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au mal. Cette mort subite apparut à mes yeux comme un châtiment de ses coupables desseins, et je remerciai le Seigneur d’avoir exaucé ma prière.
‘Tout l'équipage était extrémement aMigé de la
erte de son capitaine, et se montrait surtout très
trrité contre moi ; ils m'injuriaient et me reprochaient ses souffrances et sa mort. 1ls décidèrent entre eux de me vendre comme esclave, disant qu'ils vengeraient ainsi la mort de leur maître, et que le prix de ce marché les consolerait au moins de sa perte. Mais pensant qu'il ne serait pas prudent de me conduire au port où ils devaient se rendre avec leur Capitaine, et où ils étaient connus, ils me débarquèrent dans une autre ville maritime où ils n'avaient à craindre aucune information sur leur compte.
‘On me conduisit aussitôt sur le marché aux esclaves, et les matelots demandèrent pour me vendre un prix considérable; un marchand vint me queslionner sur ce que j'avais appris, ‘ pour juger disait. il, si la marchandise valait la somme.” Dès mon enfance jai élé accoutumée aux travaux dont s’occupent les dames romaines de famille noble ; je lui détaillai mes faibles talents, espérant avec raison que mon sort pourrait en devenir meilleur, Le marchand avait été chargé, comme je le sus depuis, par un riche commerçant de lui acheter une esclave habile à tous ces travaux. ‘* S’il en est ainsi, me dit-il, je te payerai le prix qu’on me demande ; mais si je reconnais que tu m'as trompé, je te ferai mourir sous les verges. Veux-tu en courir les risques?” Et comme je lui assurai de nouveau que je savais très bien exécuter lous ces ouvrages, il compta aux matclots la somme qu’ils demandaient, et ceux-ci regagnèrent à la hâte le vaisseau, ne se sentant pas de joie d’avoir fait un si bon marché. |
Le marchand qui m'avait achetée m’enferma dans une cellule étroite et me traita avec considération. II veillait âvec soin à tous mes besoins et paraissait ‘rès satisfait de son acquisition.
‘* Au bout de quelques jours une caravane se init en roule avec un grand nombre de chameaux qui
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devaient transporter une grande quantité de marchandises. Je faisais partie du chargement ; on -me plaça sur un chameau, et je fus amenée dans cette ville.
‘“ Le négociant qui attendait cette riche cargaison parut à sa porte aussitôt que les chameax se furent arrêtés devant sa maison. Îl lut avec empressement la lettre du marchand d'esclaves et secoua la tête avec mauvaise humeur. Il me trouvait d’un prix trop élevé, car le marchand avait triplé la somme qu'il avait payée pour moi. mine il appela un esclave et lui ordonna d'aller chercher sa femme afin de reconnaître si je possédais les talents qu’on me donpait, disant qu'il pourrait encore en retirer quelque profit si réellement j'étais aussi habile, mais qu’autrement il me renverrait avec les chameaux.
‘Il me quitta d’un air maussade et alla recevoir ses autres marchandises. L’esclave me conduisit dans un salon MORE où la femme de l’armateur, assise sur un sofa de pourpre, s’occupait à choisir les plus belles perles sur une table qui en était chargée, et les enfilait dans des cordons d’or. Ses manières étaient douces et prévenantes, et au milieu du faste des meubles, ses vêtements étaient simples, son air humble et modeste. Ma vue parut l’étonner ; elle me considéra quelque temps avec une douceur qui m’inspira dès le premier abord la plus entière confiance.
‘* Je n’hésitai point à lui découvrir une partie de la vérité ; mais quelle fut ma surprise quand je la vis, sans me iaisser achever mon récit, accourir à moi les bras ouverts, se jeter à mon cou et m’arroser la figure de ses larmes en me nommant sa sœur! Je ne pus maitriser ma joie lorsqu'elle me dit qu’elle était
chrétienne contre la volonté de son mari, que depuis
longtemps elle priait le Seigneur de lui envoyer une amie de sa religion, et que toute sa vie elle le remerc'erait de l’avoir en‘in exaucée.
