‹ EuropeChapitre 39 sur 113 · LEGENDE · texte numérisé non relu

LEGENDE

Caractères

AfeUSe f^/Wèrescdacs.

STRAS BOURG /^;/tfj-

Ca/ca/res .

Schistes .

:-■:'-'- Gren/ts

A.Serthelot del

Fig. 27. — Lo Rhin.

commerciale si les nomijreux détours ne causaient une perte de temps trop considérable. Le Main n'en a pas moins une grande importance, parce qu'il draine une région fort riche et de climat très doux. Il passe ù. f'rn nef o)'f et se termine en face de Mayence.

2. Affluents de la région du plateau schisteux. — Dans celte région, c'est sur sa rive gauche que le Rhin reçoit son affluent le plus important, la Moselle, la rivière du plateau de Lorraine, française par son cours supérieur jusqu'à quelques kilomètres en amont de Metz. Née au ballon d'Alsace, la Moselle apporte au Rhin les eaux du versant occidental des Vosges, qu'elle recueille avec la Meia'the et la Saiv^e. Elle entre à Trêves dans le massif schisteux ; sa vallée, étroite, enserrée entre les massifs du Hunsriicketde l'Eifel, dessine comme le Rhin dans la même région d'innombrables méandres jusqu'à son confluent à Coblentz.

En face de la Moselle, le Rhin reçoit à droite la La/in, rivière moins longue et moins abondante, mais clic aussi encaissée et sinueuse.

Le Rliin inférieur. — A Bonn et Cologne (Culn), le Rhin entre définitivement dans la plaine du Nord. Sa largeur varie dés lors de 300 à 500 mètres, sa profondeur atteint 4 et 5 mètres et permet à des navires ayant plus de 1 000 tonnes de charge d'utiliser son cours. 11 est la grande artère d'une région j)arti(ulièrement riche : à droite ce sont les pays miniers de la vallée de la Itulir^ avec les grahds centres môtalliirgiqucs, Ëssen, Duisbourg et Ruhiorl; à gauche, c'est Krefeld.

Après qu'il a reçu la Lippe à Wesel, le Rhin quitte l'Allemagne en aval d'Emmerich poui- entre^ en territoire hollandais.

Importance historique du cours du Rhin. —Le coins innyiii du Hhiii ne pout constituer uni' litiiile ii.iliirellc iiarf.iiti'mciit tiiuiciiéc ni pour l;i France, ni pour lAlIcmajrne. Il existe dans la iv^rion une série île carrefours, rentres de jonction du lleuve et du ses Irihutaires, où les peuples, enliaînéâ l)ar la pente des vallées, devaient nécessairement se rencontrer. Un premier carrefour est dessiné par le IJIiin, le ■SLiin et la Nalie, au i)ied d(i plateau scliistcux, dans la ri'jrion où s'é-lèveul Blnrjen, Mai/ence et Fraiicforl . A droite, les vallées du Main et ilu Ncckar constituent les deux grandes voies liistoriques (pii permelteiit de passer du Rhin au Danube. Un second«carrcfour existe au centre du plateau scliislenx, à la jonction du Uliin, de la Moselle cl de la Lalin, ou\ lant un clieiuin l'une \rrs la Meuse et la Seiue»

L'EMPIRE ALLEMAND. Vol

l'autre vers le Woscr. A ce carrefour s'élèvent Cohlenl: et le camp retrauclié (le Ehreiibrel/slein.

Colof/ne, vieille ville romaine, est un centre i)lus important «juc jamais, à la fois comme point de passage du Rhin et comme port fluvial. RuhvorI, déboudié de la ^alh'e de la Rulir, avec son mouvement de 6 millions de tonnes expédiées ou reçues, dépasse tous les ports intérieurs de l'Europe, Paris excepté.

II. L'Ems. — Le plus occidental et le moins important des tributaires de la mer du Nord, VE?hs, coulant dans la vaste région marécageuse de Bourtangc qui couvre la frontière hollandaise et la sépare de FAllemag-ne, n'est à proprement parler que le fossé de di^ainag-e de cette plaine de tourbe, sans pente. Il Test plus encore aujourd'hui que les agriculteurs hanovriensont entrepris de transformer le pays par des travaux analog'ues aux travaux des Hollandais. Sa source, dans ic Teutoburgervyald, n'est qu'à ilO mètres audessus de la mer, et le fleuve fi^anchit cette différence de niveau en 370 kilomètres. C'est dire la lenteur de son coings. Son estuaire vaseux forme l'une des articulations de la côte très basse de la mer du Noi^d.

