ATEN
Cependant à l'écart en face d'un châssis
e fiancés étaient tous doux assis
pos, „ Rogardant le ciel ee, la belle Evangéline beaux; Livrait à Gabriel sa main brülante et 8 : ligues En entendant son père elle rougit soüdain, 8 Puis un ‘profond soupir fit onduler son sein. inemis. Le silence venait à peine de se faire . Que. l'on vit à la porte arriver le notaire. ain, Comme un fréle aviron aux mains des nratelots, Ou comme le filet dans le ressac des flots Le notaire, Leblanc était courbé par l'âge ;: Son, front r. it l: % d'un oras 3 Son front largo . d'un orage ö
4 A Et sur son col bronzé tombaient ses cheveux gris,
Paroils aux touffes d'or des épis de maïs.
A travers loue cristal ses besicles de corne
Laisenibnt voir lu sagesse au fond de son af} morne se plaisait beaucoup à faire des récits.
»: Fe Père de V ingt enfants, plus de cent petits-fils, / 5 N 2 124 Jouant /sur ses genoux, égayaient sa vicillesse—
Par lour charmant babil, ot par leur gentillesse.
Pendant la guerre il fut, comme ami des anglais,
Quatre ans tenu captif dans un vieux bourg français. / 85 *
Maintenant il avait une grande prudence
Et la simplicité de la naive enfance.
C'était un bon ami: los enfants l'aimaient tous
Car il leur racontait contes de loups-gnrous * 4
Et d'espiégles lutins faisant au ciel des niches ;
II leur disait lo sort qu'avaient les blanes Létiches, Enfants morts sans baptème, esprits mystérieux Qui voltigent toujours cherchant partout les eien
Et de l'enfant qui dort viennent baiser les lèvres ;
Comment une araignée éloigne toutes ficvres,
Quand 0 Comme Des bot II disait Que le } Pretend Et le tre
Et biens
Aussitot
De son &
Et, secor
I dit en
* Allons
„ Pout-ét
“ De ces
* Je sa
Urne
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nçais.
anatt. in * 15
Quand on la porte + cou dans l’écale dex
Comme au jour de Mai ro l'on entendait los voix |
Des bœufs qui se parsiont a au fond de leurx étables:;
II disait lex secreth, Les vertus admirablos
Que le peüple, attrétois, simple autant que loyal,
Prétendait découvrir dans le fer à cheval]
Et le trèfle étalant quatre fouilles de neige,
n Fa 221 Et biensd'autres récits d'ogre et de ortilegré,
Aussitôt cependant que Leblane arriva,
De son siège au foyer Basile se leva
# Et, secouant le feu de su pipe de terre,
II dit en s'adressant au modeste notaire :
* Allons, père Teblane, qu'avez-vous de nouveau ?
* Pout-être savez-vous ce qu'on dit au hamenu
be ces fiers bâtiments venus de l'Angleterre ? ”
Je sais fort peu de chose et fais mieux de me taire,
Lui répondit Leblane d'un ton de bonne humeur’: 3 5
I est vrai quil circule une grande rumeur,
Mais comme mon avis n'est jamais le plus nage
Je dirai seulement ce qu'on dit au village, Jo ne puis t eſbin croire quo CON VAISRONMUX Viennent, sur notre rive une des flénux ; Car nous sommes en paix ; et pourquoi l'Angleterre Ainsi nous forait-elle éprouver sa 010 8 .
— Nom de Dieu ! +" s'écria le bhouillimt forgeron, Qui parfois décochait un sonore juron, Faut.il done regarder toujours-en 8 chose, Le pourquoi, le comment? I n'est rien que l'on n'ose ! L'injustice est partout ot personne n'a lort : Tout le droit maintenant appartient uu plus fort.”
Sans paraitre observer ln chaleur de Basile
Leblanc continua d'une voix fort tranquille :
„ L'homme est injuste, mais le bon Dieu ne l'est pas :
Ia justice triomphe à son tour ici-bas.
Et p Qui:
Elle Lora Un v A cet D'un
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4 Go 1 925 v.
“ Une 3 W.
