CI
Tout n'était qu'harmonie, ivresse et pur amour
Tout semblait du printemps annoncer le retour! Le
«Q 8 2 Sur le bord de la mer et Ales hautes collines
Le soleil argentait les limpides bruines ;
L'océan était d'or: les arbres des foret»
Berçant, avec orguoil, les châtoyants reflets
De leur manteau safran, ou pourpre, ou diaphane,
Étincelaient de loin comme le fier platane,
monde ; Quand le Perse idolätre orne ses verts rameaux
De voiles éclatants et de brillants joyaux.
ÉVANAËLINE
C'était, |
Tout respirait la paix, lo calme ot l'innocence :
Et la m
La nuit dans les vallons descendait en silence.
Dans le:
Et l'étoile du soir étincoinit encor, .
Irisant le ciel bleu de ses filandres d'or. Lui sou
\ Les troupoaux . regagnèrent table
En flairunt 45 gazon 10 parfum eee,
unnd.
En respirant du soir l aÿrréable b
Que sur
Devancant les troupeaux, brillante de blaucheur,
Les char
Venait en s’ébattant une grasse génisse,
Arrivere
Celle d'Evangéline, avec son benu poil lisse,
1 2 Sous de!
Sa clochette joyeuse et son joli collier.
Lis chev
On vit le jeune pâtre à travers le hallier,
8 i Secoutiel Ramener en éhantant les brebis du rivage
Où tomb
Où croissait chaque année un riche paturage.
Et ronge:
Près de lui le gros chien au poil long ct soyoux
La ft
Fièrement trottinait d'un air libre et joyeux,
Ruminait Et pressait les trainards qui restaient en arrière. 4 *
3 „ En dum
Quand le jeune berger dormait sous In bruyère
à ÉVANGÉLINE
C'était, lui qui gardait les timides agnenux,
Et la nuit quand les loups réunis en troupeaux, ,
Dans les bois d'aleutour hurlnient leurs cris de-rage, 2 —
Lui seul les protégenit par son noble courage.
. Le 2
Quand la lune, plus tard, éclnien l'horizon:
Que su molle dueur argenta le gazon.
eur,
Les chariots remplis d'un foin aromatique.
Arriverent des champs à la grange rustique : Le
Sous de lurgos harnais décores de pompons
5 [fronts, Lis chevaux hennissants balancaicñt leurs grands
Secouaient avec bruit leur épaisse crinicre
Où tombaient la rosée et la fine pouxsicre,
Et rongeaient l'acier dur de leur mors ceumant :
La féconde génisse arréteg un moment /
Ruminait, l'œil pensif, pendant que lu Initicre. EYE
En ccume d'argent. dans sa blanche chaudicre,
Faisait couler le lait. Et dans la basso-cour, 0 end Répetés par l'écho des granges d'alentour, Prenan
‘4 L'on entendit encor, comme dans un délire, Chaque
Des bélements, des eris et des éclats de rire. Sembla
Mais ce bruits, toutefois, s'éteignit promptement ; Et que
Un grand calme se fit : tout à coup, seulement, Luisaio: En roulant sous leurs gonds les portes de lu grange Fi es 4 , irent, dans le silence, un grincement étrange. Le bon.
Des refr
Anis dans son tuutéuil fait de bois de nover Ainsi qu
A l'omb
Lour cie
Benoit le laboureur regardait, au“ foyer.
La flamme qui lançait d'éblouissantes flèches,
L'ondulante fumée etes vives flammèches, Portant
. . 2 1 1 * , Qui tournoyaient gaiment comme des feux-follets, Filait, er
Sur le mur, en arrière, où les joyeux reflets Le metie
Dansaient légèrement des rondes fantastiques, Mais le # U
Son ombre se peignait avec des traits comiques ; Son ronfl
‘ont ;
nt,
grunge
* re.
Le bon vieillard chantait d'un ton mélancolique.
ÉVANGÉLINR
Pendant qu'à ln clarté du foyer vacillant,
Prenant un air moqueur, un regard sémillant, À
Chaque face soulptée an dossier de sa chaise
Semblait s'épanouir et sourire à son aise, "+
Et que sur le buffet, les plats de fin étain À
Luisaient comme au soleil des boucliers d'airain.
Des refrains de chanson, des couplets de cantique,
Ainsi que ess aieux, jnelis, avaient chante, l Ja
À l'ombre de leur bois, sous leur ciel enchante,
Leur ciel de Normandie, Kt son Evangeline,
Portant jupe rayée et blanche capeline
Vilait. en se berçant, une filasse d'or.
Le métier duns son coin se reposait encor
Mais le rotet netif mélait avec constance,
Son ronflement sonore à la douce romance
Que chantait le vieillard assis devant le fou.
Comme dans le lieu saint quand le chant cesse un peu
On entend, sous les pas, vibrer l'augunte enceinte,
Ou du prètre à l'autel on entend lu voix sainte,
Ainsi quand le fermier, vaincu pur les émois,
Suspendait les accents de sa dolente voix,
De la vieille pendule au milieu des ténèbres
On entendait les coups reguliers et funébres.
Pendant que le vieillard chantait dans son fauteuil
On entendit des pas retentir sur le souil.