III. Le Weser. — Le Weser, long- de 520 kilomètres, alors qu'en droite ligne on compte seulement 370 kilomètres de sa source à son embogchure, est foi^mé par la réunion delà Werra et de la Falda. La première, la ])lus puissante, sort du versant occidental du Thuinngemvald. La Fulda naît dans le massif du Rhr)n. A Mindcn, le fleuve quitte lAllemag-ne montueuse et débouche dans la plaine du Nord par les portes de Westphalie. Il n'est déjà plus qu'cà 30 mètres d'altitude ; aussi coule-t-il avec une extrême lenteur au milieu de toui^bièi^es, de landes et de Mai'scJien, terres de riche culture. Ses rives étant ti^ès basses, il s'étend larg-ement sur le pays, enfermant de nombreuses îles, jusqu'au long' estuaire qui le termine au milieu de terres de plus en plus basses et protégées contre l'invasion de la mer par des digues de 8 à 10 mètres de hauteur. La grande navig-ation remonte l'estuaire avec la marée jusqu'à Brème. Les principaux afiluents du Weser sont la Ilunle à gauche, V Aller à droite.

IV. L'Elbe. — VElbee^i de beaucoup le plus important des fleuves qui traversent la plaine de l'Allemagne du Nord.

158 DblSGKIPTlON FARTlCULlÉRIi DES ÉTATS EUHOFÉKNS.

Grâce à sa direction sud-est-nord-oaest, el du fait que, sorti du cœur de FEurope centrale, il débouche dans la mer du Nord, il est devenu la grande voie commerciale qui joint à la mer la Bohême et la Saxe.

La superficie totale des pays quW draine est de 155000 kilomètres carrés ; sa longueur en lig-ne droite serait de 600 kilomètres; mais avec ses détours il mesure 800 kilomètres. Fleuve de plateau dans la partie supériein-e et bohémienne de son cours, il devient presque simultanément fleuve de plaine et fleuve allemand. Il débouche en Allemagne au pied des derniers rameaux de rErzgebirge, dans une étroite et abrupte vallée de la Suisse saxonne, le défilé de Schandau. En plaine il se heurte au plateau du Flaming' et décrit une courbe dont Magdebourg- occupe le sommet et qui se termine au confluent de la Hacel. 11 reprend alors sa direction primitive. Il n'est plus qu'à 12 mètres d'altitude et il lui reste encore plus de 200 kilomètres ù parcourir. Aussi les Taux bras deviennent-ils nombreux. A Hambourg-, à 100 kilomètres de la mer, ses eaux se réunissent dans un long- estuaire où se fait sentir la marée. Comme le Weser, il avance désormais entre des terres basses et de riches Marsclien que protègent des digues. Cuxhaven, avant-port de Hambourg-, marque la pointe extrême du domaine de l'Elbe.

Les plus puissants affluents de l'Elbe lui arrivent par sa rive g-auche, jusqu'à Marjdebounj ] au delà il les reçoit sur sa droite.

.1 gauche, après la Mulde, descendue de l'Erzgebirge, l'Elbe reçoit la Saale, née au Firhtclgebirbc, et grossie de VEUter, la rivière de Leipzig.

A droite, la. I/avel nosi que l'émissaire tlu long- réseau il'étang-s qui couvrent la dépression du Mecklemboui-g- et du Brandebourg-. La Havel, qui descend du nord au sud, s'étale en lacs qui se prolongent d'est en ouest jusqu'à Brandebourg-. A Spandau elle reçoit la Sprée, originaire des pays plus élevés de la Lusace, mais drainant, elle aussi, nombre de marécag-es et d'étangs avant de passer à liciiui.

Tributaires de la mer Baltique. — 1. Ij^Oderc^i le llcuvo de plaine le plus caractérisé de r.Vlleinagne. Ses soui'ces en territoire autrichien sont à G27 mètres, dans des marécages des Sudèles et des K;u-i)al.'s. i| est descendu à 200 mètres

L'EMPIHE ALLEMAND. i:->9

en 1 lu kilomètres, quand il entre en territoire allemand. Par sa longueur (890 kil.) et sa direction, il rappelle l'Elbe.

Sa pente est relativement assez rapide jusqu'à Glogau. A sa jonction avec la Neisse il se redresse vers le nord. Quoique resserré entre des collines, le fleuve s'est divisé en bras nombreux. Vers Stettin ces bras se réunissent en un seul et large chenal qui aboutit au Haff de l'Oder. Trois canaux entre les îles à'Usedom et de WoUbi déversent dans la Baltique les eaux de la vaste lagune.

L'Oder n'a pas laissé sur sa (junche de place où puissent se développer des affluents importants. La Neisse, descendue des monts de Lusace, mérite seule d'être mentionnée.

