‹ Eurythmie et harmonieChapitre 8 sur 18 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Dans un de ses commentaires sur les psaumes, saint Augustin engage les chrétiens à imiter les voyageurs qui chantent pour tromper les ennuis de la route et en mieux supporter les fatigues, Cantate ambulantes : faciunt hoc viatores ad solamen laboris (1).

(1) Enarr. in ps. lxvi, n° 6. Nous savons, par une lettre de saint Jérôme à sainte Marcella, que les paysans de Palestine, au cinquième siècle, avaient

Il est d'expérience, en effet, que le rythme de la musique facilite celui de la marche : les voix qui s'unissent pour former des chœurs rendent de la force aux membres abattus ; les pas qui obéissent à la mesure et à la cadence se fènt avec plus d'aise et d'entrain; les longs espaces sont franchis plus rapidement, et voilà comment l'eurythmie et l'harmonie sont les bienfaisantes compagnes de notre vie voyagère.

la pieuse coutume de chanter les psaumes tout en labourant la terre ou recueillant leurs moissons. Quocumque te vertis, arator stivam tenens alléluia décantât ; sudans messor psalmis se evocat et curva atto liens vitem falce vinator aliquid Davidicum canit. Hœc in sunt provincia nostra carmina; hic pastorum sibilus, hœc arma culturœ. (S. Hier. ep. 17, ad Marcellam.)

Il faut, ajoute encore le saint docteur, chanter non pas les vieilles chansons, connues et usées, des passions de la terre, mais les cantiques de la vraie patrie ; ces cantiques d'amour dont il est impossible de se lasser, parce qu'ils expriment des sentiments toujours nouveaux. Nemo vetera cantet ; cantate amatoria patriœ vestrœ : nemo vetera.

Et ailleurs, il explique que « chanter à « Dieu, c'est vivre pour Dieu et agir pour « sa gloire ». Cantat Deo qui vivit Deo : psallit nomini ejus qui o'peratur in glo~ riam ejus (1).

Telle sera la'conclusion de notre étude

(1) Enarr. in ps. lxvii, n° 5.

sur le rôle de la musique dans l'éducation et dans l'économie de notre existence terrestre. Encore une fois, cette vie éphémère n'est que la préparation et le prélude du concert définitif dans lequel nous serons admis à faire notre partie, si nous méritons d'être reçus dans les chœurs de la Jérusalem céleste. Dès maintenant donc, commençons à vivre pour Dieu, agissons en vue de sa gloire, et nous aussi, un jour, bientôt, « nous « chanterons éternellement les miséri- « cordes du Seigneur (1). »

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