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était assise s’ombrageait d'arbres élevés et touffus qui
exhalaient la plus agréable fratcheur jusque dans Îles
heures les plus brûlantes du jour.
Des sources abondantes d’une eau limpide comme le cristal conservaient aux arbres et aux plantes leur verdure et leur fraîcheur, même dans la plus chaude saison de l’année,
Les habitants de la ville, qui étaient pour la plupart de riches commerçants, s'inquiélaient vivement des résultats de la guerre.
Depuis longtemps ils n’avaient reçu sur la guerre que des renseignements peu positifs. La rumeur publique leur apprit que, malgré toutes les recrnes dont l’armée se fortifiait chaque jour, elle n’avait pu gagner de terrain, qu’elle avait été réduite à chercher sa sûreté entre les rochers et au milieu des marais, et qu'il élait impossible MRUa tenir encore longtemps devant la supériorité de l’ennemi. Deux jours auparavant, un commerçant chargé des fournitures des soldats avait apporté la nouvelle d’un: retraite complète,
Ces pauvres habitants étaient bien consternés de ‘ec tristes événements, et quand ils aperçurent de loin vers le soir un nuage de poussière à travers lequel on voyait briller les armes, l'alarme fut à son comble, et l'on n’entendit bientôt dans toute la ville qu’un cri d'horreur : ‘‘ L’ennemi! l’ennemi l”’ Ils voyaient déjà leur ville saccagée et livrée aux flammes. Bientôt les cavaliers furent près de la ville, et les citoyens, reconnaissant en eux leurs frères et leurs défenseurs, apprirent que la retraite qui les avait tant effrayés n'était qu’une ruse de guerre, el entendirent les soldats s’écrier transportés de joie: ‘“ Qui, nous sommes vainqueurs, et nous avons imposé la paix à l'ennemi.” La crainte et les angoisses se changèrent alors en une joie délirante, iuexprimable, qui se répandit en cris d’allégresse,
Chaque citoyen s’empressa à l'envie d'accueillir le mieux possible ces hôtes valeureux. Le gouverneur envoya aussitôt des députés au-devant du générai pour
le féliciter de sa victoire et l’inviter à rester quelques
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jours avec son armée dans leur ville pour s’y reposer des faligues de la guerre, l’assurant que tout ce qu'ils possédaient était au service de leur libérateur.
Le jour suivant, le soleil était déjà assez élevé sur l'horizon, lorsque l’armée s’approcha de la ville: le camp fut assis dans les prairies nouvellement fauchées, et en un instant on vit une multitude de tentes blanches s’aligner sur la pelouse. Le général, accompagné d’une brillante escorte d'officiers et suivi de sa garde d'élite, entra dans la ville, dont les généreux habitants s’élaient préparés pour recevoir dignement le vainqueur des Parthes. Les rues par lesquelles il devait passer avaient été couvertes de feuillage, et les colonnes de marbre du palais impérial disposé pour le recevoir étaient entourées de Eranihee de lauriers entrelacéesde couronne: de fleurs. Un chœur dejeunes gens tenant à la main une branche d’olivier, un de jeunes vierges parées de fleurs chantaient alternativement des hymnes de victoire, et à la fin de chaque stance le peuple mêlait ses cris joyeux aux fanfares bruyantes des trompettes, Le gouverneur de la ville, consulaire âgé et respectable, offrit au général une couronne de jurier. Eustache, prenant cette couronne, en divisa les deux rameaux, et les présenta à deux jeunes capitaines qui marchaient à ses côtés. Je partage avec vous ces lauriers, leur dit-il; ils vous appartiennent autant qu’à moi. Je voudrais seulement, ajouta-t-il en se tournant vers les autres
officiers, pouvoir les partager de même avec toute l’armée.”
néanmoins les réjouissances la rendaient triste, Achetée d’un marchand d'esclaves par un riche
indice sur ce qu’il était devenu. Le matin du jour des corbeilles de
fleurs daus le jardin qui était confié à ses soins, et les remellait aux esclaves qui les attendaient pour en orner la fête, elle était À À d'une seule pensée, ‘ J'ai vu aussi de semblables fêtes jadis, peusait-elle ; c'élait en l'honneur de mon mari, de mon cher Placide, quand il revenait triomphant de ses expéditions.” Comment aurait-elle pensé que cette fête était pess Ce et que c'était pour lui qu’elle cueillait ces eurs
Au moment où ce cri: 4 Le général ! le voici !” retentit dans toute la ville, lorsque tout le peuple, bondissant de joie, courait par les rues, se pressant, se heurtant pour le voir, lui et ses valeureux compagnons, elle ne put s'empêcher de quitter ses-fourneaux où elle préparait un somplueux repas pour quelques officiers qui devaient diner à la maison ce jour-là. En entendant les cris de joie de tout le peuple et les joyeusses fanfares des trompettes, un soupir trahit sa douleur, et des larmes amères coulèrent sur ses joues.