‘* Elle me fit asseoir à côté d'elle sur le sofa, et je ne pus résister à l’envie qu’elle me témoignait d'apprendre mon histoire, Mes maux touchèrent son âme sensible, et elle me confia à son tour ses propies
EUSTAUHE - 99
1] EUSTACHE chagrins. Elle m’apprit que son père était un riche marchand qui faisait le commerce de la pourpre.
“€ Un an environ après son mariage, elle reçut avec ses parents la grâce du baptême en l’absence de son mari. À son retour il en fut très effrayé, car la persécution sévissait rigoureusement contre les chrétiens : il craignait surtout de perdre sa fortune ; cependant il leur promit de se faire chrétien aussitôt que le danger serait passé, s'ils consentaient à cacher avec soin leur apostasie.
‘“ Son père était mort peu de temps après, et son mari avait été alors chargé du poids de tout le commerce de la maison. 11 différait chaque jour son baptême, s’excusant de ce délai sur le tracas des affaires, qui ne lui laissaient pas, disait-il, le temps de s’uccuper de religion. La persécution fit de nouveau éclater ses fureurs, et les angoisses du marchand redoublèrent ; le seul nom du Christ prononcé eh sa présence le faisait pâlir. Il emprisonna chez lui sa femme et sa mère, et ne leur permettait pas même de visiter des femmes qui fussent chrétiennes ni de les recevoir. La vieille néophyte fut bientôt rappelée dans la céleste patrie, et laissa seule sa chère fille en proie à la plus grande affliction.
‘°— Tu comprends, ajouta-t-elle en achevant : récit avec un torrent de larmes, combien je suis heureuse de trouver en toi une sœur chrétienne. Devant les autres, et surtout en présence äe mon mari, nous resterons, moi une maîtresse sévère, toi une esclave soumise, mais dans l'intimité nous serons sœurs.”
‘* Elle m» fit voir ensuite ses enfants, deux charmantes peliles filles et un beau petit garçon encore au berceau. ‘‘ Tu m'aideras, me dit-elle, à élever mes enfants pour le ciel ; ce sont mes perles et mes trésors les plus précieux en ce monde.’
‘* Lydia, c'était son nom, me parla ensuite des travaux auxquels son mari me destinait. Son occupation était de veiller aux soins du ménage, de choisir la pourpre, le bysse, et de préparer de riches colliers
06 EUSTACHE ‘* Lydia tomba dangereussment malade : son mal semblait sans remède, et elle-même ne comptait que sur quelques jours d'existence. Elle demanda son mari, et ce fut un pénible devoir pour cet homme, qui, comme tous ceux qui ne s'occupent que des pensées terrestres, avait grande frayeur de la mort.
‘ Il vint cependant, et s’approcha du lit avec des signes d'horreur qui contrastaient singulièrement avec le calme et la douce gaieté de Lydia. 11 ne concevait pee que la mort pût avoir sa douceur; et comme il ui en témoignait sa surprise : ‘ Mon ami, dit-elle, je suis chrétienne, voilà ce qui fait ma joie à cette heure. Oh! combien je souhaite que tu te fasses chrétien ! Je vais quitter la fortune dont je jouissais, et toi aussi tu dois peut-être bientôt abandonner tes richesses, Des biens plus durables me sont réservés dans une autre vie; puisses-tu, toi aussi, avoir cette même espérance pâr le repentir de ses péchés et la foi en Jésus-Christ !