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\ ÉVANGÉLINS at
“ Et pour prouve je vais vous redire une histoire
„Qui ne s'effnce point de ma vieille mémoire :
„lle me consolnit de mon destin futal
40 2 2 = 22 » 5 Lorsque j'étais enptif au fort de Port Royal. Un vicillard nimait bien cette histoire touchante : À ceux que maltraitait quelque langue méchant.
ctorre : 0 N | D'une voix tout ému il allait la conter :
Je voudrais comme lui pouvoir la répéter :
— Sous le ciel africain, dans une ville antique : . 7 |
0 on voyait autrefois, sur lu place publique #
+ Une haute colonne au piédestal d'airain
5 W. vit fait élover un puissant souverain, Et sur cette colonne une statue en pierre,
Figurait In justice impartial ot fière j
Une lurge balance, un glaive menaçant
‘ Etaient ses attributs, ot disaient au passant
lp!
Que dans cette cité lu suprème justice
Do l'opprimé toujours était la protectrice.
Cependant la balance, au fond de ses plateaux,
Voyait chaque printemps, bien des petits oiseaux
‘ Bâtir leurs nids moelleux en chantant et sans craindre
Le glaivo lla boyant qui semblait les atteindre.
Mais petit à petit se corrompit la loi :
Aux misère du pauvre on n'ajouta plus foi,
Et lo faible, «ans cee en butle à l'ironie.
Dut subir du plus fort la lâche tyrannie.
On afficha le vice, et chaque tribunal
Outragoa l'innocence et protégen le mal.
Un jour il arriva que éertaine ducheïisse . Ce c * Perdit un collier neuf d'une grande richesse; :
N'ayant pu le trouver elle voulut, du puits,
Venger avee éclat et en perte et ses soins.
„ Elle Une „ui
“ Le pi
4 Et le À mo Auto Press “ La jeu à Subir * Le bo:
“ Où NO!
Un or “ Ebran “ Et la à Or dur
„On voi
“ Dans |
“ Elle accusa de vol, en face de lu ville,
Une pauvre orpheline, une pieuse fille,
„ui depuis de longs jours la servait humblement.
Le procès, pour la forme, eut lieu bien promptement, aindre 4 Et le juge pervers condamna la servante re. A nrourir au gibet d'une mort infimante.
5 Autour de l'échafaud on vit les curieux,
Pressés, impatients, inonder tous les lieux.
*La jeune fille vint, calme mais abattue,
4 Subir son triste sort au pied de la statue.
* Le bourreau la saisit. Au moment solennel
+ Où son cœur s'élevait vers le Juge Eternel,
En orage mugit ; l'impitogable foudre
“ Ebranle la colonne et la séduit @ poudre,
“6 Et la balance tombe avec un sourd fracas :
„Or dans un des plateaux qui se brisent en bas
On voit un nid brillant. . c'était un nid de pie 11 * de p €,
Dans lequel s'enlnçait avec coquetterie
„ Parmi lex brins de foin, le collier précieux !...
„Cost ainsi qu'éclata lu justice des cieux !"”
Quand le père Leblanc eut fini son histoire
* * * 7 2, * * Basile no dit mot mais ne parut rien croire ;
Il n'en concluait point qu'on n'avait désormais’ (|
Nul motif d'avoir peur des navires anglais.
II voulait Da ot manquait de lunguge.
Ses pensers demeurnient empreints sur son visage, a *
Comme sur une vitre, on voit dam les hivers.
La vapeur se geler-sous 9 aspects divers.
Ed
LL © Alors Evangéline, & du braise de l'âtre.
„ N'empresse d'allumer lu lampe au pied d'albitre,
Et tout l'appartement luisant de prôprete | {
Ensuite Un pot Tandis Ecrit d Les ho La dot « Et tous Et quan Que le x Comme Le vicus Puis oftr En bel et
Le notai
Des vœu:
Puis il pt Le lurgo
Remplit,
vue,
© Remplit, d'un nir joyeux, la coupe tout entière,
ÉVANUÉLINE
. ES Ensuite elle s'en vient déposer sur lu table . 8 * Un pot d'étain rempli d'un cidre délectable, - °° * ge 7 5 , Tunis que le notaire, étalant son papier, Ecrit d'une main prompte, et sans rien oublier Les noms des contractants, In date et puis lour ngo, La dot qu'Evangeline apporte en mariage Et tous les divers points sans en oublier un. EU quand tout fat crit comme voulait chacun, Que le sceau de la loi fut mis, brillant et large, Comme Le soleil levant sur le blane de la marge, Le Vieux fermier tira sa bourse de chamoix Puis offrit au notaire au moins deux où trois fois | En bel ot bon ariçent Le prix de son ouvrage, \ 9
Le notaire charmé, forma, selon l'usage,
», A Des vœux pour le bonheur du couple-finnce
Puis il prit sur la table après n'être avancé,
Le large pot d'étain où fermentait la bio ro,
Et but à la santé des gens de la maison.
