LA PÉNINSULE SCANDINAVE
plus (irc()ii|H';e {[ui soiL en Iviropc. On l'évalue à 20000 kilouièlres de long'ucur. L;i pente de ses massifs se continue sous la mer par des profondeurs do iOO mètres avec des iioullVes deux fois plus profonds. Rocheux et escarpé, le littoral norvégien est entaillé par des g'olfes étroits, sinueux comme des vallées, les /^orf/.ç ;. extérieurement il est Manqué d'iles, d'ilols et d'archipels qui forment comme une ceinture protectrice et abritent la navigation contre la houle et les ouragans de l'Atlantique.
En somme on peut dire que la Norvège n'est qu'une long'ue côte extraordinairement découpée. Il n'est presque pas de villages norvég-iens qui ne soient baignés par la mer ou par l'eau d'un fjord.
Los fjords sont en (iiic^iiie sorte des sillons creusés profondémcnl clans Limasse des plateaux Scandinaves; ils sont dus, comme les lacs allongi's des hautes vallées de la Laponie, à l'action des glaciers. Leurs rives sont parallèles et les angles et les courbes de l'une reiiroduiscnl toujours les contours de l'autre Les parois du fjord sont tantôt abruptes connue les parois d une goriic, tantôt inclinées comme les pentes d'une vallée.
Quekpjefois le fjord est bordé de rives plates et de terrasses eorrespoudanl à d'anciens niveaux lacustres. C'est sur ces terrasses et ces pi'airies que s'est portée la culture et que se sont fondées les quelques villes norvégiennes. En général la soude plonge plus profondément à rextrémitc intérieure d'un fjord qu'à sou outrée, oii une sorte de seuil (dernier vestige des moraines glaciaires) s'élève sous les Ilots comme une digue sous-marine et mainlient le calme des eaux intérieures.
Les fjords les plus remarquables de la côte sont, à l'est du cap Nord : le Varanfjer fjord et le Poi'scuKjcr fjord ; sur la mer du Nord, le Trondhjem fjord, et priiici[)alement le So- (jne fjord qui pénètre jusqu'à 150 kilomètres dans l'intérieur, et le Ilavdanricr fjord.
Au sud la Norvège se termine sur la mer du Nord par le promontoire du cap Lindesnaes et se creuse d'une entaille profonde, le fjord de h'risfiania, au fond du Skag-erak.
Enveloppée de brouillards, assaillie par les tempêtes du large, la côte norvégienne est avec le littoral écossais la plus rude écolo des matelots. Si les îles, au nombre de plus de 1 2(i(i, (pii la bordent, protègent le
Fig. 15. — Sogne fjord.
cabdla^rc et k's porls do pêche tels que Berçen, elles coiiii(li(iueiit siugiilièrpnieiit le jeu îles marées et des vents. Dans le Vest fjord dessiné par la liante barrière des îles Lofofeii, le navire passe alternativement d'une zone abritée et calme comme un lac dans des cbenauv battus ]iar les lafales et où le tint se précipite en tour-bilions rnpides comme le sinistre Mdcl
Les côtes suédoises sont moins découpées et moins élevées que le littoral norvégien; cependant elles sont encore en majeure partie bordées de falaises. Les régions les plus articulées sont : 1° la Gothie, voisine des détroits que surveillent les ports de (loteboi^g sur le Kattcçfat, Hehinijhor(j et Malmi) sur le Sund\ cette péninsule se termine au sud par le cap Falsterbo; 2° les abords de S/oek/iol/n, cité a la fois maritime et lacustre, débouché de tout le l'ésoau lacustre de la Suède méridionale ; au large une mullilude d'îlots signale les parages de Stockholm.
Deux grandes îles enrichissent la Suède : dotland au centre de la Baltique et la longue île àDland en face de Calmar.
(Les Suédois ne possèdent ni rarchi|»el d'Aland qui fait partie de Teinpii'e russe, ni Bornholm qui est resté au Danemaiic).
Le littoral du g'olfe de Botnie est g-raducllement exhaussé par un mouvement séculaire, tandis que loxlrémilé méridionale de la péninsule (MaluKi) s'all'aisse lentement, de même que les îles danoises.
Climat. — Sous la même latitude que le glacial Groenland, la Norvèg'e jouit d'utie température i-elativement douce, grâce à deux influences i)i'édominanles :
1" L'iniluence du Gulf-Stream qui vient ])ar ses eaux chaudes garantir le liltoial norvégien des courants froids du i)ôle ; 2" reflet des vents du sud-ouest et du sud, qui répandent sur le pays la tiédeur de l'atmosphère maritime.
Sur le versant oriental des massifs Scandinaves, le climat est au contraire continental et extrême ; riniluence des vents chauds ne s'y fait jtoint sentir et les écarts de la température y sont de j)lus en plus cousiilérables : ainsi, tandis que sur la côte norvégienne la v;u inlimi entre les divers mois est de 12 à 13", à Ha|)aranda, au luiid du i^dlfe de Botnie, elle est de 32°. On peut dire (pie le rlim.il cl la natiu'e de la Norvège i-apprilml riv'ussc, aloi's (pie la Suèdu
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et particulièrement la Laponie subissent des écarts de température qui annoncent déjà le climat continental de la Russie.
