uôere plutôt que oÿeo8e (THSV
pagnée d’un sourire : Vous verrez où je demeure; soyez-les bienvenus. Et en effet, c’est bien ce qu'ils virent. Quand nous voudrions tant savoir ce qui s’est dit, Jo. le tait et insiste sur des minuties; on peut cependant en déduire que l'entretien fut long. Commencé à la dixième heure, c’est-à-dire vers -4 heures du soir, il dura le reste de la journée. L'heure, calculée depuis le lever du soleil, doit marquer le moment où l'on arriva au gîte de Jésus, l'indication étant en rejet; cf. 1v, 6; xx, 14. Il serait tout à fait contraire aux usages de -l'Orient que les deux disciples n'aient pas passé la nuit dans cet endroit (Chrys. Cyr. Aug.), mais ce n'était plus rester auprès de Jésus, c’est-à-dire pour l’entretenir. D'après Bauer (en 1912, et Loïsy en 1921) syrsin et syrcur placent expressément le contenu de 40-42 au même jour. Il n’est pas tenu compte de la découverte de Mrs. Lewis qui lit dans syrsin v. 41 « au matin » (om. syreur.) comme e : ef mane invenit, avec b et rl. C’est donc le lendemain matin, d’après ces témoins et selon la vraisemblance, qu'André se mit en quête de son frère.
— Nous lisons üere qui correspond à la formule rabbinique courante : « viens et vois »; cf. 1, 46 et x1, 34; ëbeole de B CL doit être une élégance. Des copistes auraient pu harmoniser, mais il est plus probable que Jo. n'a pas changé cette formule. -
40) André était l’un des deux : qui était l’autre? Chrys. a bien posé le dilemme : ou bien c'était un disciple qui ne joua aucun rôle, ou bien c'était l’auteur de l’'évangile. Dans la première hypothèse (Maldonat, etc.), le disciple de Jean ne serait pas devenu tout à fait disciple de Jésus, et alors pourquoi le mettre en avant sans parler de son recul? D’autant que, sur cinq disciples, quatre seront nommés. Il semble donc (Zahn, Schanz, etc.) qu’on voie commencer ici le procédé de l’auteur qui évite de se nommer, mais qui se laisse suffisamment entrevoir (xm, 23; xix, 26; xx, 2; xx1, 7.20). Ici il ne dit pas : le disciple que Jésus aimait, car ils en sont à la première entrevue. La conjecture est tout à fait probable; M. Loisy lui accorde une certaine chance, mais à la condition que ce disciple ne soit qu'un symbole, « l'idéal de l’évangéliste, et, en ce sens, l’évangéliste lui-même » (p. 128). On ne voit guère ce que signifierait ici le symbole. D'autant que la principale raison pour reconnaître ici l’auteur, c’est la précision des détails qui lui est même peu habituelle, surtout quant à la succession des jours. Il tient à montrer dès le début qu'il est parfaitement bien informé et
tu? » #11 leur dit : « Venez et voyez. » Ils vinrent donc et surent où il demeurait, et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là : il était environ dix heures. 4 André, Le frère de Simon Pierre, était un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui l'avaient suivi; il trouva tout d’abord son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie »; ce qui signifie Christ. #11 l’amena à Jésus. Jésus
laisse entendre — ce que ses amis et disciples savaient plus clairement — qu'il était lui-même un des acteurs de ces premières scènes.
41) La leçon xpûtos (T) adoptée par Zahn après beaucoup d’autres lui fournit un autre argument. Si André le premier a trouvé son propre frère, c’est que son compagnon, en second lieu, a trouvé son frère à lui, c'est-à-dire que Jean a amené Jacques, et que nous avons ici implicitement les quatre premiers appelés au bord du lac. C’est un peu trop subtil. D'ailleurs la leçon rpüro (om. syrcur.) est beaucoup plus soutenue (HSV), et s'explique sans difficulté pour désigner une première rencontre avant celles des vv. #3 et 45. La leçon zpui proposée par Mrs Lewis (The old syriac Gospels, etc. p. xxvnt s.) d’après syrsin b e r! serait excellente, car elle préciserait le temps selon l'esprit de toute cette péricope : le lendemain, de bonne heure, car André a hâte de communiquer la bonne nouvelle. Mais elle est bien peu appuyée. — Totos est assez souvent l'équivalent dans la koiné du pronom possessif (cf. Mt. xx, 5), et on doit le déduire ici du contexte qui ne parle d’aucun autre frère. — Il est difficile de donner au premier ebpioxw le sens de rencontrer par hasard, et au second le sens de trouver après avoir cherché. Dans les deux cas André a cherché, seulement la première recherche était aisée; la seconde, dans laquelle il avait un compagnon, est l’objet d’une joie presque inespérée. Mecoias dans le N. T. ne figure qu'ici et 1v, 25, les deux fois avec son explication de « oint » f c’est la transcription de l’araméen nrw ou de l’hébreu rw (cf. Le Messianisme.… p. 213 ss.); l'article indique que l'Oint n'était pas tout à fait un nom propre. Cependant on ne pouvait se méprendre sur l'individualité qu’il désignait, à savoir le roi attendu pour sauver Israël; les conceptions d'André sont celles du peuple.
