‹ EuropeChapitre 48 sur 113 · I. — Géographie physique · texte numérisé non relu

I. — Géographie physique

Situation et dimensions. — La presqu'île des Balkans couvre au sud-est de l'Europe une superficie de 500000 kilomètres carrés, ou de 577 400 kilomètres carrés en y comprenant la Roumanie.

Des trois péninsules que baig-ne la Méditerranée, c'est la ?noins isolée, \q. plus articulée et la plus variée. Elle comprend des pays de nature très diti'érente, peuplés par des races très diverses et formant plusieurs États rivaux. Le vrai nom de cette péninsule si complexe serait celui d'Europe Mineure. C'est véritablement une petite Europe qui s'avance dans la Méditerranée en contact avec l'Asie Mineure.

Elle est délimitée au nord par la Save et le Danube. L'Adriatique et la mer Ionienne baig-nent son front occidental. A l'est, la mer de l'Archipel ne sépare pas nettement les terres balkaniques des terres asiatiques. Entre les rives de la Grèce et celles de l'Asie Mineure la ressemblance est g-rande et il est difficile de rattacher à l'un ou l'autre continent les nombreuses îles qui les joignent. Les détroits du Bosphore et des Dardanelles ne sont que d'insignifiants couloirs entre la rive d'Asie et la rive d'Europe. Le Bosphore est sur certains points réduit à 500 mètres de laige et sépare à peine Constant inople de son faubourgasiatique, ScutaH. Les Dardanelles n'ont pas plus de 2 kilomètres en moyenne. .

La péninsule se rattache au continent par une large base de i 200 kilomètres entre la mer Noire et le fond de l'Adriatique ; c'est près de trois fois la longueur de l'isthme qui rattache l'Espagne à la France. La presqu'ile s'amincit et s'articule du nord au sud, comme l'Europe de l'est à l'ouest, et présente une série d'isthmes de plus en plus étroits ; on mesure :

800 kilomètres entre Constantinople et Antivari ;

250 kilomètres entre Salonique et le cap Glossa;

150 kilomètres du golfe de Volo au golfe d'Arta;

G kilomètres à l'isthme de Corinthe.

En même temps les îles deviennent de plus en plus nombreuses.

Relief. — Les montagnes qui couvrent la péninsule, reliées au nord-ouest aux Alpes, forment avec les systèmes d'Asie Mineure la transition entre le relief européen et asiatique.

Nulle part en Europe, si ce n'est dans la région alpestre, le relief nest aussi confus que dans la péninsule des Balkans. Il y a là un enchevêtrement extraordinaire de chaînes et de massifs, entre lesquels s'insinuent de rares plaines, le plus souvent réduites à de simples couloirs. On ne peut y trouver ni un système d'ensemble comme les Apennins en Italie, ni une forme prédominante comme les plateaux de TEspagne. D"où la nécessité de diviser l'étude du relief en deux parties : 1° les systèmes montagneux du Nord, c'està-dire de la moitié continentale larg-e et massive, qui s'étend entre l'Adriatique et la mer Noire ; 2" les montagnes du Sud, ou de la partie péninsulaire et des iles, fragmentées et articulées comme le littoral lui-même.

I. Les systèmes continentaux présentent des masses de hauteurs plus étendues et plus continues : depuisla presqu'île (le ristrie jusqu'au cap Emineh, sur la mer Noire, elles décrivent comme une vaste courbe orientée du nordouest à l'est ; leurs pentes s'inclinent du sud au nord vers la Save et le Danube. La géologie permet d'y distinguer deux groupes de structure et d'aspect différents :

1" Les systèmes calcaires à l'ouest, entre l'Adriatique et la vallée de la Save ;

2" Les systèmes primitifs à Test, entre l'Archipel et le bas Danube.

i° AVouest, les roches calcaires (jurassiques et crétacées) qui continuent les Alpes orientales et le Karst istrien ont formé dans la Dalmatie, la Bosnie, THerzégovine et le Monténégro, le plissement des Alpes Dinariques.