. Et lu clenche de bois bruyamment soulevee
De quelque visiteur annonea l'arrivée.
Benoit reconnut bien les pas du forgeron
Avec ses gros souliers pleins de clous au talon,
Ainsi qu'Evangéline. à l'émoi de son nme.
Où se mélait le trouble et lu plus chaste flumme,
Avait !
— Ah S'ecrin 8 Le Fe + Veux— + J'en a + Prend + Et fun + Qu'on + Quand Brillen @
+ Qui s'e Baxile, Nu Au foyer Et le pou Tu pla + D'autre
* Et ne 1
o un peu
LA inte,
te,
uteuil
me,
Avait bien deviné qui venait avec lui.
—* Ah! sois le bienvenu, Lajeunesse, aujourd'hui !
Serin le fermier en le voyant paraitre,
La gaité, quand ta viens, semble aussitôt renaitre l.
Veux-tu done savouer un tabac genéréux ?
+ J'en ai plus qu'il t'en faut, et J'en suis fort heureux,
Prends au coin du fover ta place accoutumée :
+ Et fumons en causant. C'est parmi la fumée,
* Qu'on voit dans leur orgueil se dessiner tes traits!
# Quand tu fames, ton front, ton visage si fraix
* Beilent comme lu lune à travers les fluasres
* Qui s'élèvent, le soir, au bond des marccages.” LS]
Basile, souriant, suivi de son garcon
Au foyer plein de feu vint s'asseoir sung facon,
EC répondit ninsi: — Mon cher Bellefontaine,
u plaisantes toujours et n'as jamais de peine,
autres sont obsédés de noirs pressentiments
i ne font que rèver malheurs et châtiments :
lle s'attendent à tout: rien ne peut les surprendre. “ Ont Puis il s'interrompit en ce moment pour prendre 10 Et. | Son calumet de terre et le charbon fumant | „ Et n Qu'Evangéline allait lui porter poliment, Vier
Et bientôt ajouta: Je n'aime point pour hôtes =“; Ces navires anglais mouillés près de nos côtes. „Mais Leurs énormes canons qui sont braques sur nous En sec Ne nous annoncent point les desseins les plus doux; Et pou 5 Mais queis sont ses desseins ? sans doute qu'on l'ignore. 0 L' An „On sait bien qu'il faudra quand la cloche sonore «+ Pas} n Appellera le peuple à l'église, demain, „Den
‘S'y rendre pour entendre un mandat inhumain ; “ D'aunt
Et ce mandat, dit-on, émane du roi George.
“ Atter
Or, plus d'un paysan soupçonne un coupe-gorge. „(ot o Tous sont fort alarmés et se mens dj „On ne Le fermier répondit :—“* De plus justes motifs 4 o to Ont sans doute PR ces vaisseaux sur nos rives : “ Soul |
La pluie, en Angleterre, ou les chaleurs hâtives „Et, I'.
endre.. “ Ont Peit-être détruit les moissons sur les champs, dre à Et. pour donner du pain à leurs petits enfants,
“ Et nourrir leurs troupeaux, les grands propriétaires |
“ Viennent chercher les fruits de nos fertiles terres.” Ds “ Au bourg l'on dit rien d'une telle raison, 8. “ Mais l'on pense autroment, reprit le forgeron ous En ot la tête avec un air de doute ; 43 s doux ; Et poussant un soupir : “ Mon cher Benoit, écoute ;, f 1 4 L'Angleterre n'a pas oublié Louisbour, 5 oro Pas plus que Port Royal, pas plus que Beau Séjour.
Den des paysans ont gagné les frontières ;
in; »Dautres sont aux aguets sur le bord des rivières,
Attendant en ces lieux a; o anxiété ( rge. Cet ordre qui demain doit être exécuté ! fs!" On nous a dépouillé, — 5 combler nos alarmes,
4 “ De tous nos instruments ct de toutes nos armes 5
rives : Soul le vieux 8 a ses pesunts marteaux
“ Etl'humble moissonneur ses inutiles faux ! ”
42 ÉVANGÉLINES
Avec un rire franc mais un peu sarcastique
N 7 Le vieillard jovial à son ami réplique :
“ Sans armes nous goûtons un plus profond repos,
„Au milieu de nos champs et de nos gras troupeaux ;,
Nous sommes mieux enéor par derrière nos digues .
„Que n'étaient autrefois nos ancètres prodigues -
Pans leurs murs qu'ébréchaient les canons ennemis.
„ D'ailleurs dans l'infortune il faut étre soumis.
“ J'espère cependant que ce soir lu tristesse
Fuira loin de ce toit où va régner l'ivresse,
N : 1 à » À Car le contrat, ce soir, doit se conclure enfin.
Les jeunes gens, ensemble et d'une habile main,
„ Ont bäti la maison et la grange au village.
+ U Le fenil est rempli de grain et de fourrage ;
Pour un an leur foyer est pourvu d'aliments.
Attends, mon cher Basile, encor quelques moments
7 Et Leblanc va venir avec sa plume d'oie;
“ De nos heureux enfants partageons donc la joie.”
Cepenc
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f Regard
Livrait En ent.
Puis ur Le silei
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Pareils