A droite, au contraire, la plaine polonaise est sillonnée d'un puissant cours d'eau. La Warta naît au pied du plateau polonais, sur la frontière même des empires allemand et russe. La moitié de ses 780 kilomètres est en terre russe. Son cours est parallèle à celui de la Vistule jusqu'au moment oii elle reçoit à droite la Netze, fossé de drainag-e d'une étroite vallée marécageuse. La Warta est aussi puissante que l'Oder quand elle l'atteint à Custrin.W y avait là, au wiii"^ siècle, un immense marais de 830 kilomètres carrés, VOderbruch, dont l'assèchement fut commencé par Frédéric II.

II. La Vistule, le fleuve polonais, n'appartient à l'AUemag'ne que pour une faible partie de ses 900 kilomètres de cours. Née dans les Karpates, non loin de l'Oder, elle décrit une vaste courbe vers l'est avant d'arriver, près de Thorn, en territoire allemand. A partir de sa jonction avec la Brahe, son seul affluent important à gauche, elle se dirige droit vers le nord, d'une marche presque imperceptible. A 50 kilomètres de la mer commence le delta. Tandis que la branche orientale aboutit dans la lagune du Frisches Hajf, la branche occidentale canalisée vient finir à Duntzig. Le delta appelé le Werder n'était au xiii"^ siècle qu'un marais. Aujourd'hui il y a là d'admirables herbages, sillonnés de canaux qui font ressembler la contrée à une Hollande en miniature.

La Pregel, avec son affluent VA/le, sert de déversoir aux innombrables étangs dont est semé le plateau de la Prusse orientale. Elle finit à Kœnigsberg, dans l'angle septentrional dii Frisches Hafl". Quant au Niémen, qui se jette dans le Kurisches HalT, ses embouchures seules sont allemandes.

Communications de fleuve à fleuve. — La dépression (jui s'éleiiduu centre del;i plaine allemande a facilité la jonclion des fleuves. Vislule, Oder et Elbe communiquaient naturellement par les lacs et les marécages qui occupent cette dépression. On a pu même penser que la Vistule, par la vallée de la Netze, se joignait jadis à l'Oder qui, de son côté, parla Havel, se jetait dans TElbe. La canalisation a donc été facile. Entre l'Elbe et l'Oder, la jonction est faite par la Havel et le canal de Finow, par la Sprée et le canal F?'édéric-Guiilaiwie, creusé au xwn" siècle par l'Électeur de ce nom. L'Oder communique avec la Vistule par la Netze, affluent de laWarla, et la Brahe, affluent de l'Oder qu'unit le canal de Bromberg. Ce qu'il y a donc de plus remarquable dans les systèmes fluviaux de la plaine allemande, c'est l'incertitude des pentes et la facilité des communications entre les eaux de chaque domaine fluvial.

Le Danube. — Le Danube est le fleuve de l'Allemagne du Sud : il parcourt le grand-duché de Bade, le Wurtemberg et la Bavière, avant d'entrer en Autriche, h Passau, L'Allemagne ne possède qu'une faible partie des 2800 kilomètres de son cours total et des 820000 kilomètres carrés de son domaine.

Le Danube est formé de deux petites i-ivières, la ISrigach et la Brè()e,(\n\ naissent dans la Forêt Noire à 800 mètres d'altitude. Elles se réunissentà Donaueschingen. La célèbre source du parc des princes de Furslembcrg, dont on a fait la source ofticiellcdu Danube, n'est en réalité qu'un affluent des deux précédentes rivières. Le Danube semble d'abord courir vers le Rhin, et par les fissures de son lit calcaire une partie de ses eaux gagne en eflet le lac de Constance.

Mais le Meuve se recourl)e vers le nord-est et s'engage dans le Jura souabe qu'il traverse par une cluse étroite. \\\\ aoviiiwi de ce dd^Wé^ h S ig marin (/en, \\ enlre en territoire bavarois. Il coule avec une extiênic lenteur. Sur sa gauchi^, il ronge les bords du plateau que forment les versants mér'idionaux du Jura souabe et du Jura franconien. A droite, il longe la plaine bavaroise et se répand l)ien au delà de ses rives normales |)ar une série de faux bras et de marécages qui, comme le Donaa-fiicd ut h; J)on((if-Maos, séparent le Meuve de la t(!rre ferme. A llatisbornic le Meuve sinMcchit veis le sud-est.

Dans la partie méridionale du domaine du fleuve, les masses de débris transportés par les émissaires des Alpes «t accumulés aux embouchures ont lentement repoussé le Danube vers le nord et lui ont fait décrire la courbe dont Ratisbonne occupe le sommet. Par suite les affluents de la rive droite drainent de vastes espaces, mais le domaine des cours d'eau sur la gauche est singulièrement restreint.

Les affluents principaux sur la inve gauche du Danube sont VAltmûlil et le Naab. h'Altmuhl sort de la région des terrasses aux pentes indécises qui s'élèvent au nord du Jura allemand. Tandis que les rivières qui avoisinent l'Altmiihl se dirigent vers le Main, celle-ci, rencontrant une percée dans le Jura franconien, pénètre dans la vallée du Danube. Le Naab descend du Fichtelgebirge : il ouvre une voie du Danube vers la Bohême.

