500 kilomètres. Point culminant, dans TOural septentrional, le Tell Pœss (IGoG m.). Dans l'Oural central les passages s'abaissent à 360 mètres entre Perm et lékatérinbourg.
Le plateau granitique de Finlande, au sol imperméable, couvert de moraines glaciaires, s'élève de 150 à 300 mètres.
La plaine russe présente quelques inégalités: 1" Russie centrale : plateau de Valdaï (300 m.). 2° Les monts Timan.
30 Plateau bordé par la Volga de Nijni-Nowgorod à Tsaritsin. 40 Terrasses de la Volhynie et de l'Ukraine aux rebords granitiques. 0° Plateau de Sandomirz en Pologne.
La région la plus basse est la dépression qui s'étend entre la mer d'Azov et la Caspienne ( — 27 m.).
€limat essentiellement continental. Hirers rigoureux et longs, étés chauds. L'écart des températures augmente de l'ouest à lest: Saint-Pétersbourg, — 9" en janvier, -|- 18» en juillet; Moscou, — 11» en janvier, -h 19» en juillet; Odessa, — 3° en janvier, -f- 22» eu juillet; températures extrêmes à Astrakhan, — 30» en janvier et -f 40» en juillet.
Pluies : 40 à 60 centimètres par an : quatre-vingts à quatre-vingt-dix jours
00 DESCRIPTION PÂRTICULlfclKK DES ÉTATS ËUHOPEENS.
(laas la région de Moscou. — Sécheresses prolongées dans les steppes des bords de la Caspienne : l.'> centimètres de pluies annuelles. — Saison pluvieuse: Russie centrale, l'été; Russie méridionale, l'hiver.
Fleuves et lacs. — La Russie a les fleuves et les lacs les plus grands de l'Europe. — Centre des sources : le plateau boisé de Valdaï, où naissent la Volga, le Dniepr et la Duua.
La Volga (3 800 kil. de cours), passe à Tver, Jaroslavl, Kosfroma, Nijni- Novgorod, Kazan, et se jette dans la Casjiienne par un vaste delta (Astrakhan). Principaux affluents : adroite, \'Oka (1800 kil.), reçoit La Moskva, la rivière de Moscou; à gauche, la Kama (1400 kil.), draine le gouvernement de Perm.
Torrents du Caucase : le Terek et la Koura vont à la Caspienne, le Rion et le Kouban à la mer Noire.
Le Don (2 150 kil.) draine la Russie méridionale et arrive à la mer d'Azov à travers des rapides, ajirès avoir reçu le Manytch et le Donef.z.
Le Dniepr (2 300 kil.) a ses sources proches de la Volga, baigne Smolensk, Moliilev, Kiev, descend à travers des rapides ou poroghi entre lû^ementchoug et lèkalèrinoslav et se jette dans la mer iNoire par un liman où se termine aussi le Boug. L'affluent du Dniepr, le Pripet, vient des marais de Pins/c.
Le Dniestr (1 500 kil.) naît en Autriche (Galicie) et traverse la Bessarabie.
Le Pruth, affluent du Danube, et la bouche dantibienne de Kilia séparent la Russie de la Roumanie.
Dans la Baltique se jettent: la Vistule (1000 kil., dont COO kil. en Russie), autrichienne par ses sources, prussienne par ses embouchures ; elle draine la Pologne (Ivangorod et Varsovie). (Principal affluent: le Boug grossi de la Narev).
Le Niémen (8.S0 kil.), fleuve de la Lithuanie, reçoit la Vilia, et se jette en territoire prussien.
La Duna (930 kil.), passe à Dunabourg et à Riga.
Vers le golfe de Finlande s'écoulent les eaux des lacs formés sur les terres imperméables des provinces bailiques (lacs Peipous et llmen), et sur le plateau granitique de Finlande, les lacs Onega et Ladoga, profonds comme la Baltique, se déversent par l'abondante Neva, fleuve de Saint- Pétersbourg.
Vers l'océan (ilacial vont les rivières des toundras: Onega, Dvina du Nord, Mezen, Petchora.
Uéginie des fleuves russes : longue congélation (cent quarante-cinq jours sur la Neva, cent cinquante-deux jours sur la Moskva); débâcle et fortes crues de printemps.
LiTTOHAL RUSSE (8 000 kil.) . — Océan Glacial, littoral accidenté, mais peu accessible. La mer Blanche a pour port Arkhangel.
Littoral ballique : golfes de Botnie, de Finlande et de Riga; îles d'OEsel, Dago, archipel d'Aland. — V.ôia finlandaises élevées et rocheuses. L'îlot fortifie de Cronstadt protège le port de Sainl-Pétersl)ourg. Ports des provinces baUi(iues : Revel, Riga, Diinamuinle, Liban.
Côtes de la mer Noire, basses à l'ouest d(; la Crimée, rocheuses au pied du Caucase. La Russie possède l'une des bouches du Danube (Kilia).
Ports de commerce : Odessa, Kherson, lialoum; port de guerre : Sébaaiopol.
La 7ner d'Azov, peu profonde, s'ouvre par le di'lroit de Kertch.
La mer Caspienne, comblée au nord par les alluvions de la Volga (port As-
trakhan), est au contraire profonde au suil (fidO à 800 m.). Bakou, dans la presqu'île d'Api'héron, est le port du pétrole.
Géographie politiqi'e. — Population : 115 millions d'habitants i20parkil. carr.), formée de S/ares (grands Russes, petits lUisscs, Russes blancs. Polonais, Ruihènes), de Finnois, d'Allemands dans les provinces baltiques, de Tartares. d'Arméniens, etc. — Religion dominante : église grecque orthodoxe.
