‹ Euvres de Louize Labé, lionnoizeChapitre 56 sur 93 · Celui qui contemple son sein · texte numérisé non relu

Celui qui contemple son sein

Large , poli, profond et plein,

Et voit son teton rondelet ^ J^oit deus petis gazons de lait, page laS. Ronsard, au i.^'' livre de ses Amours (sonnet ^o);

Que de beautez , que de grâces écloses Voy ie au iardin de ce sein verdelet Enfler son rond de deux gazons de lait Ou des Amours les flèches sont encloses!...

et au 11.® livre (sonnet 2) :

Vous avez les tetins comme deux monts de lait Qui pommelent ainsi qu'au printemps nouuelet Pommelent deux boutons que leur chasse enuironne...

201. — Ou bien deus boulettes d'iuoire, même page. Marot (Épigr. 67, du beau tetiii) :

Tetin qui fait honte à la rose, Tetin plus beau que toute chose , Tetin dur, non pas tetin, voire.

Mais petite boule d'ii^oire , etc.

202. — Celui qui voit sa belle main , Se peut asseurer tout soudein D'auoir vu celle de V Aurore , même page. Ronsard dit à Marie (liv. il de ses Amours, sonnet 2) :

Vous auez de l'Aurofe et le front et la main.

et (sonnet 6):

De toy l'Aurore emprunte et sa iouë et sa main.

Les poètes grecs surnommoient l'Aurore rhododactulos , qui a

les doigts de rose.

2o3. — Et cjui voit ses piez si petis , S^asseure que ceus de Thetis Heureas il ha pii voir encore, même page.

La beauté et la blancheur des pieds de Tht'tis étoient célèbres.

Homère appelle cette déesse la Déesse aux pieds d'argent, Thea

Thetis argurope za, Aconce , détaillant les charmes de Cydippe, dans Ovide (Heroïd. xx, 60), dit:

Et, Thetldl quales vis rear esse, pedcs.

204. — y4 la prendre à la cheueluve ^ page 127. Cette allégorie ingénieuse est due, comme tant d'autres, aux anciens. Le statuaire Lysippe avoit ainsi représenté l'Occasion. Voy. le cxxi.^ Emblème d'Alciat, imité d'une épigramme de Posidippe dans l'Anthologie. Tout le monde sait par cœur ce vers devenu proverbe, qui exprime la même idée : Fi'onte capillata est, sed post Occasio calva.

Page 1