‹ Eustache [microforme]Chapitre 16 sur 21 · LA UM · texte numérisé non relu

LA UM

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victorieux ? Oh! s’il était vrai que mon Eustache ne fût plus chrétien, qu'il rougît de reconnaître son épouse sous des habits d’eselave, s’il méconnaissait la main de Dieu qui l’a rendu puissant tandis qu'elle m'a abaissée, eh bien ! qu’il parte, qu'il m’abandonne ; j'en mourrai de douleur, mais je serai contente de Faaoie revu heureux, je passerai sans regret le reste de ma vie dans cette per condition. Eustache, mon époux, lon cœur est-il insensible aux larmes de Théophyta ? Oh ! non, ne repousse pas le bonheur que le Giel nous envoie après tant d'épreuves ; laisse-moi du moins embrasser tes genoux comme une esclave reconnaissante, puisqu'il ne m'est plus permis de te donner le nom d'époux.”

Eustache, attendri et confus des larmes de cette esclave, la considérait attentivement tandis qu'elle parlait; l'émotion et une pâleur mortelle empreinte sur le visage de Thophyta la rendait méconnaissable ; ses habits d’esclave 11 défberelent encore davantage aux yeux de son n1ri: mais peu à peu ses traits, qu'il connaissait si bien se découvrirent, et le doux son de sa voix pénétra 1squ'au fond de son cœur ; il la reconnut enfin. Il vit là ? ses genoux dans cette esclave tremblante sa chère ! phyta, qu'il croyait morte depuis seize années. ‘: iuéophyta, s’écria-t-il hors de lui, c’est toi, oui, toi, que j'ai tant pleurée ! oh ! pardonne-moi de ne pas t'avoir reconnue | Viens dans mes bras, et oublions nos maux pour ne penser qu'au bonheur d’être réunis. Tu as été bien malheureuse ; moi aussi j'ai bien souffert, mais en cet instant je goûte un bonheur qui m'était inconnu.”

Eustache avait enlacé Théophyta. dans ses bras, il inondait son visage de larmes brûlantes, et leurs pleurs se confondaient; mais ils pleuraient de bonheur ; en cet instant ils oublièrent toutes leurs souffrances passées, Ils élevèrent ensemble leurs yeux vers le ciel, et ils semblaient remercier le Seigneur au milieu de leurs embrassements,

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