D'ailkiirs la portion de la pc'iiiiisiilc scarnlinave soumise au climal coiitinental est beaucoup plus élendue que la zone maritime; celle-ci, en effet, est limilée au littoral. A quelques kilomètres île distance on peut voir le plus violent contraste entre l'atmosphère tiède et brumeuse qui enveloppe les villages de pêcheurs baignés par les fjords et les névés ou cliamps de neige qui couvrent, toute l'année, les massifs Scandinaves.
Enfin, même sur le littoral, si l'hiver n'est pas très rigoureux, il est très long; les chaleurs de l'été se font à peine sentir.
La liunière aussi est distribuée autrement que dans les régions méridionales de l'Europe. L'hiver, les nuits sont plus longues : au nord, elles se continuent sans interruption pendant plusieurs semaines; en été, au contraire, le soleil ne se couche pas: il semble tourner au-dessus de l'horizon. C'est ce phénomène que l'on dési^ ne sous le nom de « soleil de minuit ».
Pluies. — La Norvèg'c, bien exposée aux vents humides du sud-ouest, est ari^osée de pluies et de neiges abondantes; cette influence de l'Océan se fait sentir surtout en Norvège et dans la Suède méridionale; dans la province de Bergen, la plus avancée vers l'Atlantique, il tombe en moyenne près de 2 mètres de pluie par an. Dans les îles, et principalement aux Lofoten, il pleut un jour sur deux. Au contraire, la plaine littorale du golfe de Botnie en Suède et les pentes orientales du plateau sont peu ari^osées : 52 centimètres par an.
Fleuves et lacs. — Les lacs sont nombreux en Scandinavie : ils couvrent un treizième du territoire (57 800 kilomètres carrés). Leur formation s'explique par la nature imperméable du sol, la disposition du relief en terrasses et la présence de nombreuses moraines f/laciaires.
Les plus considérables sont ceux de la Suède, le Ve?ieni^ le Vettern, le Hjebnare.n et le Mœlaren, qui s'étendent en chapelet entre le Kattégat et la Baltique. Les deux premiei^s sont beaucoup plus profonds que les mers environnantes, bien que le niveau des eaux du Vettern soit supérieur à celui de la Baltique de 44 mèti^es. (Juant au lac Mœlaren, il communique par un goulet étroit avec la mer, à Stockholm.
110 DESCRIl'TION PARTICULIÈRE DES ÉTATS EUROPÉENS.
Il y a encore en Suède 35 lacs dont la superficie dépasse 100 kilomètres carrés. Les plus remarquables sont ceux du nord de la péninsule : ils sont étroits, allongés, enfermés dans des fissures, où souvent plusieurs étendues lacustres se succèdent à intervalles ; la direction de tous ces lacs est perpendiculaire à l'axe de la péninsule. En Norvège, les lacs sont moins nombreux, mais remarquables par leur profondeur : dans le lac MJiJseii la sonde est descendue à i50 mètres.
Les cours d'eau sont abondants; mais l'espace manque aux rivières pour atteindre un développement considérable ; à l'ouest les torrents se précipitent des hauteurs de la montagne, descendent à !a mer par une série de g-radins formant des rapides et des cascades. Parfois le fleuve se réduit à une chute entre un névé ei un fjord.
En Suède et dans la partie méridionale de la Norvège les vallées sont plus longues, mais leur pente n'est pas régulière ; elles descendent de terrasse en terrasse et d'un lac dans un autre.
Dans le Nord pr-incipalement. les vallées ont été tracées par les g-laciers en sillons parallèles dirig-és du nord-ouest au sud-est. Telles sont la Toniéa., la Lulcn., la Pitca, VUincd et VAnrjcniian.
Le Dal-elf., formé de deux bi-as, traverse dans son cours inférieur la ]tlaine de l'Upland, mais franchit une cascade, avant d'atteindre le golie de Botnie. Les fleuves les ]»lus importants de la péninsule coulent dans la partie centrale, la plus large : tel est le (Hoïnmcn qui naît au nord-ouest du Dovre fjeld et coule du nord au sud, à travers la Norvèg-e; il forme un delta avant d'arriver à la mer au fond du SkageiaU. De nu" me le Gœ;n-elf\ l'émissaire du g-rand lac Venern. Seul pai-mi les fleuves Scandinaves, il recueille à la fois les eaux de la plaine et de la montagne. Il forme les chutes connues de Trollhfitlan.
Les lacs jouoiil parfaitiMiiciil pu Sraii.linavio leur n'ilc de ré^'ulaloiirs; l'ahondaiirc des pluies, la foiilp des iioiircs ne fout poiiil déhorder les lleuvcs Scandinaves : leurs eaux s'étaient seuleiueiil dans les vasipies la'-usties dont elles font monter le niviau, el rindiislrie humaine, uTàce â des iiarrajres rlonl l'amr'uafremenl esl faeiliio par l'élrauirlement des vallées, rèirle à sou {,Té le ré;.'ime des fleuves.
Les eours d'eau si'andinaves, sauf à 1 uis endinucluires, ne sont pnint naviiîaljles; ils ont tro[» de gradius à desceudre, ils rormeul de trop nom-
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l»r?uses cluiles cl cascades. Us créent néanmoins une force motrice considérable que les S -andinaves savent utiliser.