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II. — GÉOfiHAPHIE POLITIOLE

Historique. — Les premiers habitants de la péninsule paraissent avoir été des Finnois et des Lapons; les Scandinnifps et les Gotlts la colonisèrent ensuite. D'ailleurs on sait mal l'histoire primitive de ces populations qui se révélèrent d'abord à l'Europe occidentale par leurs incursions de pirates, dès le ix«^ siècle.

C'est au xiii" siècle, qu'après la fondation de Stockholm une monanliie suédoise se forma^ comprenaiU aussi la Finlande, de l'autre coté du golfe de liotnie Au xive et au x\'^ siècle, ce royaume passa sous la direction de prinees danois en vertu de l'union de Calmar (rJ'.'T).

Mais au xvi^ siècle, après la conversion du pays au luthéranisme, une révolte nationale, dirigée par Gustave Wasa, alTrancliit les Suétiois. On sait la grandeur de la Suède sous Gustave-Adolphe, pendant la guerre deïreule Ans: c'était alors la puissance dominante de la Baltique; elle avait en .\llemagne des possessions fort étendues. Les progrès de l'Électorat de Brandebourg, devenu bientôt royaume de Prusse, la dépossédèrent successivement, au xv[i<> et au xviii<= siècle, de ses provinces allemandes: au xv)!!"^ siècle, les progrés de la Russie sous Pierre le Grand amenèrent aussi l'expulsion des Suédois des côtes orientales de la Baltique.

Au xix« siècle, la Russie leur enlève toute la Finlande, déjà entamée pendaut les guerres du siècle précédent. Les traités de 18ir> unirent à la Suède la Norvège enlevée au roi de Danemark et fixèrent la limite du côté de l'empire russe à la Tornéa.

Les Scandinaves, si célèbres au moyen âge par leur hardiesse, ces Normands (jui parcoururent tout l'Atlantique jusf[u'au Groenland et jusqu'en Amérique, sont pourtant aujourd'hui le seul peuple européen qui ne possède pas de colonies.

Populatioii. — Les habilanls de la péTiinsule Scandinave apparlienncnl presque tous à la race germanique. Au nord et au nord-ouest vivent très clairsemés les Finnois et \c'6 Lapons. La religion dominante est le protestantisiTie luthérien.

La population de la péninsule, plus que doublée au cours du xix" siècle, est de 7451000 habitants qui se répartissent inégalement entre la Suède et la Norvège.

En Suède, 5198000 h. (dont GOOO Lapons); densité de la population, 11 habitants par kilomètre caiTé; Norvèg-e, ■J253 0U0 h., dont 14000 Lapons, 7 habitants par kilomètre carré. La partie la plus peuplée de la péninsule est le district méridional do MalmT».

\^' émigration, traditionnelle dans ces pays maritimes et où le sol ne suffit pas à nourrir les habitants, éloig-ne chaque année 30 à 36000 individus, sans compter l'absence tempo-

raire, mais souvent prolongée, des nombreux marins norvég-iens.

Organisation politique. — L'union de la Suède [Sverige] et de la Norvèg'e [Norge) ne tenait qu'à la personne du roi. En 1005, les deux États se sont complètement séparés: chacun a son roi. La Suède a deux Chambres, le Volkslhing élu par le suffrage universel, et le Lanchtlihig, recruté parmi les membres des conseils provinciaux. La Norvège a une Chambre, le Stortliing, qui élit elle-même et parmi ses membres une Chambre haute.

Le budget des dépenses est de 242 millions pour la Suède, 142 millions pour la Norvège. L'armée permanente (■om[)te 30 000 Suédois et 20000 Norvégiens; en temps de guerre reffectif peut sélever à plus de 300000 hommes. La marine comprend environ lôO navires, dont 30 cuirassés.

La Suède comprend 2'i circonscriptions administratives ou préfectures, réparties en trois grands gouvernements : i° \e, Noiv'land (pays du Nord); 2° la Suède proprement dite [Sverige], c'est-à-dire les pays de plaines et de lacs entre la Baltique et le Katteg-at; 8" la Gotliie occupe le massif du Sud et les plaines qui terminent la Suède et bordent le Sund.

La Norvège est divisée en 17 bailliages et 0 diocèses ou stifters : au nord le Tronisit, rég"ion finnoise et laponaise ; puis successivement du nord au sud, les diocèses de Trondlijeni, Hamar, Bergen, Krisfianin et h'ristiansajid.

Villes. — La population Scandinave est moins agglomérée dans des centres ui'bains que répartie en bourgades au milieu des campagnes ou sui' l(!s bords do la mer. Les granrles villes sont rares : en Suède six seulement dépassent 20000 habitants.

La capitale, Slorkliolm (337 000 habitants), est construite sur des îlots au point où le lac Alœlaren communiciue avec la mer. La ville a de ce fait quoique ressemblance avec Venise. Mais Stockholm est aujourd hui autrement vivante que la ville des lag-unes adriatiques. Centre du mouvement intellectuel avec de belles bibliothèques et de splendides musées, la capitale suédoise est en même tenq)suneg'rande ville industrielle. Elle est loin pourtant d'égaler Copenhague comme inqjortance commciciule. Stockholm fuit face à Saint-Pétersbourg-,

LA PÉNliNSULli SCANDINAVE.