“ Écoute-moi, mon ami, j'ai une prière à te faire, ajouta-t-elle en lui montrant ses enfants qui pleuraient et sanglotaient auprès du lit; je les ai élevés à ton insu jusqu’à présent dans la religion du Christ: c’est le plus bel héritage que nous puissions leur laisser ; promets-moi que tu ne chercheras point à les en priver. Théophyta, mon amie, est chrétienne aussi S elle a été leur seconde mère: qu'elle me remplace auprès d'eux. O mon ami, je t'en conjure, ne me refuse pas cette dernière grâce, et je meurs joyeuse.” La gaieté de son épouse, le calme de son âme et les tendres soins qu’elle prenait de ses enfants firent une impression profonde sur son mari, qui lui promit d'accomplir sa dernière volonté et la quitta en pleurant. :
‘* Cependant, contre toute attente, Lydia recouvra la santé ; mais l'impression qu’elle avait produite sur son époux à ce moment suprême ne s’effaga jamais entièrement. es il fut plus porté en faveur du christianisme ; il se plaisait même à en écouter les sublimes préceptes lorsque nous les admirions avec Lydia, et dès que la persécution fut un peu apaisée, il nous jermit de fréquenter les églises,
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“ La persécution cessa enfin tout à fait, et il se fi dans notre ville un grand changement. Beaucoup d'habitants se déclarèrent disciples du Christ, et leur exemple en fit convertir un plus grand nombre encore. Les pauvres esclaves furent traités avec plus d’humanilé; quelques riches marchands les mirent en liberté, mais mon maître n’y voulut jamais consentir ; il refusa même aux instances de Lydia mon affranchissement. Elle ne put que lui en arracher la promesse ; mais il temporisait toujours, et ne me permit pas même de quitter les habits d’esclave, dans la crainte sans doute de ne pouvoir me découvrir si je prenais la fuite,
‘ Jusqu'à présent il ne s’est point fait baptiser : il a toujours quelque affaire importante à terminer. 11 est si difficile à un riche d'entrer dansle royaume des cieux! suivant la parole même du Sauveur. Si la dureté de cet homme m'a fait éprouver bien des peines, la noble amitié de Lydia me procure d’heureux instants de bonheur ; je parais n'avoir été qu’une misérable esclave, mais j'ai vécu heureuse dans le Seigneur sans être inutile à mes semblables.”
Lorsque Théophyta eut achevé le récit de son esclavage, Eustache leur apprit aussi les événements de sa vie, et ajouta qu’il fallait remercier Dieu des soutfrances qu'il leur avait envoyées, puisqu'elles avaient contribué à leur sanetification. Ils avaient connu le prix du travail, et l’éducation de leurs enfants n’aurait J'amais été si soignée s’ils eussent joui tranquillement de leurs richesses,
Théophyta et ses fils approuvèrent ces paroles : leurs souffrances passées étaient maintenant un sujet de joie, et ils remerciaient Dieu, qui conduit à la lumière par les ténèbres, à la joie par les souffrances, et au salut par la croix.
Il faisait nuit close: la lune, qui se levait en ce moment, éclairait le paysage nocturne. Tout était caline: on n’entendait que le doux mugissement du ruisseau voisin, sur lequel la lune en se jouant faisait briller de tremblantes étincelles, Le parfum des fleurs du jardin s'élevait comme l’encens dans l’air frais du
nuaissance el tait pénétrée
est venue, et ports de l’armain. Vous, demeure, car nce. Demain chez toi pour a généreuse
tant de chez ibre. Il alla lescendit au Deux dames nt. L'une, vêtement de descendait nanteau de ait jeté gra- Vail la gaze e chevelure levant d’un Son époux auté : hier, elle était si esque défi-:
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gement qui venait 4e s’opérer dans la fortune de son esclave, elle Jui avait fait présent de plusieurs vêtements et ornements convenables à son rang. Théophyta brodant au milieu des larmes le beau manteau de Pourpre qu’elle portait, n'avait pas Cru travailler pour elle-même. Le négociant, tout honteux de voir dans son esclave la femme d’un Personnage d’une si éminente dignité, et voulant réparer les torts qu'il avait à se reprocher à son égard our sa dureté, lui offrit une parure de diamants en fi donnant Ja liberté sans aucune rançon.
Lydia invita le général et sa famille à prendre un petit déjeuner au jardin ; ils s’assirent à une table de marbre sur laquelle on avait déjà déposé avec art plusieurs mets délicats, de petites corbeilles remplies de fruits tout frais cueillis, et des vases élégants pleins d’un vin exquis ou d’un lait délicieux.
