À ÉVANGÉLINE
Un sillon eireulaire où tremble le ciel bleu. Au oc
* Sa fuite, en ce métnent, se ralentit un pou. Dont
Elle entre dans les eaux du bayou Plaquemine ; Ou, 61
Que le soleil couchant de ses feux illumine. Qui fn
Devant les voyageurs; en ces endroits déserts, La lu
Coulent, de tous côtés, mille canaux divers, Tracè: Et leur barque s'égare en ces eaux parbsseuses Couru Qui se croisent cent fois sous les fouilles ombreuses. Qui ps Les cyprès chevelus, de leurs sombres rameaux, Glissè: Forment, au-dessus d'oux, de sonores arconux Qui fo Où flottent parfumés, les mousses diaphanes, Comm Le lierre palpitant et les vertes linnes ;- user Comme dans un vieux temple, entre de saints tableaux, La cla ER 4 Flottent, tout radieux, de célèbres drapeaux, Donna
Il règne dans ces lieux un effrayant silence ; | Tout p
On entend seulement le héron qui s'élance, Tout s
rts, |
IN rbreuses, Aux, :
ux
is tableaux,
ÉVANUËLINR
Au coucher du solvil, vers le grand cèdre noir
Dont les ramonux touffus lui sorvont de juchoir ;
Ou, sur un tronc noirci, lo hibou taciturne |
“Qui fait frémir les bois de en plainte nocturne.
La lune se leva. Ses limpides rayons
Tracérent, sur les eaux, de luminohx sillons : 0 à |
Coururent mollement le long de chaque branche ‘| 9
Qui parut se vôtir d'une écorce pie blanche ;
Glissérent à travers lo feuillage dek boia
Qui formait des arcenux, des voûtes, des parois,
Comme à travers les ais d'un vieux mur en ruine
&rlissent los fils d'ur gent d'une molle bruine.
La clarté de la lune aux différents objets
Donnait de grands contours et d'étrangs “se. t:.
Tout parut se cohfondre en une masse prise ;
Tout sembla revêtir une forme inlécise.
114 ÉVANGËLINR
Voguant silencieux les malheureux proscrits Sentirent un grand trouble entrer dans lours osprits : Le noir pressentiment d'un mal inévitable.
© Leur fit paraître encor ce lieu ‘plus redoutable ;
Et leurs cœurs, effrayés des menaces du sort,
Se serrèrent soudain et tremblèrent plus fort;
De mème que l'on voit lu frèle seneltire
Replier sa corolle et se pencher craintive,
Quand, au loin dans lu plaine, un coursier au galop, Fait retentir le col de son poudreux sabot, | Mais une vision gracieuse et divine
Vint distraire et.charmer l'âme d'Evungéline.
Sa brülante pensée avait pris un beau corps:
Un fantome brillant, devant ses yeux alors,
Flottait, avec mollesse aux rayons de la lune, Et semblait lui sourire en sa longue infortune.
Celui qu'elle voyait dans cette vision, 4 5 8 Que la lune d'argent portait «ur un rayon,
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tait le flancé que demandait son Ame!
IL lui tondait les ve chaque coup dor
Somblait lo rapprocher du fragile butenu
Qui glaissait lentement, en silence, dur l'enu, \
Cependant un rameur d'un haute stature,
\ 0 A 1 7 À Portant un cor de cuivre à xn large ceinture, À À Se leva de son banc à l'avant du bateau
Et, pour Voik ci comme eux, on ce pays nowseau A l'heure de dans cos bayons sans nombre, : Quelques autres canots no voguaient pas dans l'ombre, Iemboucha son cor et souttia pur trois fois, La fanfare éclatante éveilla, sous los bois, Mille échos étonnés, mille voix inquiòtos Qui moururent au loin, dans leurs sombres cachettes, On entendit voler los nocturnes 9 ;
On entendit frémir les flexibles roseaux,
116 ÉVANGÉLINE ê
Les bannières de mousse et les vertes.ogives
Qui flottaient au-dessus des ondes fügitives ;
Mals pas une voix d'homme, en eo lieu de terreur, , * f 8 f
Ne répondit alors à l'appel du rameur:
Comme un pavot fleuri dont la tête s'incline ' 5 Les :
Sur le bord du canot lu triste Evangéline -
Leo n
Inclina doucement son front toujours vormoil, 8 6 Quo
Et bientôt repoxa dans un profond sommeil.
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Les rameñrs, en chantant des chansons Canadiennes,
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Comme ils chantaient jadis, aux rives Acadiennes, a Et le:
Quand ils se promenuient sur leurs fleuves profonds, NES N Dans
Dans los flots ténébreux plongenient leurs avirons,.
Balan
Et puis, dans le lointain, comme les sourds murmures | re ; | Des le Des brises de In nuit qui bercent les ramures, LES en . Sur le Ou des limpides eaux qui coulent soux les bois, | L'air On entendait des bruits, mystérieuses Voix,
Que le
| 5 Qui s'élevaient du fond de cette solitude, Et qu
Et venaient se méler aux cris d'inquiétude + SLR Se „Suivnt
2 ö ÉVANGÉLINE
Des oiseaux etfrayés dul Ironalont leur essor,
Aux longs rugissements du sombro alligator, sur, à |
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Les ramours poursuivaiont leur co rse solitaire.
Lo matin, quand le jour vint sourire à lu terre,
Que d'un éclat nouveau la fleur des champs brilla,
Le Inc étincelañt d'Atchafhlaia * ennex, AD
Déroulait devant eux son onde miroitante 7 =
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nes, 5 | Et leur rendait l'espoir en comblant leur attente. fonda, , 3 nn Dans l'ondulation. les légers nénuphars runs. * 8 5 * 1 , Balançalent mollement leurs calices blafurds ; \ mures Des lotus empourprés les corolles mignonnes * 25
her le front des proscrits 0 8 on couronnd; 8
L'air était embauimé ie suaves 88
5 2 tas Que les magnolias épanchaient de leurs fleurs,
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Et que la tiède brise emportait sur son aile. = . n g
Suivant le cours des flots la rapide nacelle
SV ANOËLINE Longea bientôt les bords onduleux et ‘pourprés D'iles aux verts contours, aux luxuriants prés, Que les oisonux charmaiont de leurs cantates raids, Que les rosiers en fleurs cernaient de blondes haicn, où ln mousse ot l'ombrage invitaiont au sgmmoil Le voyageur errant brûlé par le soleil.
Et lor à Comm
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Vers le rivage ombreux do ê plus riunto ile
8 voyageurs le guident l'osquif agile, 13 ** LE
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