‹ EuropeChapitre 38 sur 113 · I. — Géographie physioub · texte numérisé non relu

I. — Géographie physioub

Situation et dimensions. — L'em])ire ailomand occupe le centre de lEui-ope, entre les régions orientales et les pays de rOccident, entre le monde latin et le monde slave.

La superficie de TAllemagne est un peu supérieure à celle de la France, avec 5 'i(J(300 kilomètres carrés. Elle com- [irend deux rég-ions piiysiqiies très dilIV'rentes: une rég"ion de montagnes au sud, unu région de plaines au nord.

L EMIMHE ALLE^U^'I). 147

Celles-ci représentent les quatre cinquièmes de rAilemagne.

L'empire est borné au nord par la mer Baltique, le Danemark et la mer du Nord. A Vest, dans la région des plaines, une frontière conventionnelle le sépare de la Russie. Au .v//f/, il est limitrophe de l'empire d'Autriche-Hong-rie, sur tout le pourtour septentrional et occidental des monts de la Bohème, et dans une partie de la région alpestre; le lac de Constance et une partie du cours du Rhin forment approximativement sa limite du côté de la Suisse. A ïouest, une limite conventionnelle sépare l'Allemag-ne de la France, du Luxembourg-, de la Belg'ique et de la Hollande.

L'Allemagne, sauf au nord et au sud, n'a donc pas de frontières naturelles: les plaines ouvertes qui la composent se continuent aussi bien à l'ouest qu'à l'est par d'autres plaines ouvertes. Elle a pu déborder librement, et elle a de son côté dû subir des débordements.

Relief. — La tradition a depuis longtemps consacré la division de rAllemagne en luiulc et basse Alloiiagnc. La

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iMK. 23.

basse Allemag-ne comprend la plaine extérieure du nord. La haute Allemagne, au sud, comprend des plateaux et des terrasses étagées s'adossant aux Alpes.

Haute Allemagne. — On peut distinguer dans la haute Allemagne les régions suivantes : 1" le plateau bavarois entre les Alpes et le Danube; 2" les terrasses de Souabe et de Franconie sillonnées par le Neckar et le Main et limitées à l'ouest par la Forêt Noire ; 3° le plateau schisteux rhénan; 4° la moyenne Allemnqne. dominée par le Harlz.

I. Région du plateau havarnis. — Du pied des Alpes au Danube s'étend le plateau bavarois et souabe. Il occupe une longueur considérable, continuant au delà du Rhin et du lac de Constance le plateau helvétique. Large de 150 à 200 kilomètres, il s'incline du sud-ouest au nord-est, vers le Danube. L'aspect général est monotone et triste. Le sol, formé des débris roulés par les glaciers et les torrents, est généralement pauvre, tantôt caillouteux comme la Crau, tantôt coupé de marécages comme la Sologne. Une mince couche de terre végétale recouvre ces amoncellements pierreux dont lépaisseur, comme la dimension des fragments, va diminuant à mesure que Ton descend vers le lit du fleuve. En sens contraire, la couche végétale, faite de particules plus ténues, augmente en profondeur et en richesse de la montagne au Danube. L'ensemble présente l'aspect « d'un immense cône de déjection s'étalant au-devant des grands massifs en forme d'éventail ». Les rivières entament ù peine la surface du plateau.

IL Réf/ion du Neckar et du Main. — 1" Au Rhin, [)rès de Schalfhouse, commence le Jura allemand. Le système divisé en Jura souabe et Jura franconien, très étroit à son origine, va s'élargissant à mesure qu'on avance vers le nord-est. De même structure géologique que le Jura francosuisse qu'il continue, le Jura allemand se présente sous un autre aspect. Il n'est point composé de chaînons et de vallées parallèles, il apparaît comme un plateau peu accidenté. Lallitudc décroît du sud-ouest au nord-est ; le versant nord tombe assez brusquement sur les domaines du Neckar et du Alain, tandis que le versant méridional s'incline par des pentes plus longues, vers la vallée du Danube. Le Jura souabe est la branche la plus élevée du système: sa surface pierreuse, à peine couverte d'un maigre gazon, lui a valu le nom de Rauhe-Alp (Apre-Mont). Une trouée de passage plus facile et de terres plus fertiles est signalée jiar la ville de Nordlingen, où se renconlrèrent si souvent les armées.

2° A l'extrémité orientale du Jura allemand, le Fichtelgebirgc — mont des Pins — est un massif isolé de tous côtés par des cours d'eau : Sct/flc, /Cf/er, Naab, Main. Il est l'un des centres hydrograjihiques les plus remarquables de l'Allemagne, et par là même l'un des points

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les plus importants au point de vue des communications.