Chacun prit à son tour l'écumeuse boisson.
Du cidre sur sa lèvre il essuya l'écume ;
II prit son large feutre, il prit sa Dire plume,
Son rouleau de papier et donna le bonsoir,
Les amis qui restaient vinrent alors s'asseoir
En cercle devant l'âtre où pétillaient les flammes.
Evangéline prit le damier ot Jos dames
Qu'elle alla présenter aux paisibles vieillard».
La lutte commença. Leurs anxieux regards
Voyaient avec plaisir les pions dresser un siège,
Et les dames tomber dans un perfide piège.
Cependant l'un et l'autre ils s'amusaient beaucoup
D'une manœuvre heureuse ou d'un malheureux coup.
Les fiancés assis dans la fenètre ouverte
Ecoutaient sur la rive expirer l'onde verte.
Heureux et souriants ils se purlaient d'amour,
En regardant les flots qui chantaient tour à tour,
Et les
lun Qui tra
Et los 6
Ainsi p:
Et le te:
Tout à « La clocl On entel C'était .
Basile et Et se dir Bien des Paroles « S'échang
Et de leu
Et les rubans de feu sur l “] des vagues :
lune qui veillait, et les bruines vagues
Qui trainaient mollement leurs robes sur les prés
Et los étoiles d'or dans les cieux empourprés.
Ainsi passait le soir dans lu joie et l'ivresse, W. 5
Et lo temps paraissait redoubler de vitesse.
* L] ; à * * . .r Tout à coup l'on « uns le boffroi voisin,
La cloche qui vibrait sous le marteau d'airain.
On entendit neuf coups ; elle sonnait neuf heures g
C'était lo couvre-feu de toutes lex demeures.
Basile et son ami se serrérent lu main
up
Et se dirent adieu pour jusqu'au lendemain.
coup.
Bion des mots de douceur, bien de tendres paroles,
Paroles d'amitié charmantes et frivoles,
S'échangèrent tout bas entre les doux amants, i
Et de leurs cœurs émus calmèrent les tourments.
54 8 |! ÉVANGÉLINE Nul bruit dans la maison ne se fit plus entendre : Les churbons du foyer furent mis sous la cendre. Après quelque instants le vieux et bon fermier Fit du bruit de ses pus retentir l'escalier.
Tenant dans sa main blanche une lampe de verre- Sa fille lo suivit gracieuse et légère Ainsi qu'une gazelle aux lisières des bois.
Une douce lueur éclaira les parois Quand la vierge monta les degrés de la rampe ; .Ce n'était point alors sa rudicuse lampe, , Mais son regard rein qui verxaſt la clarté.
Elle entra dans sa chambres. Un 8 d'un côté, v laissait du soleil pénétrer la lumière.
Une chaise et le lit de la jeune fermière,
Une table, une image une croix seuloment,
Voilà ce qu'on voyait dans cet appartement.
Mais on trouvait, au fond,.dans un vieux garde-robe, Des pièces de flanelle et d'étoffe à ln mode,
Ouvrag
Que so!
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Parce «
Mieux
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Elle s'in
À mourat
En silen:
Ouvragé ingénteËx, tissu fin et parfait, | 5 .
Que son habile main au métier avait fait, 5 5 {
Et qu'elle allait offrir pour dot en mariage, AS .
Parce qu'il ferait voir la femme de ménage 8
rreo· “Mieux que ne le feraient les plus riches troupeaux.
Elle éteignit sa — o. Inondant les carreaur à
Le reflot argentés de la paisible lune
Dormaicnt sur le tapis tissé de la no Lrane ; i
Et le sein de la viorge agité par l espoir,
Au pouvoir merveilleux æ bel astre du soir SOS
Obéit doucement comme l'onde et la nue,
à côté, Quand son voile glissa de son épaule nue;
“Quand de son fin soulier sortit son beau pied blane;
Quand ses longs cheveux noirs tombèrent sur son flane,
Qu'elle parut charmante! Et, dans sa re verie,
Elle s'imagina qu'au bord de la prairie .