Les affluents de droite ont une plus grande importance. Leur domaine est plus étendu et surtout ils empruntent leurs eaux aux inépuisables glaciers des Alpes, h'/ller, le Lech, 17.SY//', Ïlii7i méritent plus particuUèrement Tattention. Il est à remarquer qu'à part Vlller aucun de ces cours d'eau n'appartient intégralement à l'Allemagne. Ces rivières ont à peu près toutes un régime torrentiel : les lacs régulateurs disposés autour des Alpes suisses et italiennes font ici défaut. L'uniformité du plateau et l'instabilité du terrain, fait de débris transportés, leur permettent d'élargir fréquemment leur lit. Le Lech^ par exemple, dont la largeur moyenne est de 60 mètres, s'épanche près d'Aug-sbourgsur une surface de près de 1 000 mètres. Ce régime torrentiel a éloigné les villes des bords des rivières.

h'Isar, au nord de Munich, traverse d'énormes marécages analogues à ceux du Danube. L'/nn, avec ses 380 kilomètres de cours el la masse de ses eaux empruntées au cœur même des Alpes, est presque ég-al au Danube luimême quand il le joint à Passau. Son cours supérieur est tout entier constitué par une longue vallée alpestre dans l'Engadine suisse et le Tyrol autrichien. En territoire allemand il recueille les eaux de la Sal^ach.

Lacs. — Trois États allemands, la Bavière, le Wurtemberg' et le duché de Bade, sont riverains du lac de Constance. L'Allemagne elle-même compile un g-rand nombre de lacs. Les uns, comme ceux de la Bavière [Ammer-

iô-2 DESCRIPTION PARTICULIÈRE DES ÉTATS EUROPÉENS.

S'ec\ Wûrm-Seë)^ sont des lacs de plateaux ; les autres, comme ceux du Mecklenibourg, du Brandebourg ^ de la Poméranie^ de la Prusse orientale, couvrent la plaine du nord par centaines. C'est à droite de l'Elbe que commence la région lacustre ; elle occupe la longue dépression comprise entre l'Elbe et l'Oder. Sur le sol fait d'argile et de sable, parsemé de blocs erratiques d'origine glaciaire, sur les plateaux dépourvus de pente, les eaux s'accumulent dans des séries de vasques peu profondes, étangs autant que lacs et souvent marais. On en compte 329 dans le seul Mecklembourg et plus de 450 dans la région que draine la Pregel. Il y a là, en petit, une région analogue à la Finlande russe.

Les côtes. — L'Allemagne se développe le long de la mer du Nord et de la Baltique. Les caractères généraux des côtes senties mêmes ; les rives sont parmi les plus basses de l'Europe et parmi les moins articulées. Le fait s'explique par la structure géologique des pays riverains, l'absence de tout relief marqué. La mer n'a rencontré nulle part d'obstacle solide qui la force à découper de fines dentelures, caps et baies. Elle s'est étendue librement sur le continent, jusqu'au jour où des digues ont enfin limité ses envahissements. D'autre part, la vaste plaine à pente insensible se prolonge en longues déclivités sous le flot; la mer est donc peu profonde et semée de bas-fonds. Par suite les ports sont rares sur la côte, et les rades les plus sûres sont constituées par les estuaires des fleuves.

Côtes de la mer du Nord. — La chaîne d'îles qui, depuis le Helder, jalonne, en face de la côte actuelle de Hollande, l'emplacement de la côte ancienne, se prolonge au-devant do la côte allemande depuis l'estuaire de l'Ems jusqu'à celui de l'Elbe. Ces îles disparaissent peu à peu sous le travail du Ilot et l'on a pu estimer à 5 mètres et demi en moyenne les progrès annuels de la mer. En arrière de ces îles, la mer est encombrée de bancs de sable; plus loin la terre n'est défendue contre l'invasion dos (lotsciue par des digues. Les deux grandes échancrures du Dollart et de la baie de Jade ont été créées par la mer, la première en 1277, l'autre en 1218 et en 1221, celle-ci suffisamment profonde pour qu'on ait pu y établir le port de guerre de Wilhebnshaven. M.iis la mer sert aujourd'hui à reconstruire ; au contact de l'eau

salée les ti-oubles qu'entraînent les rivières se déposent le long- de la côte et leur accumulation finit par constituer des terres nouvelles, doutThomme s'empare dès qu'elles émergent, qu'il protèg-e par des levées contre le retour du flot et qui constituent les fertiles Mnrschen du pays frison et du Hanovre maritime. Il y a là une région sillonnée de dig'ues et de canaux qui rappelle les polders de la Hollande. L'estuaire du Weser approfondi par le flot et le jusant a pour ports Brème et Bremerhafen. L'estuaire de VElbe, plus favorisé encore et aménag'épar les ing'énieurs, donne accès au grand port de Hambourg avec sa dépendance à l'entrée, Cuxhafen.