42) Toute l'initiative appartient à André qui amène son frère à Jésus. On a l'impression qu’André a trouvé, lui et un autre, celui que Pierre désirait aussi rencontrer, de sorte qu'il suffisait d’un mot pour le mettre au courant et pour l’entrainer. Les Pères n'ont donc pas tort de relever la foiet la docilité de Pierre: la meilleure preuve de ses bonnes dispositions est dans l'accueil qu'il va recevoir. Jésus fixe son regard (comme Jean au v. 36) avant de prononcer une parole importante; il parle avec autorité, prenant en quelque sorte possession de son disciple en changeant son nom. Bauer cite Strabon XIII, 1, # : Téprauos D Exadeïro Eunopooûev 6 Oedopasros, uerwvipase D adrbv 6 ’ApratotéAns Ocdopasrov, nom plus harmonieux et qui marquait le goût du disciple pour un style abondant. Jo. ne dit pas ici à quoi répondait dans la pensée de Jésus le nom de Képhas (cf. Comm. Mt. xvi, 17 s.). Pour ne pas multiplier les noms sémi-
EufRétas abr® 8 ’Insoës eme EÙ el Zipwv 6 vis ’luavvou, où xAn0'Âon Knoës (8 Epunvebetar Flérpos). 18 Ty émabproy 90EANSEY ÉÉERat ele vhv l'axatav. nat edploner Plumror xa kéyer adr® à ’Inocïs ’Axokoëber por. Häv 086 Pikmroc and Brloudt, Ex rÿe rkews ’Avdpéou wat Iléspov. Hebpioner Diumros Tv Nafavaÿn wat éyer adr® “Ov
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tiques, il nomme Simon viès ‘Ioéyvov, tandis que dans Mt. il est Bapruvër, simple transcription de l'araméen. ’Iwéwns était peut-être un équivalent admis pour Na", comme il l'était pour Y1n", nom beaucoup plus fréquent. Zipwv était fuimême un équivalent vraiment grec de Tuow, transcrit plus strictement Zvyéwv, ce dernier, à propos de Pierre, seulement dans Act. xv, 44 et plus probablement I Pet. 1, 1. On dirait bien que dans la pensée de Jo., Jésus a connu de sa science propre le nom du nouveau venu aussi bien que celui qu’il convenait d'y substituer; le premier point n’est pas mis en vedette, d'autant qu’André avait pu parler des siens. Mais il attache de l'importance au second, puisque Zluwv ne sera pas employé seul, mais toujours avec Ilétpos (sauf dans Finterpellation solennelle de xxr, 15.16.17), tandis que Iléroos, dont le sens est désormais connu, paraîtra seul. Il a donc bien voulu marquer que le changement de nom eut lieu dès le premier jour, — ce qui est conforme à l’usage de Mt. 1v, 18, ete. — mais sans en donner la raison, réservée pour plus tard dans Mt. — Jo. n'entend pas le contredire tacitement sur ce point, car il ne prétend pas dès lors signifier « l'institution de l'Église chrétienne » (Loisy). L'impression faite sur André nous est connue; il n’est rien dit de celle de Pierre. André lui-même aurait-il alors fait une confession aussi ferme que celle de Pierre à Césarée? Il y a beaucoup de distance entre un premier enthousiasme et une conviction réfléchie {cf. vi, 68).