Comme la pieuse famille se promenait dans le jardin, on vint annoncer à Eustache que deux vieux soldats demandaient à Jui parler, Le général reconuut ses fidèles serviteurs Acacius et Antiochus, qui ce matin seulement avaient appris que leur maître venait de retrouver sa femme et ses fils qu'ils croyaient morts. Tous deux ils venaient témoigner leur joie à leur bon maître ; mais leurs langues étaient muettes d'étonnement, et les larmes qui coulaient sur leurs longues barbes témoignaient seules de leur émotion, La bonne Théophyta leur tendit la main avec bienveillance, et Agapius et Théophytus les embrassèrent avec effusion. ‘ J'ai versé, dit Acacius, des pleurs bien amers en apprenant la mort de notas noble darne et de ses beaux enfants; mais, en les revoyant ici tous
les trois pleins de santé et de vie, je répands des larmes bien douces,
EUSTACHE 8g
—Et moi, dit à son tour Antiochus, je ne puis me persuader que ce sont nos bons maîtres : il me semble qu'ils sont tous trois ressuscités d’entre les morts. Je compare l'ivresse dont mon cœur est inondé dans cette heureuse journée à celle que ressentit autrefois Marie Madeleine lorsque notre divin Sauveur ressus
cité parut vivant à ses yeux.
—Mon devoir, dit ensuite Eustache, m'appelle au camp, vous, mes fils,vous m’accompagnerez, et votre mère va rester avec son amie jusqu’à notre retour.” Comme le général approchait du camp avec ses fils et les deux soldats, un grand murmure s’y éleva, et tout paraissait dans le plus grand désordre ; mais au moment où il y entra, tous les soldats, rangés sur deux lignes, saluèrent le général et ses deux fils par de bruyantes acclamations que couvrirent les fanfares des clairons de guerre.
Le soir, Eustache donna une fête brillante à son armée, et le lendemain matin il donna l’ordre du départ et se mil en marche avec elle. Le général s’avangait à la tête de ses troupes, et Théophyta, dans un char superbe, suivait l’armée accompagnée de ses deux fils à cheval.
Eustache était donc redevenu heureux, aussi heureux qu’un homme peut l'être ici-bas. Il avait vaincu glorieusement des ennemis redoutables, retrouvé sa tendre épouse, reconnu ses fils dans les deux officiers les plus distingués de son armée ; enfin il se rendait à Rome, où le peuple tout entier faisait déjà d’immenses préparatifs pour le triomphe du vainqueur des Parthes.
Si cette histoire eût été inventée pour charmer les loisirs du lecteur, elle devrait se terminer à l’entrée triomphale de Placide à Rome; mais, pour rester fidèle à la vérité, on ne taira pas un événement qui doit remplir. de tristesse le cœur de tout homme sensible, mais qui, beau et sublime aux yeux du vrai chrétien, replira d’une haute consolation les âmes qu'il aura affligées. Au lieu de la palme de laurier que lui destinaïit l'empereur, le Ciel lui en réservait une plus belle et plus durable.
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Avant l'arrivée d'Eustache à Rome, l’empereur Trajan était mort. Adrien, son propre parent et son fils adoptif, monta sur le trône. Ce prince, sectateur zélé du culte des faux dieux, portait aux chrétiens une haine violente et repoussait avec indignation le dogme de l’unité de Dieu. D'un caractère sombre et cruel, Adrien était très superstitieux et s’adonnait à l'astrologie et à la divination ; il prenait à tâche de ternir la gloire de son bienfaiteur, et il affectait de
ouverner d’une manière opposée en tout à celle de rajan. Aussi fit-il persécuter les chrétiens avec acharnement,
L'empereur Trajan avait également autrefois persécuté les serviteurs du vrai Dieu; ilen avait fait mourir un grand nombre dans les tortures et en avait livré des milliers aux bêtes féroces; mais plus tard, convaincu du peu de succès de Ja persécution, ou revenu peut-être à des sentiments plus humains, soit qu’il eût reconnu leur innocence par des lettres de ses préfets, soit qu’il fût las de verser du sang, il fit cesser la persécution. La lettre du célèbre Pline, préfet de Bithynie, qui est parvenue jusqu’à nous, témoigne assez hautement en faveur des chrétiens de ces temps-là. Pline rapporte dans cette épître qu'il n'a pu les convaincre d'autre crime que de se rassembler à un certain jourde la semaine avant le lever du soleil. ‘ Ils chantent, dit-il, une hymne à la gloire de leur Christ, qu'ils adorent comme ux Dieu. Ils s'engagent solennellement à ne faire aucun mal, à ne commettre aucun vol, à n’être point adultères, à garder religieusement leurs serments, et à restituer le bien d'autrui. Ils se séparent ensuite, et s’ils se réunissent le soir du même jour, ce n’est que pour faire en commun un repas frugal.” Mais il ajoutait qu'ils avaient cessé de se rassembler depuis que l’ordre de l'empereur leur avait interdit ces réunions.