Amoureux et rusé, 0 iabriel son amant,
ö En vilenee o épiait le fortuné moment
Od, devant les rideaux de l’étroite fenètre,
Il pourrait voir son ombre un instant apparaître.
‘Or l'ombre d'un nuage effleura les cloisons
Que la lune éclairait de ses moelleux rayons. Nuno grande noireeur lu chambre fut remplie :
Un sentiment de crainte et de mélancolie” *
Saisit Evangéline. Elle eut comme un remords,
Entr'ouvrit sa fénêtre et regarda dehors.
La lune s'échappait, souriante et volage,
Les plis mystérieux d’un vagabond nuage. - FT * 1 « Une étoile aux cils d'or la suivait dans le ciel. De mème qu'autrefois le petit Ismael
Saivait Agar sa mère en sa lointainé marche,
Après qu'elle eut quitté le toit du Patriarche.
Le
Le lende Quand le Un océan Les ruiss Léyèreme Réfléchins
Et, sur le:
Bercaient A
Après un
Du matin
Le lendemain matin, au lever du soleil,
has le, bourg de Grand-Pré sortit de son sommeil"
Un océan de pourpre entourait les cine oc
Lon ruisseaux, babillaient ; et le Basin ne 7 fl
Ligèrement ridé par l haleine du vent,
Rif échinsait l'éclat du beau oi levant ;
Et, sur los flots d'a. los barques aux flancs sombres
Borenient avec fiérté leurs gigantesques ombres * :
Après un court repos le Travail vint encor :
Du matin radieux oùvrir les portes d'or.
D 58 ÉVANGËLINE
Propromont rovètus des habits du dimanche Les brenn paysans à l'allure humble ot franche Arrivèrent bientôt des villages voisins.
Ici quelques vieillards sur le bord des chemins,
S'aidant de leurs bâtons, venaient pur petits groupes;
Là, los gars éveillés, en turbulento troupos, Passaient à travers champs, suivant, le long du clo:, Le sillon qu'avaiont fait lex posants chariots, Au temps de la moisson, dans l'herbe verte et tendre. On grondait les amis qui se faisaiont attendre :° Chacun fumait, „ de toute part.
Los groupes arrivés aux groupes en retard Criaient mille bons mots, mille plaisanteries. Les maisons ressemblaiont à des hôtelleries.
Assis devant les seuils sur de vieux bancs de bois, 80 chauffant au soleil, les simples villageois
Discournient du danger qui menacuit leur tête.
La maison de Benoit avait un air de fète.
Là plus Et plus
. Evangél
Et son r.
‘ Avaient,
Que le v.
On fit da
Le soleil De l'odeu Le ciel bi.
Le prètre Aver le v Du bonhe Basile et
Et contre
Avec les
Là plus vive qu'ailleurs on trouvait la gaité,
e ö Et plus charmante aussi l'humble hospitalité : ‘à
. Evangéline était au milieu des convives
Et son regard modeste et se: grâces naïves
ou pes ; : : Avaient, ce matin-là, pour eux bien plus d’attrait
Que le verre enivrant que sa main leur offrait.
elo,
On fit dans le verger les chastes fiançailles. tendre.
Le soleil était chaud comme au mie des semailles :
De l'odeur des fruits mûrs l'air étdit parfumé ;
Le ciel brillait d'un feu tout inaccoutumé.
Le prètre fut conduit à l'ombre du fuillage 7 Awwc le vieux Leblanc notaire du village.
Du bonheur des amants s'entretenant tous deux
‘Basile et le fermier étaiont assis près: d oux.
kt contre le pressoir et les ruchos d'aboilles,
Avec les jeunes gens aux figures vermeilles
Etait le vioux Michel joueur de violon,
Charmant diseur de riens, beau chanteur de chanson,
Qui tenait bien l'archet et battait la mesure
En frappant du talon le tapis de verdute.
Sur ses cheveux de neige on voyait, tour à tour, L'ombre de quelque feuille ou les reflets du jour Passer quand les rameaux se berçaient à la brise. Son visage riant avec sa barbe grise
Brillait comme un charbon qui s'anime au foyer Quand le vent prend la cendre et la fait toarnoyer.
