‹ Évangéline [microforme]Chapitre 30 sur 30 · évanatune · texte numérisé non relu

évanatune

| — Ntoncluit un drup blanc sur sa figure pile.

Quand ln vierge rentra dans la fév rense salle \

Plus d'un visage mat parut -& rovoiller, So tourna lentement sur son dur oreiller,

Et sur olle xu den yonx ploins de souffrance,

Nu présence était douce et rendait l'esporance :

C'était le jour naissant qui du clair horizon

1 un roflot vermoil aux murs d'une prison.

En portant ses regards sur los lits agtour d'elle Ire

Elle vit que la mort travaillait avec zèle, On \

En eftet, dans ln nuit, plusieurs postiféres Maui:

Que, la veille, de soins elle avait entoure, Dex

Etaient enfin partis de cotte pauvre terre : 1 d

Mais d'autres occupaient leurs conches de miscre ! En | f Pur:

tr Soudain dalle s'arrete, etats bn étonne

Par lu crainte ot offre semblent otre enchainés,

Sa lèvre est entr'ouverte et tout. son corps frissonne ;,

Sous un morne paupière unir éclair rayonne ;

Sa main Iss tomber son frais bogquet de fleurs : Elle jette un niet et verse d'amèrs pleurs,

Los malades surpris, par un effort suprème, 0 * De leurs chauds oreillers lovérent leur front blème,

Prés d'elle sur ut lit où tomba son regard On venait de pe: ter un grand et beuu vicillurd ;

Mais il était mourant, ot en joue etait creuse ;

Dos cheveux gris tombmiont sur an tempo févreune,

ei dans Le meme instant un reflet du tee

Eu lisant sur son front fe rondait plus vormeil,

misere !

Purnisenit officer lux rides du vieil age 4 1 1 Ft rendre ln jeunesse à son pile visage.

huinte.

ehe,

1 1 ue

N. et sans voix,

Son EM suspendu sur lu potite croix 4

Qui se trouvait an pied de sa brülante couche. | La fièvre d'un trait rouge environnait n bouche. On eût dit que ln vie, aimait que les Hébreux, Avait mis sur an porte un ang tout gene roux Pour que l'ange de mort rotint son large glaive. Ses ponsers se perdaient dans un vague ct long rève Un rale fatigant, court et précipité,

me \

Soaler nit sa poitrine avec rapidité ; couverts de nuages funcbres ; e plongenient on de lourdes tenèbres,

Ténèbres d'agonie et ténèbres de mort.

Au long eri que jeta ln vierge en son transport, sembla secouer sn morne léthargie

Et retrouver encor quelque reste de vie.

en ,

Alors il erut our comme une voix du elel,

Une voix qui disait : * Gabriel ! Gubriel !

vo.

ng rêve ;

ÉVANGÉLINR 187 „Jo té\rétrouve enfin, et nous mourons ensemble !

Et cette voix vibrait, comme l'airain qui tremble. af 0 Dans um songe, aussitôt, Il vit, comme autrefois, La torre d'Acadie et ses vordoyants bois,

Et nos ruisseuux d'argent, ses prés et non villages,

Et le toit de son père au milieu des fouillagen, +

Et son Evangéline allant à son côté,

Dans (ute sn jeunesse et toute sn beauté,

ur ln prairie en fleurs, où le long des rivières ps Des pleurs viennent mouiller ses débiles paupières... Il entr'ouvre les yeux, los porte autour de lui :

La douce vision, hélas ! n déjà fui !

Mais auprès de a couche, humble et mélancolique,

11 voit, agonouillée, une forme angélique,

Et c'est Evangéline !.… Il veut dire son nom,

Mais sa langue ne pout-murmurer qu'un vain son Dans un dernier transport, il attache sur elle

Un regard où l'amour au désespoir se mêle ;

Le)

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vout levor lu tête ot lui tondre la main, Aussitôt il rotombo, ot tout effort vain !

