‹ Évangéline, conte d'AcadieChapitre 17 sur 17 · EVANGELINE. I · texte numérisé non relu

EVANGELINE. I

C'est toujours la forêt primitive; mais à l'ombre de ses branches habite une autre race qui a d'autres coutumes et un autre langage. Seuls, le long du rivage du lugubre et brumeux Atlantique, quelques paysans acadiens demeurent, dont les pères, exilés et errants, sont revenus mourir au pays natal. Dans la cabane du pécheur, le rouet et le métier sont encore affairés; les jeunes filles portent encore la cape normande et le jupon fabriqué au pays, et le soir au coin du feu redisent l'histoire d'Évangéline : cependant, la grande voix de l'Océan prochain gronde dans les roches caverneuses, et le gémissement de la forêt lui répond en accents inconsolés.

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