Il promena l'archet sur les cordes vibrantes :
L'instrument résonna : les danses délirantes
Commencèrent sur l'herbe, à l'ombre du verger. Le gazon s'inclina sous plus d'un pied léger. Jeunes gens et vieillards s'uniront dans la danse. Les brillants tourbillons roulèrent en cadence,
Sur l'émail du vert pré, sans trève, sans repos,
Au milieu des ris francs et des tendres 2
La plus La plus C'était l
C'était b
Lo matir Mais 1 On enten On enten Et l'églis
Tremblu
Les femn
Attendire Elles se 0 Aux saul Pour voir
Avec un :
La plus belle parmi toutes ces jounes filles,
3 La plus pure au milieu-des viorges si gentilles, C'était Evangéline ! et le plus beau garçon C'était bien Gabriel le fils du forgerèn !
ir.
ur N ä Le matin passait vite : on était dans l'ivresse ! ise. ; < Mais voici qu'arrivait l'heure de la détresse ! : | On entendit sonner la cloche dans lu tour; er On entendit le bruit du sonore tambour, oyer.
Et l'église aussitôt se remplit toute entire. à Tremblant pour leurs époux, au fond du cimetière, Les femmes du village, en foule et tristement, or. à Attendirent la fin de cet événement.
Elles se eramponnaient aux angles de la pierre, uso.
Aux saules qui des morts protégenient ln poussière
Pour voir dans lu chapellé à travers les vitreuux.
Avec un air d'orgueil, marchant à pas égaux,
Les soldats, deux à dônx, des vaissenux descendirent Ÿ
Et tout droit à l'église à grands pas so rendirent
Au son de leurs tambours de nininttes échos Du temple profuné troublérent le repos.
Un long frémissement s'empara de la foule Qui bondit comme um flot que la tempête roule.
La 8 fut fermée avec des gros verroux.
Des féruccs -oldats redoutant le courroux
L'Acadien plein de crainte attend on silence.
Bientôt le commandant avee fierté s'avance,
Monte jusqu'à l'autel, se tourne ct Gale ainsi :
— Vous êtes en ee jour tous assemblés ici
4 Comme l'a décrété Sa Maiesté chrétienne, : °°, É 1 3 ech
4 Honnètes habitants de la terre Acadienne: 7" „Or vou: n'igrorez pas que Île roi fut clément, Fut généreux pour vous; mais vous autres, comment
A de si grands bienfuits osez-yous donc répondre ?
4 Consultez votre cœur il pourra vous confondre.
+ Paysan + Un pe + Dois-je Je vier 4 Vos m * Vous « Sur un
Un pot
+ Vous à
Ce En ete qi
Par l'ardi Que les ff Tombent, Qu'on 10 A l'horizs
Portant d
aomment
udre ?
+ Paysans, il me reste un devoir à emplir,
Un pénible devoir ; mais dow-je done fuiblir ? Dois-je faire à regret ce que mon roi m'ordonne ? Je viens pour confisquer, au nom de la couronne,
Vos maisons ot vos biens avec tous von troupeaux.
Vous serez transportés à bord de ng
À * * 5 En été quelquefois qunndk le soleil de juin,
Par rardour do ses foux dessèche les prairies ;
Que les fleurs des jardins, que les fouilles flétrios Tombent, une par une, au pied de l'arbrisseau a Qu'on n'entend plus couler le limpido ritisseau ;
A l'horizon de flamme un point sembre,.un nuage,
Portant dans don flanc noir le tonnerre et l'orage,
68 f „ ÉVANGÉLINE
5 S'élève taut à coup, grandit, grandit toujours.
. Lo soleil enruy ein ble hâter son cours :
Il règne dans les airs un lugubre silence :
st
Le ciel est noir ; l'oiseau vers ses petits s'élance ; * 5 ,
D Et la cigale chante et l'air est étouffant ;
Lo tonnerre" mugit ; lo nuage se fend ;
Le viel vomit la flamme ; et ln pluje et ln grèlo
Sous leurs fouvts crépitants brisent l'urbusto frèle,
t le carreau de vitre, et les fleurs et les bles.
Dans un des coins du clos un moment rassemblés,
Les bostiaux craintits laissent là leur pâture,-—
N * . * { Puis bientot en beuglant ils longent lu clotüre
Pour trouver un passage et s'enfuir promptement.