La forci de Franconie (Frankenwald) et la forêt de Tliuringe (Ttiuringerwald) continuent le Fichtelgebirg-e vei-s le nord-ouest. Le Frankenwald n'est qu'un plateau boisé, incliné vers le nord, continuant les hautes plaines du Jura franconien. Avec le Thuring-erwald le système se rétrécit et s'exhausse en même temps. A l'extrême nord, il finit sur la vallée de la Werra par un coteau de 300 mètres.

Le plateau de Thuringe est d'une faible altitude (250 à 300 m. en moyenne). Il est bien articulé et pénétré profondémentparles plaines où coulent lesnombreux affluents de i'Elbc et du Weser.

3° A l'ouest du Jura souabe, orientée du sud au nord, se dresse la Forêt Noire — Schwarzwald. — Elle s'allonge de Bàle à Karlsruhe, parallèlement aux Vosges qui lui font face sur l'autre rive du fleuve. Les deux systèmes présentent une grande similitude. De part et d'autre les parties méridionales, les plus larges et les plus hautes, sont formées des mêmes granits et les parties septentrionales de grès rouge, plus friable. Ce sont au sud les mêmes sommets arrondis en ballons, au nord les mêmes murailles naturelles crénelées et parfois disposées en tours par le travail des eaux; leurs pentes sont couvertes de mag-nifiques forêts, de riches vignobles; des sources abondantes jaillissent sur leurs flancs et à leur pied. Dans les deux systèmes la hauteur et la largeur diminuent à mesure qu'on s'avance vers le nord. Au sud le Felf/berg (1494 mètres) et le Ballon de Giiehwiller (1420 mètres) dominent en face l'un de l'autre les pentes extrêmes de la Forêt Noire et des Vosges. Au nord, c'est des deux parts la même terminaison en terrasses d'une altitude à peiné supérieure à 300 mètres. Dans les deux systèmes le versant le {dus abrupt fait face ici à la plaine badoise, là à la plaine d'Alsace. Les versants extérieurs, au contraire, s'abaissent en pentes modérées vers l'Allemagne et vers la France, vers la région du Neckar et sur le plateau lorrain. Les principaux passages de la Forêt Noire sont au sud le Val d'Enfer, au centre le col de la Kintzig et au nord le col de Pforzheim.

Les terrasses de Souabe et de Franronie, enserrées entre Jura allemand, Fichtelgebirge et Forêt Noire, sont sillonnées par les capricieuses vallées des multiples affluents du Neckar et du Main,

4° Li'()(h>nir(tl(l, le S/)ess(n'l ot le Jt/ion, qui conliiiiieiit laliiinement de la Forêt Noire, ne l'oinient pas une barrière continue, he iYecka}% le Main les coupent. Dune façon générale, l'altitude moyenne de cet ensemble de hauteurs va croissant en s'éloig-nant du Rhin. Le Rhon, masse volcanique puissante, dresse à 950 mètres son sommet principal. C'est un dos de pays dénudé, marécageux et triste. Le Spessart — - la Forêt de lÉpervier — est d'importance moindre encore.

De l'autre côté du Rhin s'élèvent le Donnersbei^g — mont du Tonnerre — et le Hardt.

Entre la région du Neckar et le plateau schisteux se dresse le Vogelsberg (i 772 mètres) — mont des Oiseaux — énorme montagne volcanique recouvrant de sa masse de laves un cercle dont le diamètre n'est pas moindre de 50 kilomètres. Sa forme générale permet de le comparer au massif français du Cantal. Ses laves décomposées donnent au sol des vallées une admirable fertihté.

III. Plateau schisteux rhénan. — Lensemble présente l'aspect d'un plateau ondulé dune altitude moyenne de 500 mètres, coupé de rides montant jusqu'à 700 et 800 mètres, comme le Taunus et le Nunsruch. Ces rides n'apparaissent comme des montag-nes que vues de la plaine rhénane, de Mayence par exemple. Là elles finissent par un talus rajiide. Mais leur front septentrional s'allonge doucement et se confond avec le ])latcau lui-même. La Lahn et la Moselle se sont creusé de profondes et sinueuses vallées dans la linigiieui' ilu plateau, que le Rhin a coupé dans sa larg'eur.

]jC Westerwahl et VEifel, qui répètent au nord du plaleau la disposition du Taunus et du Hunsriick. sont d'as[)ect ])his varié par suite de l'apparition des roches volcaniques; de nombreux lacs occupent le fond des anciens cratères, plus particulièrement dans l'Eifel.