Armée : I million d'hommes ; G2 000 marins.
Le territoire est divisé en 48 gouvernements.
Le grand-duché de Finlande est distinct de l'Empire.
Villes les plus peuplées : Sa/«/-Pe7er^/'oMr/7 (I 439 000 hab.) ; Moscou (1 173 000 hab.); Varsovie (615 000 hah.); Odessa (405 000 hab.) ; Lodz (315 000liab.); Riga (283 000 hab.) ; Kiev, Nijni-Novgorod, Kazan, Toula, Kharkov, ïiflis, Bakou.
Géogbaphie économique. — Régions naturelles :
1° Toundras glacées et marécageuses de la zone arctique.
2° Zone des forêts (polessia) : 200 raillions d'hectares (pins, bouleaux,
mélèzes). — On y cultive aussi le lin et le seigle. 3° Zone des terres noires (tchernoziom), 000 millions d'hectolitres de
céréales, dont 120 de blé. — Cultures industrielles, betterave et lin. 4" Steppes du sud et du sud-est, pays d'élevage. 5° Transcaucasie : végétation méditerranéenne; vigne, fruits, mûrier.
Élevage : 143 raillions de bêtes à cornes ; 25 millions de chevaux; 5S raillions de moutons.
C/iasse (les animaux à fourrures et des loups. — Pêche : esturgeons dans la mer d'.\zov et la Caspienne, saunuuis dans la mer Blanche.
Im)USTiue. — Mines. Les bassins hoiiillcrs ilu Donetz, de Moscou, de Pologne et de l'Oural donnent ensemble 17 millions de tonnes de charbon.
Les puits de pétrole de Bakou, Tillis et Taman donnent 8 milliards de kilogrammes .
L'Oural renferme des gisements de fer, de enivre, d'or, de platine, et de pierres précieuses. — La Finlande et la région de Moscou contiennent également des minerais de fer. — Centres métallurgiques : Perm, Toula, Moscou, Briansk.
Raffineries de sucre et distilleries d'alcool eu Pologne et à Kharkov.
Industrie textile : la filature et \e tissage du lin, du coton, de la laine, à Lodz, 'Vladimir, Jaroslavl, Kostroma, Tver, Moscou, Riazan.
Voies de communication. — La Volga est unie à la Baltique par trois systèmes de canaux. — Chemins de fer : 52 000 kilomètres.
Le commerce itttérieur, plus actif que le commerce extérieur, se fait dans de grandes foires (Nijni-Novgorod).
Commerce extérieur: 4 milliards seulement.
Empire russe en Asie. — 16 876 000 kilomètres carrés.
Sibérie : 12 millions de kilomètres carrés; 0 millions d'habitants; ressources : mines, forêts et céréales. — Villes : Irkoutslc, 51 000 habitants; Tomsk, Omsk.
Chemin de fer transsibérien : 7 800 kilomètres.
En Chine: Port-Arthur et chemins de fer à travers la MaDdehourie.
Ti'-rkes'tan russe, traversé par le Transcaspien. — Villes: Tadikend et Samarkand. — Khaus protégés : Bokhara et Khiva.
Fiff.
62 DESCRIPTION PAKTICULIÈRE DES ÉTATS ETROPÉENS.
Situation et dimensions. — L'empire russe est l'État le plus vaste qui existe dans les deux mondes. Il comprend la moitié de l'Europe (55i4 000kil. carr.), et plus du tiers de
l'Asie ; au total, il couvre le quart de l'ancien continent et le sixième des terres du globe. Ce vaste empire forme un tout continu : il s'étend sans interruption sur 172° de longitude depuis la Vistule jusqu'à l'océan Pacifique, et sur 43° de latitude, entre le 35^ degré nord et le 78^ La Russie d'Europe est dix fois plus étendue que la France, et supérieure à elle seule à la superficie de tous les autres États réunis. Mais il s'en faut que toute cette surface représente des terres utilisables. Par ses caractères physiques la grande plaine de l'Europe orientale, que les anciens appelaient la plaine sarmatique, ressemble plus à l'Asie septentrionale, à la Sibérie, qu'aux pays variés et articulés de l'Europe occidentale.
Limites. — Malgré ses dimensions énormes, la Russie n'est pas bornée par des frontières naturelles. Du côté de l'Asie, l'Oural ne constilue ni une séparation physique très nette, ni même une limite administrative. \u sud, les steppes qui couvrent le territoire, entre la Caspienne et la mer d'Azov, sont la continuation des steppes asiatiques. Le Caucase, qui domine tout l'isthme ponto-caspien. panît bien un obstacle redoutable; mais les Itusses l'ont franchi pour entamer l'empire persan à l'est, l'empire oltomau à l'ouest.
En Europe même, les frontières de la Russie ne sont j,'uère plus nettes. Elle est bai^'née au sud par la mer Noire, au nord-ouest par la Baltique, au nord par l'océan Glacial ; mais les mers fermées forment rarement des limites stables; la mer Noire fut une mer turque, la mer Baltique une mer suédoise, avant de s'ouvrir aux Moscovites ; la mer Blanche est une mer russe.
Si les limites maritimes de la Russie sont à peine fixées, ses frontières fonlinentales sont encore plus sujettes à varier. Une des bouches du Danube et un de ses aflluenls. le l'rutb, la séparent de la Roumanie; rien ne la séjtare de la l'ologne autrichienne, la Gaiicie, située à l'est des Karpates ; aucune barrière naturelle n'existe entre la Russie et la Prusse : la