La côte du Jutland, depuis l'Elbe jusqu'à la frontière danoise, présente les mêmes terres basses morcelées par le flot et précédées d'une chaîne d'îles, restes de l'ancien rivag-e.

Côtes de la Baltique. — Les côtes allemandes de la mer Baltique sont orientées d'est en ouest avec, à leurs extrémités, deux fragments redressés vers le nord. Elles présentent une certaine orig-inalité. L'existence dans la partie orientale du Jutland de quelques collines a fait la côte mieux articulée. Des golfes nombreux la pénètrent, quelques-uns rappelant les fjords de la péninsule Scandinave : ainsi le golfe de Sleswig'. A peu près partout la mer est profonde ; dans la rade de Kiel, principal port militaire de l'empire, les navires trouvent 10 mètres de fond. Mais ces g'olfes ont le grave inconvénient de s'ouvrir sur une mer fermée et dont les passes n'appartiennent pas à l'Allemagne. Il est vrai qu'un canal partant de la baie de Kiel pour déboucher dans l'estuaire de l'Elbe joint aujourd'hui la Baltique à la mer du Nord.

La baie de Lûbeck, terminée par Vestuaire de la Trave, est l'articulation la plus marquée de toute la côte. Il faut mettre à part l'île de Riigen, un peu montueuse et remarquablement découpée.

Avec l'embouchure de l'Odei' commence une des dispositions caractéristiques du rivage de la Baltique. Une barrière, ici formée de deux îles, Usedom et Wolli/i, sépare de la mer une sorte de lac marin auquel est appliqué le nom général de ffaff, « golfe ». Ces Haff>n rappellent plutôt nos lagunes du Languedoc que des golfes. Ils existent aux embouchures des grands fleuves du Nord, Oder, Vistule, Niémen. Mais le Frisches Haff où finissent une des

branches de la Vistule et la Pregel, le Kurisches Haff (HalT de Courlande) où se jette le Niémen, se disting-uent de y Oder Haff par leur mode de séparation d'avec la mer.

La barrière est formée d'une clroite l)aii(le do terrain, d'une Arche ou Nehriing recourbée qui, large de 8 kilomètres en moj'enne, parfois réduite à 300 mètres, s'élève à une altitude qui varie de :J0 à GO mètres. Le plus souvent elle est couvcrle de dunes qui, jadis fixées par des forêts, aujourd'hui déboisées, s'avancent sans cesse vers le Haff et transforment la llèche en une inculte langue de sable. Un étroit passage, dont la mer a fréquemment changé l'emplacement, rompt celle digue naturelle et met en communication le Hatf et la mer. Le HafT se comble lentement par les apports des fleuves et ses bais-fonds le rendent impropre à la navigation.

Entre le Frisches Halî et le Kurisches Halî s'avance la péni7isule du Samland, pays classique de Y ambre.

En résumé, si l'on excepte le rivag'e oriental du Jutland tourné vers une mer fermée, les qualités d'articulation des côtes allemandes seraient très médiocres sur la mer du Nord aussi bien que sur la Baltique, si les Allemands n'avaient tiré le meilleur parti des estuaires de l'Elbe et du Weser. Les deux ports intérieurs, Hambourg- et Brème, et le port militaire de Kiel compensent largement l'aspect monotone et plat du littoral.

IL — Géographik nrsTORiODK et politique.

Races. — L'Allemag-no est un des pays les plus peuplés du monde. Sur une population totale de GO millions 638000 habitants, les Allemands proprement dits, divisés en AUrmaiids du Nord et en Aflet/ian(fs du Sud, comptent pour 54 millions ot demi (snvii'on. La Prusse et la Silésie comptent encore aujourd'hui j)lus de 3 millions de Polonais et Lithuaniens; la J^usace est en partie peuplée de Wendes^ peuple de race slave ; enfin l'annexion violente du Sleswigiïolstein et de l'Alsace-Lorraine a fait entrer dans l'empire un grand nombre de Danois et de Français.

Ij'Allemand ne recule devant aucune violence pour germaniser les populations réfraclaires: l'étude de la langue allemande est imposée aux en l'an Is cl aux familles en Pologne comme en Alsace-Lorraine; un fonds spécial esl in^^crit au budget prussien pour l'achat des terres polonaises et l'établissement de villages allemands; ceUe méthode a paru trop coûteuse et trop lenle : une loi volée par le Landlag prussien, on 1!)04, enlève aux. Polonais do i'osnanie le droit d'acheter dos terres dans leur pays ou môme de cousLruire une maison sur leur patrimoine.