Lorsque Eustache arriva à Rome, Adrien le reçut avec une extrême bienveillance, le combla d'éloges
our sa victoire, lui fit des présents magnifiques en iai assurant ses bonnes grâces.
L'empereur commanda les préparatifs d'une fête triomphale., Le jour de la cérémonie arriva. Déjà tout était prêt, lorsque Eustache parut au palais impérial: Adrien, accompagné d’une brillante escorte, allait se rendre au temple avec une grande pompe pour sacrifier solennellement à ses dieux.
Placide devait marcher à côté de l'empereur, offrir de l'encens sur l'autel des faux dieux et recevoir ensuite la couronne de laurier de la main de l'empereur; mais il refusa d'aller au temple,
‘ Comment! s’écria Adrien transporté de colère, vous refusez d'offrir de l’encens aux dieux de la patrie ? Ne croyez-vous leur devoir aucune reconnaissance pour vous avoir donné la victoire et rendu votre épouse et vos fils ?”
Eustache lui répondit avec calme et dignité : ‘ Je suis chrétien ; ie Dieu que j'adore m'a donné la victoire par son Fils Jésus-Christ, et c’est lui qui m'a rendu ma femme et mes fils ; c'est lui seul que je dois en remercier. Je ne connais point vos dieux; ce ne sont que de vains fantômes éclos de l'imagination humaine, des statues d’or et de marbre qui n’ont reçu leur vie que de la main des hommes. Le Dien qui reçoit mes vœux et mon encens est le seul vrai Dieu ; il a créé le ciel ei la terre, et envoyé ici-bas son Fils unique pour racheter tous les hommes du péché et les délivrer de l'erreur, de la misère et de la mort.”
L'empereur était rouge de colère, inais il dissimula sa rage sous une feinte bienveillance. I] jugea peutêtre dangereux de faire mourir ignominieusement le vainqueur des Parthes en présence d’un peuple auquel Eustache était si cher ; son éloquence essaya d'abord la flatterie et les promesses, mais Placide demeura inflexible. L'empereur le congédia sans lui donner aucun signe de mécontentement ; mais il engagea plusieurs Romains distingués qui étaient liés avec Eustache et Théophyta à pénétrer auprès des fils du général afin de les engager à gagner Eustache et à changer sa résolution.
La pieuse Théopl:yta et ses vertueux fils repoussèrent tous avec indignation celte lâche proposition,
Le cirque était un immense amphithéâtre de forme Ovale ; celte vaste enceinte pouvait contenir cent mille spectateurs. Le jour fatal arriva : une foule immense
e curieux couvrait les bancs de pierre du cirque pour jouir de ee spectacle barbare et voir couler le sang des innocents. Le noble Eustache, son épouse et ses deux fils furent amenés enchaînés au milieu d’une escorte de soldats, qui les placèrent au centre du cirque et se retirèrent. Victimes héroïques dela barbarie, ces âmes généreuses se réjouissaient de mériter la couronne du martyre sur cetle même place où le san d'Igaace coula jadis sous la dent des bêtes féroces. Ils se rappelaient ces paroles du saint : ‘‘ Je suis le blé de Dieu, il faut que je sois broyé par les dents des bêtes féroces pour être trouvé comme un pain pur de Jésus-Christ.”