IV. Des divers systèmes de V Allemagne moyenne, le llar: est de beaucoup le plus remarquable. Long- de 100 kilomètres, large en moyeime de oO kilomètres, couvert de forêts sur ses lianes, dénudé à son sommet, il se dresse isolé dans l;i plaine. On a cru longtemps que son ])oint culminant, le Broeken, était le sommet le plus haut de l'Allemagne, alors qu'il atteint seulement 1140 mètres.

Le Teutobui'gei'}i ald q\,\o^ montagnes du Weser ne sorvl

que de minces et basses collines, disposées en long-ues et étroites rides parallèles, coupées d'étroits passages analogues aux cluses du Jura. C'est par une de ces cluses que le Weser, à Minden, pénètre dans la plaine du Nord. Ce passage, appelé les Portes de Westphalie, marque la limite extrême de l'Allemagne montueuse.

La basse Allemagne. La plaine du Nord. — Longue de 1300 kilomètres, ia. pfaine, de l'AUemaf/ne du JYord na pas de limites naturelles à l'est et à l'ouest ; elle continue la plaine russe ; elle est continuée par la plaine batave et flamande. Au nord, elle a pour frontière la mer, au milieu de laquelle elle se prolonge par la jetée du Jutland. Au sud, elle s'étend jusqu'au pied des montagnes. Sa largeur varie de 150 à 300 kilomètres.

Sa surface s'incline tout entière du sud au nord; mais l'aspect peut varier; à l'est de l'Elbe, l'uniformité de la plaine est rompue par des plateaux de faible élévation. A l'ouest, elle est à peu près uniformément plate.

ha. plaine orientale, dite aussi la. plaine wende, du nom des Slaves qui y dominèrent jadis, est la plus larg-e. De légères collines s'élèvent sur la rive droite de l'Oder comme sur la droite de l'Elbe. D'autres sillonnent la Prusse et la Poméranie et longent la Baltique. Entre l'Elbe et l'Oder, le Brandebourg et le Mecklembourg couverts d'étangs présentent une surface fortement déprimée.

A l'ouest de l'Elbe, le niveau ne se relève que dans les landes sablonneuses de Lunebourg, région stérile et peu peuplée.

La plaine de l'Allemagne du Nord, sous un aspect monotone, présente, à de faibles distances, des contrastes assez vifs. En général elle est couverte d'un sable fin qui forme des dunes et des plaines désignées sous le nom de « geest ». Dans le Nord, les bois de sapins alternent avec les lacs aux eaux mornes. Souvent les vallées sont presque au même niveau que les fleuves, sur de vastes étendues, et sont inondées à la moindre crue. Aussi les lacs permanents, les marais et les tourbières sont-ils fréquents dans cette zone. En revanche, les parties surélevées en plateaux portent souvent des champs d'un limon très fertile.

Pour compléter la description deV Allemagne plate, il faut

152 DESCRIPTION PARTICULIÈRE DES ÉTATS El'ROPÉENS.

ajouter la plaine du Rliin, enclavée au milieu des hauteur ■ de la moyenne Allemagne et de rAlsace-Lorraine, longcouloir d'une admirable fertilité.

Climat. — Le climat de TAllemagne résulte de ce double fait qu'elle est une région intermédiaire entre l'Europe orientale et occidentale et qu'elle est composée de deux parties bien distinctes, plaines et hauteurs.

D'une manière g'énérale, le climat de l'Allemag-ne est

Fig. 21). — Le régime des pluies en Allemagne.

plus rig-oureux que celui des pays de l'Europe occidenlale situés sous une latitude analog-ue. L'intluoiK^e coiiliiientale prévaut surtout à l'est. Dans le Nord-Ouest, eu jtailiculier dans la région rhénane, le climat est océanique ; Francfortsur-le-Main, Trêves, Goblenlz, Altona, ont une température moyenne de -|- 10". Dans la plaine du Nord, Berlin n'a que -|- y. Au delà de l'Oder la moyenne tombe à + S". C'est aussi la moyenne de l'Allemagne du Sud, de niveau plus élevé, et en particulier de la Havière, située sur uu liiiul I l.'itcau. Il l'ait en moyenne plus cbaud à IJerliii ([u'à

Uim. Dans l'Allemagne orientale, à Kœnig'sberg-, la moyenne annuelle tombe au-dessous deO°.

L'abondance des pluies va en décroissant d'ouest en est, et le climat devient plus extrême à mesure qu'on avance dans la même direction, vers la partie la plus massive du continent, la Russie. Le relief très marqué au sud modifie les condi lions qui résultent des différences de latitude et établit une sorte de compensation entre la plaine du Nord et les rég-ions de la haute Allemag-ne ; en sorte que la moyenne des pluies sur le plateau bavarois est à peu près la même que dans la plaine du Wescr.