Gntehorg (ICO 000 hab.) est ensuite la ville la plus importante. Elle est située à rembouchure du Gœta-elf. Maimo (80000 hab.) et Ilehingbory (32 000 hab.) sont les ports suédois du Sund. ['psa/a (25 000 hab.) garde le prestig-e de son Université.

La capitale de la Norvège, Kristiania {22S000 habitants), située au fond d'un fjoid dont l'entrée est facile à défendre, est la deu.xièmc ville de la péninsule.

Bergen (72000 h.) a longtemps été la ville la plus prospère du royaume norvégien; elle est encore un grand port de pèche et de commerce. C'est la cilé la plus pluvieuse de la péninsule. Trondhjem a 38 000 habitants, Slavaiiger 31 000.

Le so! et le

m. — GÉOOliAPlIlE KCOXO-MIOtK.

La; jiroductions végétales et agricoles. climat de la Scandinavie sont peu favorables ù la Nopvtct

culture. La partie septen- ^"p"' .,;'"j£~| trionale de la Suède, le Norrland, ne renferme guère que des forêts d'ifs, de sapins, de pins, d'aulnes et, dans l'extrême Nord, de bouleaux. A Haparanda, le seigle a besoin de quatorze mois pour mùiir, la végétation étant suspendue une g-rande partie de l'année par le froid et l'absence de lumière.

En Norvège, malgré un climat plus doux, le sol plus montagneux, les massifs couverts de névés laissent moins de place encore à Fig. to la culture et même à l'élevage, • . ^ ,

La figure ci-jointe donne la proportion des terres absolument incultes et improductives : 43 pour 100 du territoire enSuède,75pourlOOen Norvège; des forêts : 4o pour 100 en

Réparlilion des terres cultivées en Suède et ca Norvège.

Suède, '22 pour 100 en Norvège ; des prairies et terres (uiltivées : 12 pour 10») en iSuède, 2 pour 100 seulement en Norvège; les terres à céréales dans ce dernier pays ne représentent pas même le centième du territoire.

Les forêts, qui couvrent un si grand espace en Suède et Norvège, fournissent à la marine les mâts et les carènes des grands voiliers, ainsi que le goudron pour le calfatage, et elles assurent au commerce Scandinave un de ses principaux articles d'échang-es. On estime que la Suède-Norvège vend chaque année des bois pour une somme de j^lus de 200 millions de francs.

Los céréales ne représentent pas tout à fait une valeur de 40 millions d'hectolitres. Le blé n'est récolté que dans les régions méridionales de la Suède (Golhie et Scanie) ; les autres provinces cultivent le sarrasin et le seigle et surtout la pomme de terre.

Lu Suède est assez riclie en gros bétail (3 500 000 bêtes à cornes, 1000000 en Norvège; 500000 chevaux, 1370000 moutons; 1690000 en Norvège). Celle-ci nourrit également dans ses montagues 3"20(iOO ciièvres. Enlin le Norriand et la Laponie ont pour bête de sonnue le renne (4000uO).

La pêche. — La pêche est une industrie nationale de la Suède et surtout de la Norvège. Plus de 80000 personnes en vivent dans les districts maritimes de la Norvège, si mei^vcilleusement articulée, et sur la côte suédoise, vers Gœteborg' et le Halland. On estime que la valeur des produits de la pêche maritime du littoral de la seule Norvège est voisine de 35 millions de francs.

Les mers qui baignent la côte norvégienne doivent à leurs conditions de température et de profondeur une grande richesse de vie animale. Les eaux suédoises de la Baltique, beaucoup moins tièdes et moins jn-ofondes, olfrent moins de ressources aux pêche^n-s.

La pêche de la tnorue et du hari'iitj occupe chaque année dans les parages des Lofoten 8000 bateaux que montent ;i5000 hommes d'équipage. Les migrations des bancs de jioissons, réglées i)ar les courants et la température de la mer, sont signalées d'un port à l'autre par le télégraphe.

Ajoutons à ces deux catégories principales de pêches celles des maquereaux, anchois, merlans, soles, phoques, requins, homards. Les jthof/urs, les tnorsps et les haleines sont poursuivis par les pêcheurs de Uammerfest et do

LA PÉNINSULE SCANDINAVE. Ho

Tromsô dont les liai(|ues suventiueiit au loin sur l'océan Glacial.

Productions minérales. — La péninsule Scandinave esl prodigieusement riche en fev dexcellente qualité. Les gisements les plus exploités sont situés entre le lac Venern et le littoral baltique de Stockholm à Getle, et dans la Dalécarlie, à Falun. Les minerais suédois, riches en manganèse, donnent des fers et aciers excellents; le fer magnétique de Dnnemora est particulièrement recherché dans l'industrie électrique. Le minerai de fer se dépose aussi au fond des lacs comme en Finlande.

