DE NOS PREMIERS SENTIMENTS
de la raison pure , les moules originaires de la pensée; que sais-je P
Mais que peut-on entendre raisonnablement par ces réglés , par ces méthodes , par ces lois , par ces formes primitives , si ce n’est le résultat positif des rapports établis entre les différentes parties qui composent le monde moral comme le monde physique, ce cercle immense de relations , de proportions, et d’harmonies , l’éternel reflet d’une
seule pensée de l’Etre des êtres ?
Notre intelligence est forcée de reconnoître ces rapports intellectuels , comme notre oreille l’accord naturel des sons , nos yeux celui des formes et des couleurs.
Les idées de suite , de série , d’accord , de convenance, d’ordre, sont sans doute des idées abstraites, des idées meres de beaucoup d’autres ; mais toutes ces idées ne seroient-elles originairement que le
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simple produit de quelqu’une de nos facultés particulières P ne les avons-nous pas acquises comme toutes les connoissances dont notre intelligence est susceptible , en observant les rapports qui sont en nous et les rapports qui sont hors de nous, leurs liaisons, leur correspondance naturelle? Ne les avons-nous pas acquises parceque nous avons été doués, en naissant, de la faculté de sentir , d’observer , de composer , et de décomposer nos observations , d’individualiser et de généraliser nos sentiments et notre expérience P
De nos abstractions naît sans doute en quelque sorte un monde nouveau pour nous ; c’est bien dans un sens une création toute nouvelle de notre entendement ou de notre imagination , mais c’est dans la nature même, dans l’immensité des rapports de la nature physique, intellectuelle et morale que nous avons