Une cai'te des pluies fait ressortir les grands traits du relief de l'Allemagne; on y disting'ueparticulièrementbien tous les grands plissements du terrain, des Alpes à la mer du Nord. La zone littorale sur la mer du Nord reçoit de 70 à 80 centimètres de pluies par an. Du Rhin à Berlin, la moyenne varie de 55 à 70 centimètres. Au delà elle varie de 40 à 55. Dans les diverses parties de l'Allemagne montueuse, les crêtes principales reçoivent plus de 85 centimètres de précipitations annuelles. Leurs versants sont aussi fortement arrosés que les pays riverains de la mer du Nord (de 70 à 85 centimètres). Les terrasses et les plateaux intermédiaires reçoivent de 55 à 70 centimètres d'eau.

Hydrographie. — De tous les fleuves qui traversent l'Allemagne, seuls VEms et le Weser lui appartiennent en entier, ÛOder cependant n'est autricHien que par se,s sources. Mais rAllemagne partag-e avec les États qui l'avoisinent le Rhin, le Danube et la Vistule. Les fleuves de la plaine sont tributaires de deux mers, mo' du Nord c\ Bnltiquc. Le Rhin, VEms, le Weser et ÏElhe se jettent dans la mer du Nord; la Baltique reçoit VOder et la Vistule.

Tributaires de la mer du Nord. —\. Le Rhin en Allemagne. — L'Allemagne possède le cours moyen du Hliin, dont les sources appartiennent à la Suisse et les bouches à la Hollande.

On peut distinguer deux parties dans le cours du Rhin en Allemagne :

l" De Bàle à Bingen, le fleuve coule au milieLi d'une plaine dalluvions, à pente assez faible. Aussi le fleuve, qui débile en moyenne 1000 mètres cubes pai- seconde, do-

iU DESCRIPTION PARTICULIÈRE DES ÉTATS EUROPÉENS.

crit-il de nombreuses boucles. Il se crée de tous côtés de faux bras et divague si bien en certains points que sa largeur, avec les îles boisées quil enferme, atteint parfois jusqu'à 3 kilomètres. Ces divag-ations ont forcé les villes à s'éloig-ner des rives, à s"élever de préférence dans les vallées latérales des aftluents. De grands travaux ont été entrepris pour la rectification du cours du Rhin. On l'a à peu près ramené partout à une larg-eur de 500 à 250 mètres. 2" De Bingeii à Bonn le Rhin coule à travers le plateau schisteux. A l'entrée dans les défilés, le Rhin franchissait jadis un seuil de plusieurs mètres. On a fait disparaître toute trace d'écueils. Le Rhin s'avance dans une g'orge si étroite qu'il laisse à peine, à droite et à gauche, entre ses rives et la muraille rocheuse, la place d'une voie ferrée. Sur les coteaux que couvrent des vig-nobles célèbres se dressent de tous côtés les ruines de vieux Biwr/s. A peu près au centre du plateau schisteux, à Coblentz, le Rhin reçoit presque au même point sur sa droite la [.ohn, sur sa gauche la MosoIIp.

1. Affluents de la région de la plaine. — Sur sa rive fj(nichi\ les affluents sont peu dévelojipés. L^ plus important est 1'///, qui arrose la riche plaine d'Alsace, recueillant par ses affluents les eaux des Vosges. Les villes importantes de l'Alsace, Mulhouse par exemple, se sont élevées sur ses bords. L'Ill finit en aval de Strasbourg-.

Sur la rive droite, le Rhin reçoit deux de ses affluents les 1)1 us importants, le Neckar et le Main, qui drainent toutes les eaux des plateaux du Wurtemberg et de Franronie.

Le. Neckar, long- de 340 kilomètres, naît dans une région marécageuse, assez près du Danube. Il descend du sud au nord, rapide, encaissé dans les défilés rocheux, avec des alternances de larg-es bassins bordés de coteaux à pentes allong-ées. Il ne devient navig-able que beaucoup au delà de Stullgard. Il finit à Mannheim.

Le Main est plus considérable. C'est, après la Mose/te, le plus important des tributaires du Rhin. Peu de coui's d'eau sont aussi sinueux; tandis que, de sa source à son cmbouchui-e, la distance en ligne droite n'est que de 200 kilomètres, la rivière présente en réalité un développement de OOO kilomètres. Il sort du nœud du Ficlilchjchiri/e un centre hydrog-ra|>hique qui rappelle en petit le Saint- (jothaid. Sun cours 1res calrne en ferait une grande voie

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