Religions. — La religion dominante en Allemag-ne est le protestantisme\ on comptait, en 1905,37 millions de protestants et plus de 22 millions de catholiques; les israélites étaient au nombre de 607 000. Le protestantisme a pour principal centre l'Allemagne du Nord, où la Prusse seule compte plus de 21 millions de protestants. Les pays où les catholiques sont les plus nombreux sont : dans le royaume de Prusse, la Prusse occidentale, la Silésie et la Posnanie (4 millions) ; puis la Bavière (3900000 , le duché de Bade (1 million) et l'Alsace-Lorraine (1200000).

Formation territoriale. — L'unité allemande a été longue à eonstituer. Cela a tenu sans doute à l'action politique des puissances voisines, mais aussi ace que l'Allemagne n'a pas de limites naturelles, et qu'intérieurement son relief la morcelle.

La Germanie, à l'époque romaine, comprenait deux groupes de peuples, les Chérusques au nord et les Marcomans au sud, très souvent en guerre les uns contre les autres. L'empire romain les contint, mais ne put jamais les conquérir tout à fait ; les légions ne s'avancèrent que jusqu'au Danube et au .Main inférieur.

Après l'invasion germanique, les Francs avec Clovis et ses fils, surtout avec Cliarlemagne, battirent les Germains et pénétrèrent jusqu'en Saxe, convertissant les peuples au christianisme de gré ou de force. C'est à la conquête franque que l'Allemagne dut sa première civilisation de caractère •hrétien. Beaucoup de grandes villes allemandes, Brème, Halle, Magdebourg, Hambourg, etc., doivent leur fondation aux missionnaires et aux guerriers francs. Plus d'un siècle et demi ajirès la mort de Cliarlemagne, Ot/ion le Grand, roi de Germanie, reçut des niains du pape la couronne im[»ériale et fut le premier chef du Saiut-Enqiire romain germanique. Il commença la conquête et l'assimilation des peuples slaves qui habitaient une grande partie du territoire de l'Allemagne actuelle jusqu'à l'Elbe.

La lutte de la papauté et des empereurs aux xi^, xit« et xiii'= siècles, en favorisant l'esprit particulariste des princes allemands, des chevaUers et des villes, amena le morcellement de l'autorité impériale et la constitution d'une série d'États nominalement liés a l'empereur, mais de fait indéiiendants. A la tin du grand interrègne (1250 à 127-3), il n'y avait plus d'emjjire que d'une façon théorique et nominale. Les Habsbourg souverains de l'Autriche rêvèrent de reconstituer à leur profit la réalité de l'autorité impériale; mais le plus puissant d'entre eux, Charles- Quint lui-même, n'y put réussir. La réforme protestante, en anéantissant un des éléments d'unité, l'unité religieuse; la politique de la France intéressée à n'avoir pas de voisin redoutable à l'est; [a. guen'e de Trente ans; les traités de Westphalie qui, en 1648, organisèrent l'anarchie allemande et la placèrent sous la garantie de l'Europe, maintinrent l'état de division de l'Allemagne.

Cependant, dans le nord de l'Allemagne, se formait l'État prussien, pour qui « la guerre fut l'industrie nationale ", et qui devait être l'instrument de l'uniticatiun allemande. La Marche de Brandebourg, devenue État électoral en 1415, agglomérait en 1G18 le duché' de Prusse, formé des domaines sécularisés de l'Ordre teutonique. En 1701, l'électeur Frédéric IH achetait de l'empereur le titre de roi. On saille merveilleux développement

da jeime royaume sous Frédéric 11. la conquête de la Silésie, les partages delà Pologae. Mais les guerres deluRévolulion et du premier Empire ébraulèrent beaucoup la puissance prussienne. La paix de Bàle (179ô^, fit perdre à la monarchie prussienne ses possessions de la rive gauche du Rhin. La constitution, en 1806, par Napoléon I^"" des royaumes de Bavière et de Wurtemberg, la création de la Confédération du Rhin avaient diminué l'importance de la Prusse. Les désastres d'Iéna et d'Auerstaedt la mirent à deux doigts de sa perte. Le traité de Tilsitt, en 1807, consacrait sa déchéance. La Prusse réorganisée fut un des agents les plus actifs de la libération de l'Allemagne en 1813 et de la ruine de l'empire français en 1814 et 1815. Les traités de Vienne en 1815 faisaient d'elle une puissance rhénane et l'augmentaient d'importants fragments de la Saxe. Mais ces traités consacraient l'existence de trois des royaumes créés par la France : Bavière, Wurtemberg et Saxe, et la présidence de la Confédération germanique était dévolue à l'Autriche.