Ce peuple païen demanda avec un cri horrible et un furieux emportement qu'on fit lâcher les bêtes ; C'était un sauvage plaisir pour ces Romains de voir
déchirer et dévorer des innocents par des animaux féroces. Déjà on a levé les grilles qui retiennent les bêtes dans leurs lo es, et quat’e lions formidables se pro tRrent ; Mais ils ne firent aucun mal aux
isciples de Jésus-Crist, et rampèrent à leurs pieds comme de timides agneaux. Le peuple, surpris et indigné à la vue de la douceur de ces animaux, poussa des cris de mécontentement et se montra plus féroce que les lions. ë
L'empereur n’apprit pas sans douleur les dispositions du peuple; Eustache et ses compagnons de souffrances furent condamnés à un supplice encore plus cruel : ils devaient être jetés vivants dans un poêle d’airain rougi qui avait la forme d’un taureau furieux. Tout le jour, les bourreaux avaient fait consumer sous le poêle une grande quantité de bois pour le rougir, et le lendemain, dès le matin, une foule immense s'assembla sur le lieu du supplice et se rangea autour du taureau, aussi près que la chaleur le permettait.
On amena les martyrs, et tandis qu'on ouvrait les flancs affreux du taureau qui devail les consumer,
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dans le pays de Tibur, l'endroit même où Eus le tombeau qui renferm
tienne. Accordez-nous, à nous et après nous doivent être éprouvés p souffrances, le salut et la rédemption d qui nous accablent dans cette vallée cevez-nous dans votre gloire,
eurs âmes furent enl furent respectés par les flammes. A on ouvrit le tombeau des mart rs, et Corps entiers : suivant la tradition, de l'époque leur rendirent les hon
dans le martyrologe, et l’'É
USTACHE
ng du
répondirent: AMEN, ei on les 8 expirèrent à l‘instant même.
evées au ciel, et leurs corps rès trois jours, ‘on trouva leurs les pieux chrétiens neurs de la sépul-
appelé aujour tache avait eu ait les corps des
et, levant les mains et les la à haute voix: « Dieu tout- :
X et accordez-
tous ceux qui ar les mêmes e tous les maux de misère. Re- Ô Dieu de bouté et d’a-
La mémoire des saints martyrs Eustache, Théophyta, Agapius et Théophytus, fut vénération parmi les chrétiens. Pour consacrer le martyre de ces pieux Romains et
chrétiens eut enfin cessé, on éleva une petite chapelle
hui Tivoli, à
sa vision, Sur
saints martyrs
on bâtit une superbe église, qui existe encore à * Rome; et pour perpétuer le souvenir de la bienfaisance de saint Eustache, qui lui valut la grâce de Dieu, les fidèles de Rome font à l’église, le jour de sa fête, de riches aumônes qui sont ensuite distribuées aux pauvres du pays.
La distribution de ces aumônes, qui se fait dans l’église, est terminée par cette prière :
… *f Exaucez, Ô Dieu lout-puissant, les prières de vos ‘ serviteurs qui, à l'exemple de saint Eustache, adou- “ cissent par des dons charitables les maux qu’en- ‘‘ durent sur la terre les pauvres de votre Église, et ‘faites qu'ils se réjouissent bientôt éternellement ‘‘ avec le saint martyr et ses bienheureux compa- ‘ gnons dans le royaume des cieux ; par Jésus-Chrisr ‘: votre Fils et notre Seigneur.
‘ Ainsi soit-il.”
encore à la bienfaice de Dieu, de sa fête, ibuées aux
e fait dans
res de vos che, adou- Ux qu’en- Église, et nellement X compasus-Chrisr
—La vision dans la forêt. 600000 v00.060 À .—Placide se fait baptiser avec sa famille... 44 æ Ul ,—Eustache est ruiné par la peste.—Sa
fuite en Egypte... RTE || — IV .—L1a traversée. —Théophyta est retenue
Son désespoir... 53 — VT .—Eustache trouve une généreuse hospitalité. —Son voyageen Égypte. —1] apprend la mort de sa femme — VIT .—Le général devien
CLLLIIIPT
LLENTITET 68 XI .—Reconnaisse nee des deux fils d'Eustache. 67
XII .—Théophyta esclave cherche à se faire Fe "à reconnaitre de ses fils.
RAELLLEALLLIETTEIT EN n1