43) Si l’on ne connaissait par ailleurs quelque chose de l'histoire de Jésus — et Pon avait les synoptiques, — on s’étonnerait que Jésus ne restât pas chez lui en Judée. Et d’où venaient Pierre et André? Jo. ne le dira qu'à propos du lieu d’origine de Philippe, v. #4. Il compte donc sur les données acquises à ses lecteurs: Ils devaient penser que Jésus, venu de Galilée pour être baptisé, après avoir passé quarante jours dans le désert était revenu près du Jourdain, comme pour prendre congé du Baptiste, et qu’il se disposait à retourner en Galilée. &felüeiy n'indique pas nécessairement sortir de son pays, mais seulement du lieu où l'on est, ou même s’en aller : ag? &e {x EñMes dr” Euoô (MM) « depuis que tu m'as quitté », et cela est ici indiqué par eë. Jésus ne sort pas de la Judée, il part pour la Galilée. I faut aussi noter (Mald.) la foree du mot 0€ n0ev : certo consilio. Jésus veut aller en Galilée parce que c’est là qu'il doit se manifester. Et pour Jo. Suis volonté exprimée clairement suffit à indiquer le fait du voyage. Au ch. x, 1, nous sommes en Galilée; on ne dit pas quand Jésus y est arrivé. Nous ER (avec Mald. Loisy) Ne. le voyage ici plutôt qu'après la vocation de Nathanaël. Comment tous ces Galiléens se seraient-ils trouvés en Judée? I y a des figuiers à Jéricho, mais Nathanaël sous le figuier a l'air d’être chez
unis
arrêtant son regard sur lui, dit : « Tu es Simon, le fils de Jean; tu t’'appelleras Céphas »; ce qui signifie Pierre.
#8 Le lendemain Jésus résolut de partir pour la Galilée, et il trouve Philippe. Et Jésus lui dit : « Suis-moi. » “Or Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre. # Philippe trouve Nathanaël, et lui dit : « Celui dont ont écrit Moïse dans la loi, et les prophètes,
lui. — s$p'oxe doit donc se placer près de la Galilée. C’est le même verbe que v. 41, ce qui donne l’apparence d’une continuité au même lieu, mais cette continuité n’est en réalité que dans le même dessein de Dieu et de l’évangéliste, poursuivant le thème des premières vocations. Jésus rencontre Philippe à point nommé pour lui dire : « suis-moi»! non pas : viens en ma compagnie en Galilée (Schanz, etc.), mais « sois mon disciple », comme pour Matthieu (Mt. vu, 22 et par.). |
44) Jugeant inutile de dire que Philippe a obéi à cet appel, puisqu'il le présentera comme un propagandiste, Jo. note seulement que Philippe était de Bethsaïda, que nous savons par les synoptiques être sur les bords du lac de Tibériade (cf. Comm. Mc. vi, 45; Le. 1x, 40), et nous apprenons en même temps que c'était la patrie d'André et de Pierre; on dirail que, rentrés chez eux, ils ont causé avec leur compatriote, si le dessein de Jo. ne paraissait assez clair d'attribuer cette fois toute l'initiative à Jésus.
45) À son tour, toujours selon le même dessein divin, Philippe, qui s'était un moment détaché des autres, rencontre Nathanaël, et lui parle comme André avait parlé à Pierre, au pluriel, parce que désormais il fait partie du groupe. Au lieu de dire le Messie, il se sert d’une périphrase; le rappel de Moïse ne doit nullement être restreint à Dt. xvin, 15. 18; la Loi, en tant que distincte des Prophètes, comprenait tout le Pentateuque, avec des textes comme Gen. xn, 3, xux, 40, si bien que Moïse, dans la Loi, avait en vue le Christ (v, 45). Quant aux prophètes, sans dresser ici la liste des prophéties messianiques, rappelons qu’Isaïe avait annoncé un miraculeux rejeton de Jessé (xr, 1 ss.). Get objet des Écritures, c’est Jésus, fils (vtdy) de Joseph de Nazareth. En disant rôv vié», Philippe aurait insinué qu’il était connu des deux interlocuteurs (Schanz); c'est donc : un certain fils de Joseph. Philippe s'était informé vaguement et parlait comme tout le monde, sans probablement en savoir davantage. L'évangéliste montre ici sa probité; ce n’est pas lui qui parle (contre Bauer, Loisy), c'est Philippe, et c’est pour cela qu'il ajoute, ce qui était très vrai, que Jésus était de Nazareth, puisqu'il n'était né à Bethléem que par une circonstance providentielle. D’après Loisy, l'évangéliste ignore délibérément le miracle de la conception virginale et la naissance à Bethléem. Mais, du moins, il n'ignorait pas que Jésus était le Fils de Dieu incarné; Loisy dit très bien : « Son langage ne prouve pas qu'il ait regardé le Christ comme étant réellement, en son humanité, fils de Joseph et de Marie: il a voulu signifier plutôt que le Logos en chair avait été pour les Juifs « Jésus fils de Joseph, de Nazareth » (p. 134). Plus simplement : il à fait parler Philippe selon l'opinion commune, sans engager sa personne et son
ÉVANGILE SELON SAINT JEAN. Le