Ce système rappelle le Jura, non seulement par sa composition, mais par sa disposition en crêtes parallèles, dirigées du nord-ouest au sud-est, dont une partie s'est désagrégée pour former les îles Illyriennes. Même aspect des crêtes, souvent terminées en murailles ahniptes et blanchâtres, comme les baliiies de la Franche-Comté ou du Uaupliiné, et coupées de cluses étroites et profondes. Mêmes terrains fissurés, criblés de gouffres où se perdent les eaux.

La partie la plus tourmentée est la région du Montctirr/rn (en slave Tclieniagora), vrai labyrinthe de cirques monta-

g-neux que dominent le Kom (2450 mètres) et le Dormitor (2600 mètres), dernier refuge des Slaves chrétiens au temps de la conquête turque. Le nom de « montagne Noire » n'est plus guère justifié pour ce pays aujourd'hui déboisé.

La limite de ce système est marquée par le massif du Tchar-Dagh, orienté suivant un axe perpendiculaire aux chaînes précédentes. Ce massif, avec son sommet de 3050 mètres, passe pour le point culminant de la péninsule, comme il en est le centre géométrique. Il est cependant dépassé par un sommet voisin, la « Tête du bey ».

Entre les chaînes jurassiques de Fouest et les systèmes primitifs des Balkans à l'est, s'étend une région intermédiaire, que les anciens appelaient Mœsie et qu'occupe aujourd'hui la Serbie. C'est un ensemble de plateaux et de massifs boisés à travers lesquels une larg-e vallT^e, celle de la Morava, ouvre une voie de communication naturelle du nord au sud. A l'est de cette rivière, les falaises de la Golubinié Planina, orientées du sud au nord, serrent de près le Danube aux Portes de fer et relient les Alpes de Transylvanie aux Balkans.

2° Systèmes primitifs des Balkans. — Les montagnes qui couvrent la Serbie orientale, la Bulgarie et la Roumélie, à lest de la Morava et du Vardar, sont formées de roches primitives (granité, porphyre) et des sédiments les plus anciens (schiste et grès rouge).

Les Balkans, allongés de l'ouest à l'est, parallèlement au Danube; rappellent les Vosges par leur composition géologique, par la forme arrondie de leurs sommets, ainsi que par l'inégalité de leurs pentes, étagées en terrasses vers le nord, abruptes au sud, enfin par les forêts qui couvrent leurs flancs et leur ont fait donner leur nom (Balkans = montagnes boisées).

Les Balkans présentent leur altitude la plus considérable au centre, dans le Kodja-Balkan (2000 à 2400 mètres). A Test, ils s'abaissent jusqu'à 500 mètres dans les monts Emineh. Nombre de passages y sont praticables : le col de Demir-Kapu, la passe de Chipka '1333 mètres), entre Tirnovo et Khezanlik, rendue célèbre par la guerre russoturque, le col de Troïan. La région la plus accessible est la trouée de VIsker., qui débouche dans l'ancien bassin lacustre de Sofia.

Au sud du Balkan, auquel le rattachent le Vitoch et le

Rilo-Dagh, s'élève le Despoto-Dagh (ou Rhodopé), dont les sommets schisteux aux formes tourmentées dominent la plaine de la Maritza et les vallées de la Macédoine.

II. Montagnes péninsulaires et insulaires. — Le relief de la partie méridionale présente des masses moins étendues, mais non moins variées d'aspect. On peut encore les subdiviser en deux g-roupes d'après la nature du terrain : Tun à Touest. l'autre à Test du Pinde.

1° .4 l'ouest, les systèmes calcaires de l'Herzégovine e du Monténégro se continuent dans l'Albanie et l'Épire, mais avec une disposition moins rég-ulière : au lieu de crêtes parallèles, c'est un plateau accidenté, raviné, creusé de cavités lacustres profondes comme les lacs d'Ochrida et de Janina, et de nombreux Katavothra où se perdent les eaux des torrents. Cette région fermée, peu accessible du côté de la mer, rappelle plus les plateaux italiens des Abruzzes que les chaînes et les massifs helléniques.

Elle est séparée de la Thessalie et de la Grèce propre par les longues chaînes boisées du fhrnnmos et du Pinde qui s'étendent du nord-ouest au sud-est depuis le Tchar-Dagh jusqu'aux environs du golfe de Corinthe. Leurs sommets dépassent souvent 2000 mètres, et les passag-es y sont difficiles.