* Il ne reviendra plus, pensait-elle, je ne dois plus espérer le revoir en ce monde, On ne célébrera plus vi lui de ces fêtes brillantes ; ces instants de bon-
ieur sont passés pour moi, Mais je le reverrai au ciel, et notre triomphe y sera beau; car ici-bas nous aurons bieu longtemps souffert,” |
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CYAPITRE XI
Reconnaissance des deux fils d'Eustacho,
Les officiers qui dînaient dans la maison où Thé- LE ophyla servait comme esclave vinrent après le repas, Re | |
lorsque la chaleur du soleil fut moins brûlante, il admirer le jardin avec ses fleurs, ses légumes et ses ji beaux arbres fruitiers, Du jardin même on découvrait il dans la prairie le camp avec ses tentes blanches comme ë la neige. A l'ombre d’un groupe de grands arbres au j feuillage épais se trouvait une table de pierre entou- LL rée de bancs également de pierre, et tout près de là , À til
un bosquet magnifique séparé du jardin par un ruisseau qui faisait entendre un léger murmure, Plusieurs officiers vinrent s'asseoir sur ces bancs, où lon respirait une agréable fraîcheur : quelques autres qui avaient dîné dans les maisons voisines se joignirent à eux peu à peu ; plusieurs soldats se promenaient aussi sous cet ombrage agréable.
Par ordre de sa maîtresse, Théophyta vint apporter aux officiers des rafraîchissements : ‘elle les disposa avec soin sur la fable, et, comme elle était fatiguée par le travail, elle s’assit auprès de là surun banc de
azon à l'ombre d’un buisson en fleurs. Sa maîtresse ui avait recommandé de ne pas s'éloigner, afin d’apporter ce qui manquerait : son extérieur bien pauvre p'avait attiré l'attention d'aucun officier,
Les militaires avaient le vin agréable, et leur gaieté se répandit en entretiens variés; mais la dernière campague et leurs exploits surtout firent le sujet de
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la conversation. Un capitaine assez âgé et un peu bourru, s'adressant à un autre capitaine aussi jeune que beau, lui dit: ‘ Savez-vous, capitaine, que le général vous a fait un bel honneur en vous donnant la moitié de ses lauriers ?—Ils ne m’étaient pas destinés, répondit modestement le beau jeune homme, mais bien à tonte l’armée; le général l’a dit formel: lement, et c’est au nom de l’armée que j'ai reçu la branche de laurier.” Un autre officier s’écria aussitôt : ‘ Le capitaine avait bien mérité cette gloire; vous avez tous vu les ennemis cernés de tous les côtés se presque en désespérés sur le général ; et certes, si e capitaine, avec ses braves soldats, ainsi que l’autre cohorte avec son vaillant commandant qui a reçu l’autre moitié de la couronne, n'étaient venus au secours du général, il aurait infailliblement perdu la vie dans le combat, et l'issue de la bataille devénait fort douteuse. —Eh! non, reprit le vieil officier, pas tout à fait, nous étions là ; mais seit : cependant vous conviendrez que monsieur et son jeune compagnon de bonheur ont fait une belle fortune en bien peu de temps.—Cela est vrai, dit lé jeune eapitaine, mon avancement a été si rapide, que je me surprends souvent moi-même à douter si tout cela n’est pas un songe, quand il ya un an à peine je conduisais encore la charrue. — Quoi ! dit méchamment le vieil officier, vous êtes donc le fils d’un paysan ?—Non, reprit le capitaine, et mon histoire depuis mon enfance est bien extraordinaire; il faut que je vous la raconte, Mon père n’était pas un paysan, mais un seigneur puissant et un militaire distingué, autant que je me le rappelle à travers la confusion de mes souvenirs d'enfance. Ma mère était très belic ; j'avais aussi un jeune frère, dont il me semble voir encore les beaux cheveux blonds. Je sais que nos parents eurent de grands malheurs ; mon père perdit tous ses chevaux ; quelque temps après ua grand nombre d'hommes moururent, puis mes parents s’en allèrent avec nous, et nous nous embarquêmes à un port de mer, Après avoir fait sur la mer un long voyage, la terre reparut enfin; mais un combat, je ne sais pourquoi, s'engagea
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