CORRESPONDANCE
Lundi dernier , l'affiche du Grand-Théâtre annonçait l'opéra dOtello , lorsqu'au grand désappointement des dilettanti , une bande fatale , apposée sur l'affiche presqu'à l'heure même du spectacle , est venue révéler un relâche par refus de M. Damoreau. Grande rumeur parmi les abonnés , force reproches contre l'acteur ; en un mot , scandale complet et mécontentement général. Les apparences, en effet, s'élevaient toutes contre Damoreau, et quelque prétexte qu'il alléguât , rien ne pouvait l'excuser d'avoir manqué d'une manière si grave à un public qui l'a si souvent traité en enfant gâté, quoiqu'il se soit conduit plus d'une fois eu enfant prodigue , et à la direc-
Ballanche , un voiume intitulé Cicèroniana , ou Ri^cueil des hons niotn dtt Cicéron , dont on désire depuis long-temps une seconde édition. Ils ont fourni l'un et l'autre des articles à la Bw^^^'ciphie uni\/iir selle. Tout récemment M. Péricaud a donné une belle traduction de Minucius Félix , à laquelle M. Bréghol a ajouté les notes les plus intéressantes et les plus instructives. C'est aussi ce dernier qui a été l'éditeur de l'Apologétique et des Prescriptions de ïertullien , imprimés dans le même volume que l'ouvrage de ]M.iaucius Félix. ( Se vend , à Lyon , chez Cliambet fils. )
lion qui a , dit-on , toujours eu pour lui les meilleurs procédés. L'autorité ne pouvait manquer d'intervenir dans ce débat ; et , suivant ce qu'on rapporte , après avoir écouté les parties , elle a considéré Damoreau comme un soldat qui abandonne son poste au moment du combat , plutôt par dépit que par faiblesse , et qu'on peut ramener à son devoir par une correction paternelle. La décision qui sera prise à ce sujet conciliera sans doute ce qu'exige la satisfaction réclamée par la vindicte publique , et les égards auxquels un acteur agréable et justement aimé peut encore prétendre.
Le Journal du commerce ayant publié , au sujet de cet événement , un article dont M. Damoreau croit avoir à se plaindre , ce dernier nous adresse en réponse la lettre suivante , dont il paraît que notre confrère a refusé l'insertion.
>) Vous avez inséré dans votre Journal du 18 un article renfermant un acte d'accusation contre moi. Je compte assez sur votre impartialité pour croire que vous ne refuserez pas dy insérer aussi ma réponse.
» Il est Jdu.v que j'aie attendu le jour même de la représentation d'Otello pour signifier que je ne pouvais jouer cet opéra , et pour offrir en remplacement la JNeige ou le Barbier d^ Séville, C'est la veille que j'ai déclaré que mes facultés ne me permettaient pas d'attaquer pour le lendemain un rôle de la force à'Otello , et que j'ai offert lialclgh ou Almaviviii , difficiles à remplir il est vrai , mais exigeant moins de moyens ( quoique vous ayez pu dire à ce sujet ) que le rôle dont je sentais ne pouvoir m'acquitter convenablement ce jour-là.
» Il est faux que je doive douze mille francs à M. Singier , et je ne sais à quel propos le rédacteur de l'article s'ingère dans une affaire sur laquelle l'autorité administrative, seule compétente, n'a pas encore fait connaître sn décision.
j) J'ai l'honneur d'être , etc. Damoreau,