2° A l'est de cette chaîne de séparation, l'aspect est tout autre ; au lieu de plateaux, on trouve dos massifs isole's de schiste ou de marbre, des îlots montagneux aux pentes abruptes et aux formes pittoresques. C'est comme un archipel de montag-nes qui annonce l'archipel maritime.

ViOlympe, le plus élevé de ces massifs (3000 mètres), domine de toute sa hauteur le g'olfe de Salonique d'une ]tart, la plaine thessalienne de l'autre. Point culminant des iiords de la mer Egée, son sommet souvent enveloppé de nuages orageux devait tixer l'attention des Grecs, qui en firent le séjour de Jupiter.

Au delà, le Pélion, lOssa, les monts de VEubée et des flrandes Cyclades alignent du nord-ouest au sud-est une sôiie de massifs de hauteur décroissante.

L'Othrijs sépare la Thessalie et la Grèce centrale. Dans la Grèce centrale se pressent les sommets les plus célèbres, le Parnasse, qui domine Delphes, V/fe/icon, le Cythéron, le Penfétique et Vffymetle, séparés par des plaines peu

étendues comme en Attique ou par des dépressions marécageuses comme le lac Copaïs en Béolie. — Des carrières du Penlélique, les Athéniens ont extrait lesmarbres du Parthénon et des Propylées.

Les îles des petites Gyclades [Paros) prolongent les hauteurs de l'Attique. Les monts de la Ghalcidique (mont At/ios) au nord, de la Crète (mont Ida) au sud, occupent les deux extrémités de l'Archipel.

Quant au Pélopoîicse, il forme un tout à part, à peine relié à IHellade par l'isthme de Corinthe, seuil de 80 mètres de hauteur. Dans son ensemble le Péloponèse présente au centre un plateau crétacé, l'Arcadie, bordé au nord et à Test par de hautes montag-nes, les monts d'Achaïe et les monts Parnon, tandis qu'il s'abaisse vers l'ouest sur la plaine de TÉlide, et se désarticule au sud en longs promontoires, tels que le Tai/gète, qui domine la vallée de l'Eurolas ou Liri, l'ancienne Laconie, et forme la presqu'île du Alagne.

Volcanisme. — L'action volcanique se manifeste dans un grand nombre d'îles de l'Archipel ((7/i/o. Sa?iforiii). et dans la péninsule, de même qu'en Sicile et dans l'Italie méridionale, par des soulèvements, des solfatares, ou par la présence de laves et de trachytes. Les tremblements de terre sont fréquents dans les parages du Bosphore.

Plaines. — Les plaines sont rares; la plaine roumaine exceptée, elles sont de petite étendue. Elles forment le plus souvent des sortes de golfes, des bassins arrondis, très fertiles et pittoresques, dominés de toutes parts par les montagnes : telle bassin de T/iessalie, en Grèce ; telles les plaines inférieures du Vardai^ et de la Strouma., en Macédoine. La plaine de RouméUe et le bassin à'Aiidrinople sont les plus étendus.

La plaine roiunaine (88000 kil. carr.) est, en fait, extérieure à la péninsule : elle n'est que le prolongement de la plaine russe au sud du système transylvain. Monotone et dépourvue d'arbres, mais en partie couverte d'un limon fertile, elle s'abaisse insensiblement vers la mer Noire, tandis que par g-radins réguliers elle s'élève jusqu'aux avant-monts des Karpates et des Alpes de Transylvanie.

Climat. — Dans la péninsule coupée de massifs montag-neux d'orientations très dillérentes, on ne peut trouver un

climat unique. Au nord-est, la Roumanie est soumise au régime continental dans toute sa rig'ueur : le Danube gèle tous les ans; le thermomètre peut y marquer — 30° en hiver et -|- 45° en été. Les vents prédominants sont ceux du nord-est qui, après avoir traversé les steppes de la Russie méridionale, arrivent brûlants en été, glacés en hiver. La Serbie et la Bulgarie participent à ce climat; cependant l'écart entre les températures d'été et d'hiver V est déjà moins considérable, par suite de l'importance du relief qui g-êne l'action des vents. La Roumélie est particulièrement abritée par la mer Noire à l'est et par les montag-nes au nord; le voisinag-e de la mer adoucit beaucoup la température de cette région. Enfin la Grèce doit à ses innombrables articulations un climat assez tempéré ; d'ailleurs la moyenne de la température peut varier beaucoup entre deux districts voisins, grâce aux différences d'altitude et d'orientation des montagnes qui y forment de nombreux bassins séparés.

