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SUR LE SYSTÈME
tion , en nous la représentant comme une espece d’instrument très compliqué, tel que le mélodion ou le panharmonicon , formé par conséquent de plusieurs parties fort différentes , et dont chacune pourroit avoir à la vérité dans certaines circonstances une tendance d’action isolée , mais qui n’en seroient pas moins unies entre elles par un lien commun , et dont l’effet général n’atteindroit le plus haut degré de perfection dont il est susceptible qu’autant qu’elles seroient entièrement d’accord, accord qui ne pourroit être obtenu que par l’influence décidée d’un agent capable de les concilier et de les diriger vers ce but.
C’est d’après une pareille idée sans doute que Pythagore et Socrate ne voyoient dans leur sage que le plus grand des musiciens , et ne croyoient pouvoir mieux définir la philosophie qu’en l’appelant la véritable musique de l’ame.
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Mais il est deux choses sur-tout dans cette hypothèse , et dans les différentes observations sur lesquelles cette hypothèse repose, qu’il ne faut pas oublier; la première, que l’impulsion reçue par certains ressorts de notre être physique et moral peut durer, augmenter même indépendamment de la force qui l’a produite 1 ; la seconde , que quelque irrésistibles que deviennent souvent les suites de cette première impulsion , il est bien
(i) Je me rappelle avoir vu à Louisbourg un grand clavecin organisé, dont les accords se prolongeoient mélodieusement et sans aucune confusion plusieurs instants après qu’on avoit cessé d’en toucher le clavier. Je fus frappé d’abord de l’espece d’analogie qui pouvoit exister entre l’ingénieuse organisation de cet instrument et celle du dépôt mystérieux de nos impressions et de nos idées, que dans certaines écoles on a cru pouvoir désigner sous le nom de sensorium com-
mune.
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rare qu’elles ne puissent être modifiées, du moins à de certaines époques plus ou moins longues , plus ou moins favorables , par cet agent régulateur dont on ne sauroit nier l’existence , mais qui risque sans cesse de voir altérer son pouvoir, lorsqu’il n’emploie pas toutes les ressources qui lui sont données pour le soutenir et pour le défendre.
On a donné de tout temps différents noms à cette force dirigeante. La secte des stoïciens qui lui rendoientle culte le plus austere l’ont appelée yiyip.ovix.ov, celle des platoniciens , tantôt xoyo? , tantôt oaipcov. Aristote lui donne le nom plus simple et plus modeste de 7rf>a>coi^ot?. Nos philosophes et nos théosophes modernes l’ont appelée tour à tour ame, esprit, raison, sens moral, libre arbitre, grâce divine, etc. TM’importe, la multitude et la diversité de ces dénominations ne prouvent-t-elle pas assez que cette force diri-