La Prusse et l'Autriche, d'accord pour accabler à deux le petit Daneinarck et le dépouiller du Sleswig-Holstein en 1864, entrèrent en lutte en 1866. Sadowa eut pour conséquence l'exclusion de l'Autriche de l'Allemagne et la dissolution de la Confédération germanique. La Prusse se mettait à la tête d'une confédération des États du Nord après avoir annexé Francfort, le Hanovre et le Nassau. Enfin, les défaites de la France en 1870-71 assurèrent l'unité allemande en groupant tous les États sous la main delaPrusse. Le roi de Prusse Guillaume 1" était proclamé empereur d'Allemagne, dans la galerie des Glaces, au palais de Versailles. En même temps, l'Alsace- Lorraine ajoutait à l'empire plus de 1 million et demi d'habitants et une des plus riches contrées de l'Europe.

Géographie politique et statistique. — L'empire d'Allemagne est peuplé de 00(i410Û0 habitants, soit une moyenne de 106 habitants par kilomètre carré. La France n'en compte que 72 pour la même superficie, l'Autriche- IlongTie 79, la Russie d'Europe 20. Les parties les plus peuphies de l'empire sont la Saxe (258), la Hesse (135), le grand-duché de Bade et l'Alsace-Lorraine (114). Chaque année la population s'accroit d'environ 750 000 habitants; mais les émig-rants sont fort nombreux chaque année. De 1820 à 1890, 5 400 000 Allemands ont quitté leur pays; près de 4 millions se sont fixés aux États-Unis. Toutefois il importe de noter que, les conditions d'existence s'étant beaucoup améliorées par suite de la grande prospérité industrielle, le chiffre des émig-rés ne cesse de décroître réguhèrement depuis 1892. Il est tombé de UGOOO, en 1892, à 22 000 en 1901, puis s'est relevé à 32000 en 1907

L'empire allemand est une monarchie fédérale constitutionnelle. Le roi de Prusse a la dignité héréditaire d'empereur allemand. L'autorité fédérale est exercée par Tempercur, roi de Prusse, et par le conseil fédéral composé de

délégués de chaque État, suivant son importance. Le pouvoir impérial est cependant limité et contrôlé par le Reiclistag, qui comprend des députés élus par le peuple allemand au suffrage universel direct.

Le budget est de 3 milliards 75 millions. La dette de l'empire, une des moins lourdes de l'Europe, est de 3 milliards 284 millions.

h'ai'/née allemande, sur le pied de paix, se compose de près de 600 000 hommes; la réserve et la landwehr ajouteraient en temps de g-uerre environ 3 millions d'hommes à cette force.

La marine ïnilitaire, pour laquelle les plus grands efforts sont faits, compte, sans les torpilleurs, 118 navires dont 30 cuirassés et 45 croiseurs montés par 40000 hommes.

L'empire allemand est constitué par la réunion de vingtsix États sous la présidence du royautne de Prusse. UAlletnagne du Nord en comprend vingt et un ; V Allemagne du Sud, cinq, en y comptant le territoire d'Alsace-Lorraine. On compte quatre royaumes et deux grands-duchés.

Allemagne du Nord. — Le royaiune de Prusse, capitale Berlin, s'étend depuis le Rhin jusqu'à la frontière russe à Test. Il occupe à lui seul les trois quarts de la superficie totale de l'empire (348 000 kilomètres carrés) et compte les trois cinquièmes de la population, 37'millions d'habitants.

Les huit anciennes provinces de la Prusse proprement dite sont : la Prusse, le grand-duché de Posen, la Silésie, le Brandebourg , la Poméranie, la Saxe, la Westphalie et la province du Rhin. Le Hanovre, la Hesse-Nassau, le duché de Lauenboarg et le SIeswig-Holstein forment le groupe des États conquis en 1860. Enfin le Hohenzollprn, principauté du haut Danube, d'où la famille impériale tire son origine, est une dépendance directe de la Prusse depuis le milieu du xix*" siècle (1848).

Le royaume de Saxe, capitale Dresde, est, après la Prusse et la Bavière, le plus important des États de l'empire. Couvrant entre l'Elbe et l'Erzgebirge une région à peine plus étendue que l' Alsace-Lorraine (15090 kil. car.), il est peuplé de 4 millions 1/2 d'habitants. C'est le pays où la densité de la population est la plus grande.

Allemagne du Sud. — C'est dans l'Allemagne du Sud que se trouvent les États les plus étendus après la Prusse.

ha roi/aume de Bavière, capHale Munich, conxrele \)\sitea.\x du même nom jusqu'à l'IUer, qui le sépare du Wurtemberget d'autre part jusqu'à l'Inn et à la Salzach, qui marquent la frontière autrichienne. En outre, il occupe au nord du Danube une partie du bassin du Main, la Franconie, et sur la rive g-auche du Rhin, au nord de l'Alsace, le Pulatinat. La population est de 6500000 habitants sur une superficie de 75800 Icilomètres carrés. La Bavière se divise en liait cercles.