Les coups de vent du Varias sur les côtes de l'Archipel, de la Dora sur l'Adriatique causent souvent un brusque refroidissement.

Les îles jouissentirun climat d'une douceur merveilleuse, tant dans la mer lonien^ne que dans la mer Ég-ée. Conslantinople dont la température moyenne est de 14°, 75, les rives du Bosphore et de la mer de Marmara sont ég-alement célèbres pour la constance de leur température agréable et la pureté de leur ciel.

Pluies. — Les pluies sont très inégalement purtajçées entre les deux versants. Les montagnes du côté de l'Adrialique et de la mer Ionienne sont abondamnii'iil arrosées. La hauteiu" des précipitations annuelles atteint 1™,I0 et même 1™,40. Au contraire, le versant oriental reçoit peu de pluies. En (Irèce, par exemple, la moyenne n'est que de -iO centimètres. Aussi les tributaires de l'Adriatiiinc et de la mer Ionienne sont-ils plus abondants que ceux de la mer Egée. Dans la partie la plus nuissive de la péuinside, le Monténégro, la Serbie, la Valacbie et la Bulgarie, domine le régime continental. A Bucarest, le pluviomètre accuse annuellement 70 centimètres de précipitation, avec 72 centimètres de neige.

Cours d'eau. — Les eaux de lapcninsule s'écoulent dans trois directions principales: au nord, vers la Save et le Danube; à l'ouest, vers V Adriatique et la mer Ionienne \ à l'est, vers la mer Egée et la mer Noire.

Le bas Danube. — Dans la dernière partie de son cours, le Danube forme la frontière entre la Serbie et la Bulg-arie, d'une part, et la Roumanie, de l'autre. A chaque ville bulg-are sur la rive droite fait face une ville roumaine sur la rive gauche. Il décrit une vaste courbe de 850 kilomètres des Portes de Fer à Galatz. Sur sa rive droite, jusqu'à Silistrle, il ronge les falaises de la Bulgarie ; il s'étale à gauche en une série de lacs et de marécages et ouvre, à côté de son sillon principal obstrué d'îles et de bancs de sable, de nombreuses tranchées secondaires. Son lit et ses rives sont sujets à de tels déplacements qu'il n'a pu servir de frontière entre la Bulgarie et la Roumanie que par une convention soumise à une revision périodique. Le long de la Dobroudja, le Danulje forme une large zone d'inondation. Sa marche est extrêmement lente. Sa masse d'eau est considérable: il roule en moyenne plus d'eau que le Rhône et le Rhin réunis, plus de 9000 mètres cubes par seconde. Il se termine par un delta, dont les branches principales sont celles de Ki/ia, de xSuUiia et de Saint-Georges. La bouche de Sulliia a été transformée, par les ingénieurs de la Conunission européenne du Da7iube, en un véritable canal, et un port de refuge précieux avec les brusques tempêtes de la mer Noire.

Avant les Portes de Fer, le Danube i-eçoit à droite, par la Save, les rivières de la Bosnie, l/na, Bosna, Drina. La Morava lui apporte le tribut abondant de la Serbie et du Tchar-Dagh. Les Portes de Fer franchies, c'est sur sa rive gauche que le Danube reçoit ses affluents les plus puissants : VAlufa qui prend sa source sur le plateau de Transylvanie et traverse les Karpates au défilé de la Tour Rouge; le Sereth et le Prath lui apportent à Galatz les eaux de la Moldavie. A gauche, les Balkans lui versent le Timok et VIsker, la rivière de Sofia.

Tributaires de l'Archipel, de la mer Ionienne et de l'Adriatique. — Le plus long des tributaires de l'archipel est la Jlaritza, fleuve central de la Roumélie (495 kil.); il draine les pentes du Despoto-Dagh et des Balkans. Sa vallée s'élargit et devient une plaine assez développée à partir d'Andrinople. C'est un véritable torrent desséché en été et débordant en hiver.