Dex pauvres villageois tel fut l'étonnement
A cette houro fatale où le cruel aninistre L d
* 5 * * fut uns honte eleve sg parole sinistre, : | r
Ile courbérent lo front som le poids du malheur ;
LA
Jia rotor muets de peine et de terreur.
Mais b
S'allun Vers lu Cest-ot Elle no
Des im
Font bi
Le lion Tout à Fremisn Que lo Lover ne —" À bu
* Ius
ui vi
* Qui ve I en uu
Mais un
Mais bien vite au penser de ce sanglant outrage,
S'alluma dans leur âme une bouillante rugo:
Vor lu porte du temple ils s'élancèrent tous,
ice ; C'est-en vain toutefois qu'ils redoublent leurs coup: Elle ne s'ouvre point ! Des soupirs, des prières, 4 Des imprécations ot des menaces fd ros lo f Font bien haut rotentir en cet affreux moment - % | * 1 * + 5 À * trélo, Le lieu de ln prière et du recueillement, | ( Tout à coup dans la foule on vit le vieux Basile, : blen. Fremisaant, agité comme uucbatonn fragile = Que le vent de l'orage vinporte sur les flots, æ , lever ses poings nerveux en rugisu¹ν] N mots! | 4 < ent. asc fers Anglais! IAN sont point nos maitres! D A bus! cos étrangers ! ces portides ! cex traitros & 2 .
es Me ui Viennent en brigands détruire nos moisxons ! 9 LA * , — ui vendent nous chasser pour piller nos maisons!" * 3 en nurnit bien dit sans doute davantage, ur ; V + A *
Mais un brutal soklnt à la mine uu vngo, 8
8 * Io frappant sur le front d'un gantelet de fer .
L'étendit à ses pieds avec un ris d'enfer,
Pendant que cette scène affreuse et sans exemple
Se déroule, en plein jour, au milieu du saint temple,
La porte du chœur s'ouvre et le père Félix,
Dans sa tremblante main tenant un crucitix,
Vétu de l'aube blanche et de lu sainte étole,
Et lo front entouré comme d'une aurcole,
S'avance d'un pas sûr jusqu'au pied de l'autel,
Son cœur est abimé duns un chagrin mortel ;
Il voit son cher troupeau qui crie et xe désole,
0 Lui parle avec douceur, et xa grave parole
Retentit comme un glu lo soir du jour des morts :
—* Hélas! que fites-voux? ot quols vont cos transports?
* Pourquoi done ces clameurs ? Pourquoi cette colère ?
„ J'ai pendant quarante ans travaillé comme un pre U
10 A ve * Et ve “Aux.
“ De 91 „Ni vo 4 Pan Si. loi „(ost
“ No la
„In ha
Oh! y “Ce Die “ Voyez * Dans c „ub de ui se:
D “Comm
, Paro
A vous rendre plus doux et plus humbles de cœur. Et vous ne savez point supporter le malheur ! Aux iimes des payens vos âmes sont pareilles ! Do quoi m'ont donc servi la prière et les veilles,
2 a LR 2 « 2 | * Si vous n'êtes meilleurs ? Si veus ne savez plus
“ Pardonner aux méchants comme font les élus ?
Si. loin de pardonner vous cherchezn vongonnen ?
“ C'est ici lu mau d'an Dieu plein d'indulgence æ à
No la profanez point pur d'avougles excès. ,
Ln haine ne doit pus au temple avojgd'aceës,
Oh! voyez sur la croix ce Hiou qui vous contemple !
Ce Dieu crugitié doit vous servir d'exemple !
0 Voyez, mes bons enfants, quelles suintes douceurs”
, F Dans co rogand rempli de tristesse ot de plours !
uo de paix et d'amour sur cette lèvre pile 2 , U * * L à ui semble dire encore, au moment où « oxulo,
“Comme un baume divin, le supréme soupir : &
—* Père, pardonnez-leur co qu'ils me font subir "—
M VANGÉLINE Vie .
„Mes enfants, disons done, nous que lu pefhe acenble, "Le por
Nous qui sommes l'objet d'une haine implacable ; Proste
„ mon Père, pardon! pardon pour nos bourreatx !" Tous le
Après un jour brûlant, s'il pleut, les arbrissenux Les mie
155 | Verdissent dans.les prés et nous semblent-renaitre. Sur l'ai