Seulement un souriré éclaire sa figaro

Quand de la vierge il sent la lèvre chaude et pure Se poser sur 5 lèvre et sur son front brûlant. Son rogurd se ranime et devient plus brillant; Mais ce n'est qu'un éclair L'On le voit se déteindre :

C'est la lampe qui brille au moment de s'éteindre,

Le ſlam hau consumé que réveille un vent frais : .

* i II palit, il so"voile, il se forme à jamais !

Et tout était fini : la crainte ot l'espérance,

Los fidèles amours ot lu longue souffrance !

Evangéline on pleurs resta pieusement Près des restes sacrés de son fidèle amant.

Une dernière fois, dans l'angoisse abimée, Elle prit dans ses mains la töte inanimée,

t pure nt.

it;

toindre :

indre,

Y'ais :

Doucoment la prpsan contre son cœur transi

Adieu! vieflle forèt ! -Noyés dans lu pénombro | W

Mais loin do leur ombrago ot de leur vertes ailes,

ÉVANGÉLINR

Et dit, penchant son front ; O mon père merci !

Et drapés flo romont dans leur fvüillage sombre, Tes sapins résineux ot tes cèdres altiers

Se balancent encor sur le bord des sentiers ;

mu ro EM —

Dans lo mème tombouu, les deux amants fidèles

Dont les afflictions et les maux sont finis,

Reposent, côte à côte, À jamais réunis !

[ls dorment sous les murs d'un temple catholique ! |

Lours noms sont ignorés ; la croix simplo ot rustique

Qui difnit au passant le lieu de leur repos

No se retrouve plus ! Comme d'immenses flots

Roulent, avee fracns, vors une calme rive,

Auprès de leur tombeau, prosséo, ardente, active,

190 ÉVANGÉLINR © S'agite chaque jour In foule des humains. ," : Combien de cœurs blessés et remplis de chagrins Soupirent leurs ennuis et lour aollicitude, En ces lieux où leurs cœurs trouvent la quiétude ! Combien de front pensifs s'inclinent tristement | En ces lieux où leurs fronts n'ont plus aucun tourment !

Combien de bras nerveux travaillent sans relâche

En ces lieux où leurs bras ont achevé leur tâche ! ” Combien de pieds actifs se succèdent sans fin, En ces lieux où leurs pieds re reposent enfin.

122 vieille forét ! Noyes dans lu pénombre

Et drapés fièrement dans leur fouillage sombre

Tes sapins résineux ot tes cèdres altiers Se balancent encor sur le bord des sentiers ; Mais sous leur frais ombrage et sous leur vaste dôme,

On entend murmurer un étrange idiôme !

vins

udo! 2 mt | ourment !

ache

che !

te dôme,

ÉVANGÉLINR

On voit jouer, hélas ! les fils d'un étranger na Seulement, sur tes ou que lo flot vient ronger, Et sur les bords déserts du sonore Atlantique On voit, de place en pince, un 8 C'est un pauvre Acadien dont le plaintif aieul

No voalut pas avoir, pour sépulcro ou Uncoul, La terre de l'exil ai lourde et si ſutule,

Et qui revint mourir à sa rive natäle !

. . en

Cet homme, il est pècheur ; il vit de son filet. Sa fille porto oncoro élégant mantelet, J

Beau. jupon de droguot, chapeau de Normandie. -

Elle a de beaux yeux noirs, une épaule arrondie. ?

Sa femme, tout le jour, tourne son gai fuseau ;

Ses garçons, comme lui, se complaisent sur l'eau.

10 N rann tun Dans les veilles d'hiver, quand lon vagues écument, Assis au coin de l âtre où les fagota s'allument, Dé l'humble Evangéline on conte les 3 Et los potits enfants versent alors des pleurs, Ft l'Océan plaintif vors ses rives brumousos S'avance on agitant ses vagues écurouses ;

Et de profonds souptrs s'élèvont de ses flots

Comme pour se mêler au bruit de leurs apnglots “

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