. Le royaume de Wurtemberg, capitale Stuttgart., occupe unepetitepartiedel'ensembledes plateaux danubiensau sudest, et la région occidentale du Jura souabe et des terrasses de Franconie ; à l'ouest, il confine à la Forêt Noire ; au sud il touche au lac de Constance. La plus g-rande partie de son territoire est arrosée par le Neckar et ses affluents. On y compte 2 300 000 habitants, sur une surface de 20000 kilomètres carrés.

Le grand-duché de Bade (20l0000hab.), capitale Karlsruhe, couvre une superficie de 15000 kilomètres carrés. Le territoire badois représente la plus grande partie du massif de la Forêt Noire, l'exti'émité occidentale du lac de Constance, la rive droite de^ la plaine du Rhin et le cours inférieur du Neckar.

Le grand-duché de Hesse (1200000), capitale Barnisladty comprend une partie de la vallée du Rhin et du Main, sur le (lanc oriental et méridional du plateau rhénan.

Les autres États sont : les villes libres ou républujues de lIumboii7'g, Brème, Lubeck ; les grauds-duciu's (V Oldenbourg, de Mecklemhoiirg- Scliiverin, t]e Mecklembourg-Sli-clilz, de Saxe-Weimar, ûo Sa-ir-Coboi/rp- Golha; les duchés de Saxe-Allembourg iA de Saxe-Meinhtgen ; les principautés de Reiiss, de Waldeck, de Lippe-Delmold et de Scliaumhouvg-Lippe y [es ducliés (VAidiaU et de Brunswick.

L'Alsace-Lorraine (14 500 kil. carr.), « terre d'Empire », compte 1815 000 habitants. Elle a un g-ouverneur particulier, nn statthalter, qui réside à Strasbourg. Le jtays a été divisé en trois cercles: Haute-Alsace, chef-lieu Mulhouse; Basse-Alsace, chef-lieu Strasbourg-; Lorraine, chef-lieu Metz.

Les villes. — Les villes les i>lus |io|)uleuses de l'Allcmag-nesont en général di.slrilmées sur deux axes : l"la vallée

LEMPIRE ALLEMAND. 169

du Rhin, point de départ de la civilisation romaine dans les pays g'ermaniques, et région de grande industrie en aval de Cologne. De Bàle à la frontière hollandaise on compte onze villes ayant plus de 100000 habitants, soit le tiers des villes quij en AUemag-ne^ atteig'nent cette population.

2° Une large bande allant de Silésie à la vallée moyenne du Weser. Les causes sont ici la richesse minière et la position entre l'Allemagne basse et TAllemag-ne montueuse.

Enfin des centres importants de population se sont formés aux embouchures des g-rands fleuves, débouchés naturels de l'Europe centrale vers le Nord : Brème. Hambourg, Dantzig-.

Deux villes sont en dehors de ces groupes, mais, grandes capitales, sont devenues aussi deux ag'g'lomératioris exceptionnelles : Berlin dans la plaine de l'Allemagne du Nord, Munich sur le plateau bavarois.

Berlin. — La capitale de TAllemagne, Berlin, sur la Sprée,. en est en même temps la ville la plus peuplée. Elle compte 2 040 000 habitants et 2 821 000 avec ses faubourgs; elle n'en comptait pas 500 000 il y a quarante ans.

Il semble au premier abord que la nature n'ait rien fait pour la création J'une capitale eu pareil endroit. Mais un examen plus attentif de la carte prouve que ce n'est pas la seule volonté d'un souverain qui l'a créée. Outre que Berlin s'élève au point oii l'Oder et l'Elbe se rapprochent le plus, la Sprée lente, partout navigable, forme comme un lien entre les deux fleuves. Par suite, Berlin devait être l'entrejjôt du commerce de l'Elbe et del'Oder. D'autre part, la position commande le cours moyen des fleuves. Elle est le point de croisement des routes de Saxe et de Silésie vers la mer du Nord et la Baltique, vers Hambourg et vers Steltin qui sont comme les deux ports de la capitale. Berlin a disposé son réseau entre l'Elbe et l'Oder comme une araignée qui tendrait ses fils entre deux arbres'. Berlin est une ville de grande industrie et de commerce. Elle aspire à être la capitale intellectuelle de l'Allemagne, la « ville de l'Intelligence ». Elle a de riches bibliothèques, des musées importants, une Université qui, fondée au début du xix*= siècle, est aujourd'hui la plus importante de l'empire. Spandau lui sert de citadelle du côté de l'ouest.

Aux environs sont situées les résidences royales de Potsdam,C/iarlot(enbourg .

Munich sur l'Isar, « une selle d'or sm- un mauvais cheval », est la capitale de la Bavière. Avec ses 539 000 habitants, elle est la troisième ville de l'empire et la premièi^e

Page 1