‹ Euvres de Louize Labé, lionnoizeChapitre 45 sur 93 · ÇDicere seu luhet · texte numérisé non relu

ÇDicere seu luhet

Sectis puellas unguibus acriter Deprœliantes ^ aut inustam Dente notam labiis cjuerenteis, même page. On reconnoît encore là deux emprunts faits à Horace, ou du moins deux allusions aux passages suivants :

. .j, Nos pi-aelia virginum

Si ctis in iuvenes unguibus acrium Cantamus

(L. I, od. 6 y V. 17--19O

Sive puer furens

Impressit memorem dente labris notam,

( L. eod. od. i3, v. ir et la,)

J.68 IVec sua

Fulgore lucentem Dianam , pages io4 et io5«

Tu potens Trivia , et notho es I)icta lumine Luna.

(Catull. Carm. ad Dianam, v. i3.)

169. — J'aurois voulu pouvoir enrichir cps notes d'une traduction en vers françois de la pièce d'Antoine Fumée : je suis forcé d'y suppléer par la traduction en prose qu'on va lire, et qui n'a d'autre mérite, si c'en est un, que d'être littéiale.

« Cesse d'adresser aux Muses tes vœux accoutumés ; n'invo- « que point Apollon, ni le vain fils de Sémèle ; ne va point « chercher inutilement des inspirations sur les bords de la fon- « taine de Dircé ; mais dema.ide à la blanche Labc ces baisers « empreints de nectar, qui exhalent les parfums des ros< s, des « tendres marjolaines, des violettes et des sucs de l'Arabie. « Ces baisers ne périssent point sur le bout des lèvres : lancé « par une suave haleine, leur aiguillon va jusqu'au cœur, le « pénètre, l'agite et l'enflamme. Le feu se répand de là dans « tous les sens; et, dégagée de ses liens, l'âme vient doucement « expirer sur la bouche de Louise. C'est là que tu dois puiser « l'enthousiasme, soit que tu veuilles dire les jeunes filles qui « ont coupé leurs ongles pour ne pas égratigner leurs amants, a en résistant à leurs caresses, ou qui se plaignent d s traces « qu'ont imprimées sur elles ces caresses trop vives, soit que, « d'un ton plus hardi, tu veuilles célébrer les mouvements du «< ciel et le retour des saisons, ou Diane brillant d'un éclat em- « prunté, ou la splendeur des astres qui éclairent les pôles du « monde : chants dignes des baisers de Louise , et faits pour être « répétés par les purs accents de sa voix mariée aux doux accorrls « de sa lyre. Alors, poète couronné, ta poésie harmonieuse char- « mera les oreilles les plus délicates de la Grèce et de Rome. »

EN GRACE DV DIALOGVE D'AMOVR ET DE FOLIE. (Page lo5.)

170. — Le style de ce sonnet est vraiment ténébreux, et ressemble à celui de la Délie de Maurice Sceve. Si la signature, NON SI NON LA, est une anagramme, c'est une énigme dont je ne sais pas le mot; si c'est une devise, elle est mauvaise, puisqu'elle ne présente point de sens»

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