‹ Évangéline, conte d'AcadieChapitre 6 sur 17 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

I i EVANGELINE.

La grande voix de l'Océan prochain gronde dans Les roches

caverneuses, et te gémissement de la forêt lui répond en

accents inconsolés.

(Vest la forêt primitive ; mais où sont les cœurs qui, sons son ombre, bondissaient comme le chevreuil, quand il entend sons bois le cri du veneur? Où est le village aux toits de chaume, foyer des fermiers acadiens, de ces hommes dont la vie coulait comme les rivières qui arrosent leurs bois, obscurcies par les ombres de la terre, mais réfléchissant une image du ciel? Ces fermes si belles sont désertes, et leurs fermiers à jamais partis ! dispersés comme la poussière et les feuilles, quand les puissantes rafales d'octobre les saisissent, les roulent en tourbillons dans les airs et les sèment au loin sur l'Océan ! Rien ne demeure que le souvenir du beau village de Grand-Pré î

0 vous qui croyez à l'affection qui espère , souffre et se résigne, ô vous qui croyez à la beauté, à la force d'un dévouement de femme, écoutez la douloureuse légende que chantent encore les pins de la forêt, écoutez une histoire d'amour de l'Acadie, cette patrie des heureux!

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