Dans le golfe de Salomque débouche le Vardar, des

cendu, comme la Morava serbe, du Tchar-Dagh (3G0 kil.).

Quant aux cours d'eau de la Grèce, ils rappellent ceux de l'Algérie et les petits fleuves de l'Espagne méridionale; la pluie seule fournissant les eaux, les écarts de niveau sont brusques. La Salamhria (Pénée), qui arrose la plaine de Thessalie, a seule quelque importance.

Les rivières du versant occidental [Alphée^ Aspro-Potamo5), en raison de l'orientation de leurs vallées ouvertes aux vents humides delà Méditerranée, sont beaucoup mieux pourvues d'eau. La Narenta, descendue de l'Herzégovine, est célèbre par ses g'orges et la série de ses défilés.

Les massifs de la péninsule des Balkans ont aussi leurs lacs, dont les plus grands sont le lac de Scutari au sud du Monténégro et le lac à'Ochrida en Albanie.

Littoral. — Le développement total des côtes comprend près de 5000 kilomètres.

Du golfe de Fiume aux boiu-hes de Cnttaro, le littoral dalmate qui appartient à l'Autriche est bordé d'îles nombreuses, disposées enlong-ue chaîne parallèlement à la côte. Les bouches de Gattaro, sinueuses et toutes pareilles à un fjord, sont l'articulation la plus remarquable de la côte. De là au cap Glossa, sur le canal d'Otrante, la côte albanaise est tantôt élevée, tantôt bordée de lag-unes. L'Épire présente ensuite une série de hauts rochers plongeant à pic dans la mer. Au large est l'île de Cor fou, qui compose avec Sainte- Maure, Ithaque, Céphalonie et Zante, l'archipel grec des îles Ioniennes. Au golfe d'Arta commence la côte hellénique.

On a dit justement que la Grèce était la péninsule de la péninsule des Balkans. Nulle partie de l'Europe orientale n'est aussi riche en articulations. Du haut de chaque sommet, le pâtre grec aperçoit la mer qui s'insinue entre les promontoires ; non une mer immense qui donne la sensalion redoutahie de l'infini, mais une mer peuplée diles qui sendjlent appeler I0 p^'clieur et le marin.

A l'ouest, sur la mer Ionienne, l'articulation la plus remanjuable est le golfe de Corinthc, précédé du golfe de I*atras et rejoint par un canal n)nritimc au golfe d'Égine. Plus bas, Navarin offre la baie la j)lus sûre de la côte occidentale. Au sud, deux golfes profonds séparent les trois promontoires extrêmes de la Morée, terminés par les caps (lallo, Matapan eiMalc'e. au large duquel l'île de Cerigo dresse ses escarpements rocheux.

La côte orientale est extraordinairement découpée. Le g'olfe de Nauplie, le golfe d'AV///it' avecla rade de .S'«/a^n^>ie et le Pirée,\e déiroitd'Eubée, le g'olfe de Vofo pénètrent profondément la terre et découpent les grandes presqu'îles de VArgo/lde et de VAttique. Les g-randes îles de Crète et d'Eubée et la longue série d'îles des Cyclades continuent l'alig'nement des péninsules.

Au pied de l'Olympe commence le littoral turc; à l'est du golfe de Salonique, que les alluvions du Vardar encombrent de bancs de sable dans sa partie septentrionale, la })resqiiîle de Chalcidique projette trois longs promontoires parmi lesquels celui du mont Atlios . La côte de Roumélie est moins élevée. Au large se dressent les îles célèbres Thnso^, Samothrace, Imbros, Lemnos. La presqu'île de Gain poli couvre comme une jetée la mer de Marmara et domine le long' chenal des Dardanelles. A l'entrée du Bosphore, la Corne d'Or sert de port à Gonstantinople.

Sur la mer Noire la côte est assez élevée jusqu'à la Dobroudja. Le beau golfe de Bourgas et le cap Eniiné, dernier contrefort des Balkans, la rade de Varna sont les plus remarquables articulations de la Bulgarie. La Dobroudja, bordée de lagunes et de flèches de sable, annonce la côte alluviale du delta danubien.

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