Mais la houille ne se rencontre qu'exceptionnellement en Scandinavie, et les minerais métalliques sont traités au bois, de même qu'en Russie dans les mines de l'Oural.

L'industrie du bois, grâce aux nombreuses chutes d'eau, est plus avancée que l'industrie métallurgique. Scieries et chantiers de constructions navales sont l'industrie naturelle de la Suède et surtout de la Norvèg-e. Plus de 3000 scieries hydrauliques débitent les forêts Scandinaves en mâts, planches, portes, fenêtres, pièces de parquets, meubles, allumettes, pulpe ou pâte à papier. Les principaux districts industriels sont ceux de Nykfiping en Suède et de Kristiania en Norvège.

Les voies de conwnunication. — Elles sont encore peu nombreuses , on ne rimi|ite que 12 100 kilomélres de chemins de fer en Suéde et environ "2 000 en Norvège ; ces diverses voies desservent surtout les parties méridionales de la Suède et de la Norvège. Cependant une voie ferrée dépasse le cercle polaire entre le golte de Botnie et le fjord d'Ofoten. Mais presque toutes les grandes villes sont situées au bord de la mer, et dans bien des régions de la Norvège le service postal est fait par des canots sur les fjonN.

Dans le sud de la Suède, le sgrands lacs, réunis par des canaux, forment un réseau navigable continu et augmentent encore les avantages des articulations maritimes. Le canal de Gœtlia coupe ainsi la Golliie depuis Gœteborg sur le Kattegat jusqu'à Sôderkôping sur la Baltique.

Marine et commerce. — La marine Scandinave est une des i)lus importantes du monde par le nombre de ses navires et de ses matelots, sinon par le tonnag-e de ses paquebots.

La Norvèg"e équipe plus de 5400 voiliers jaugeant 900000 tonneaux et plus de 1200 vapeui's repi^ésentant uu chargement de D"3i000 tonqes,

La Suède a beaucoup moins de voiliers (2 000 jaug-cant 200000 tonneaux), mais elle arme j)lus de 1 000 steamers d"une jaune de 400 000 tonneaux.

Le pavillon norvi-gieti flollo dans tout l'Allanlique et la Médilcrranée. Sobres et habiles, les marins norvr'jriens vont solliciter au loin le nt'ii.'lice du transport maritime des marchandises encombrantes: bois, cliarl-'on. mirerais de tous pays, etc. On estime que le montant des frets perçus par les armateurs norvégiens représente prés de 160 millions par an. (l'est là l'industrie nationale d'un peuple au(|uel la terre refuse la subsistance.

Commerce. — Le cotnmcrcc in/r'ricin'. qui se fait surtout à l'aide du cabotage, sur les fjords, et en Suède par canaux, n'est pas ti^ès considérable. En Xoi^vège 5 pour 100 seulement des marchandises échangées passent par la frontière de terre et la zone presque vide des massifs monlag'neux; 95 pour 100 sont expédiés ou reçus par mer.

Le commerce extérieur de la Norvège, en notable ])rogrès, dépasse 775 millions. Les imi)ortalions représentent à peu près les trois cini|uièmes. La Suède a de beaucoup la plus grande part (1 000 millions;.

L'une et l'autre vendent des bois bruts ou travaillés, des fontes et des fers, du poisson fiais ou salé, de la glace, du goudron, de la pâte à papier; elles achètent surtout des matières alimentaires, le seigle de Russie et les produits auxiliaii-es de levu" imlustrie et de leurs pêcheries : houille, sel, objets manufacturés.

La jjIus g-rande partie des échang-es se fait avec les pays riverains de la mer du Nord et de la Baltique : Angleterre, Allemagne, Danemark, Russie. L'Angleteri-e, manqufuit de bois, est le meilleur client de la Suède et de la Norvège. La France prend peu de part à ce commerce, bien que ses ports soient très fréquentés par les voiliers Scandinaves.

Lectures. — E. Heclus, Europe Scandinave et russe, p. ;».j-2î4. — G. Slndh.Vbo, La Suède (1000), ouvra^'e jtublié avec la collaboration da M.M. Eckholm, Erdmann, Niisson. — Stkn Konow et Kaul Fisi iif.h, La Xorvèf/e (l'JOO), avec la coll.iboratinn de MM. Ilansen, Ueusch, Slecn. — ('lub al|)in, 1807 : Cii. Vki.ain, Les pai/s Scandinaves cl finlandais. — KiiiciiiioKK, Landerhnnde von /s?/(v>/>«, p. yOO-îJOO. — ToxsitKKr., iYo/wrrt// 'traduction anjilaise du fiuide en yorvèf/e, composé avec la collaboration de Mobn, Kjeruif, Rrodi. elc. . — A. Vamjal, Kn carriole à travers la Suède et la Nurvèfje. — Rabot, La Lapoiiie suédoise (Oéor/raphie, lô mars lOOj).

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